Retour sur deux mois de travail en « classe flexible »

Comme je l’expliquais dans un précédent billet, j’ai troqué mes ilots pour une classe flexible organisée en pôles. Mes élèves sont partagés en 3 groupes de 10 élèves dans la classe. Un pour les Maths, un pour le Français et un autre pour les ceintures de compétences. Celui-ci est disposé en rectangle et proche des outils dédiés aux ceintures. Les autres sont disposés en U face à un tableau blanc.

J’ai décidé de faire deux groupes hétérogènes et un autre groupe plus homogène avec des élèves ayant besoin d’adaptation et étant moins autonomes. Ces groupes ne sont pas figés et évoluent régulièrement au fil des semaines.

Je vais tenter dans ce billet de lister les plus et les moins de cette organisation pour y voir plus clair et pourquoi pas faire évoluer ce dispositif. N’hésitez pas également si vous faites travailler vos élèves d’une façon similaire à me partager vos remarques et idées.

Les points positifs

L’autonomie et la coopération

Pour commencer, je suis persuadé que cette organisation développe l’autonomie des élèves et leur apprend à s’organiser plus efficacement. Et encore plus lors des temps de « ceintures de compétences ». Cela développe également la coopération entre pairs et le travail de groupe. Un facteur important aujourd’hui dans un monde où on nous pousse à l’individualisation à outrance.

La disponibilité

Les élèves ont l’impression que je suis plus disponible, que je m’intéresse beaucoup plus à leur travail. Et effectivement, si l’organisation est bonne, je peux, sur la semaine, passer un moment presque individualisé avec un groupe voire un élève. Quand ils me sollicitent, je peux répondre plus rapidement à leur demande et les accompagner au mieux.

La responsabilisation

Les élèves se responsabilisent, ils sentent que je leur fais confiance pour mener à bien leur atelier en autonomie. Je ne vous cache pas qu’ils préfèrent les ateliers où je ne suis pas avec eux, mais c’est de bonne guerre.

La créativité

Cela me permet de travailler en petit groupe et de porter plus attention aux élèves en difficultés ou même ceux qui ont besoin de me solliciter assez régulièrement. Je peux donc créer et imaginer des situations que je ne pourrais pas réaliser en groupe classe entière.

La participation

Les moments de correction sont bien plus enrichissant à 10 qu’à 30 et la participation touche alors pratiquement l’ensemble des élèves de la classe.

En parlant de correction, avec cette organisation, je gagne également du temps car je peux être en direct avec l’élève et lui apporter une correction immédiate.

Les points négatifs

Le bruit

Souvent, malheureusement, cette organisation peut générer un peu plus de bruit qu’habituellement dans la classe. Et le moment de transition où les élèves se déplacent pour changer de pôle est souvent perdu, et la remise à la tâche n’est pas optimale. Mais je l’accepte volontiers à la vue des bénéfices observés dans cette organisation de travail.

La trop grande autonomie

J’ai aussi l’impression parfois de délaisser un peu trop le groupe qui est en atelier ceintures de compétences. Même si le vendredi est le jour où je suis à 100% avec eux, les autres jours de la semaine, ils sont pratiquement en totale autonomie. Bon, je vais les voir quand ils me sollicitent mais je suis moins derrière leur dos à les guider et à surveiller ce qu’ils font.

Les groupes

La constitution des groupes me pose question également même si elle varie souvent et que le mardi (jour des ateliers autonomes) les groupes sont modifiés afin que les élèves ne prennent pas l’habitude de travailler toujours avec les mêmes camarades. Car parfois, mon groupe de besoin, malgré des situations différenciées et mon soutien, a des difficultés dans l’exécution des tâches proposées. Cela manque d’entrain. Me trotte dans la tête de mélanger tous les groupes afin que les élèves en difficultés soient tirés vers le haut par ceux qui sont plutôt en réussite. Un dosage à avoir afin que ces derniers permettent aux premiers de pouvoir s’exprimer également. Tout cela n’est pas si simple..

La répétition

Un autre point négatif, c’est que la classe étant commune, je répète et fais la situation 3 fois (plutôt deux fois et demi car elle est différente pour mon groupe de besoin), ce qui fait que parfois, le dernier groupe qui arrive est déjà au courant de la situation proposée et de sa résolution car l’attention n’était pas focalisée sur la tâche à réaliser et les oreilles trainaient du coté de l’atelier dirigé..

Et la suite..

Je vais poursuivre ce système tout en aménageant au fur et à mesure la classe pour qu’elle « colle » à cette façon de faire travailler les élèves.

Je parle de nouveaux meubles plus adaptés comme j’en parlais dans ma vidéo sur « le nouveau coin bibliothèque » mais aussi d’enlever des tables et chaises pour repenser l’espace ceintures de compétences. Et pourquoi pas également trouver de la place pour matérialiser un coin rassemblement.

Je vais peut-être séparer les U en deux ilots de 5 pour faire un test également.

Voilà, on progresse, tout n’est pas parfait mais on avance dans la réflexion.

Merci de m’avoir lu et je compte sur vous pour me partager vos remarques afin de nourrir ma réflexion.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.

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