Klassroom : le cahier de liaison numérique

En Janvier dernier, après m’être longtemps renseigné sur deux applications (Klassroom et ClassDojo pour ne pas les citer) qui me faisaient de l’oeil, j’ai décidé de sauter le pas avec l’une d’elle.

J’ai donc réuni les parents d’élèves de ma classe pour leur présenter Klassroom, une nouvelle façon dans l’air du temps d’échanger, de communiquer et pouvoir enfin remplacer ce sacro-saint cahier de liaison.

Au moment où j’écris ces lignes, 15 familles ont créé leur compte (sur 30). C’est un chiffre intéressant mais peu satisfaisant. J’ai mon idée sur le pourquoi du comment et je le développerai en fin de billet.

Présentation

Klassroom est une application pour smartphone mais est aussi disponible sous forme de webapp. Avec la version web, le service est gratuit alors que via l’application cela coute 1,99€/mois pour les parents.

L’application permet à l’enseignant de poster des messages à destination des parents. Des messages qui peuvent contenir du son, des photos, des vidéos, des fichiers, etc.. On peut d’ailleurs envisager d’utiliser Klassroom comme blog de classe.

Les parents peuvent réagir à chaque message via des commentaires ou des smileys. L’enseignant peut même leur demander de le signer numériquement. Personnellement je trouve que cette fonction a peu d’interêt puisque pour chaque post on sait déjà quels sont les parents qui l’ont vu.

Enfin, l’enseignant peut échanger en direct avec un parent en particulier.

Pour les parents justement, c’est la version « demande » qui est appréciée. Ils peuvent solliciter l’enseignant pour une question, une absence, une demande de rendez-vous voire même une demande de soin spécial. Cela est vraiment très complet. Le mail de la classe distribué au début de l’année ne sert dorénavant plus à grand chose.

Comment je m’en sers

J’utilise l’application pour poster des photos de la vie de la classe à destination des parents. Je poste également des messages communs pour les informer des dernières nouvelles mais aussi les avertir qu’ils trouveront dans le sac de leurs enfants des papiers ou autres à remplir et à me rapporter.

Je les informe des dates importantes avec la fonction « nouvel événement ». L’ajout d’une vue calendrier serait d’ailleurs le top.

Enfin, je m’en sers également pour faire des demandes de rendez-vous ou rapporter un événement précis à un ou plusieurs parents en particulier.

Ce que j’en pense

Moi qui ait horreur du papier et qui part tous les matins à l’école avec mon seul iPad dans le sac suis ravi d’utiliser l’application. C’est simple et très facile d’utilisation. J’imagine très bien l’intérêt également de Klassroom pour un voyage scolaire (je testerai cela l’année prochaine).

Le gain de temps est incroyable. Quelle économie de ne plus avoir à photocopier en 30 exemplaires les mots à transmettre. Quel bonheur de ne plus avoir à massicoter des piles et des piles de feuilles..

Il est à noter également qu’avec Klassroom, les élèves ne peuvent plus oublier intentionnellement de montrer leur cahier de liaison à leurs parents. Et ça aussi, ça nous fait gagner du temps.

Bien sur, pour que tout cela fonctionne, nous sommes dépendant des parents. Il faut qu’ils veuillent bien jouer le jeu.

Les parents

Comme dit plus haut, je n’ai que 15 familles sur 30 qui ont rejoint Klassroom. Alors pour quelles raisons ? A l’heure du smartphone et de l’ultra connectivité, pourquoi ?

  • Le manque de temps et de suivi des familles. On a tous des élèves qui rapportent toutes les semaines des cahiers ou plans de travail non signés.
  • L’attachement aux papiers ?! Ou plutôt l’idée que le numérique n’a pas sa place à l’école.
  • Les parents qui ne savent même pas que nous utilisons cette application pour communiquer.
  • Enfin les parents qui veulent garder une certaine distance vis à vis de l’école..

Et maintenant ?

Cette année, dans ma classe, chaque élève a un cahier de liaison pour les échanges avec les familles et une pochette cartonnée pour les feuilles d’infos ou les feuilles qui attendent une réponse écrite des familles.

Du coup pour l’année prochaine, nous seront obligés de continuer avec une pochette cartonnée accompagné de Klassroom. Il faudra donc « imposer » aux parents de rejoindre l’application. Cela sera un vrai défi mais j’y crois, la plupart des parents d’élèves de l’établissement sont très ouverts et nous font confiance.

Pour conclure

Ce cahier de liaison numérique n’est pas parfait (il s’en rapproche beaucoup) mais il change le rapport enseignant-famille et facilite les échanges au quotidien.

Bref, un indispensable.

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N°1 – Rallye-lecture.fr [Les indispensables]

Premier billet d’une petite série consacrée aux « indispensables ». Je souhaite vous faire connaître si ce n’est pas déjà le cas les sites incontournables pour les élèves à utiliser en classe.

On commence avec un site que finalement peu d’enseignants connaissent : rallye-lecture.fr

Je vous imagine déjà devant votre écran crier au scandale mais oui, je vous le confirme, peu d’enseignants connaissent ce formidable outil. (Il y a deux semaines encore, une enseignante en formation me disait qu’elle était actuellement entrain de lire une trentaine de livres et de réaliser des questionnaires pour fabriquer elle même son rallye). C’est louable et je reconnais l’avoir aussi déjà fait, il y a quelques années.

La page d’accueil une fois connecté

Enfin, pour 11€ environ l’année, vous pouvez créer votre propre rallye-lecture sur le site soit en y ajoutant vos propres questionnaires, soit en sélectionnant les questionnaires existants. Vous avez le choix parmi 12 000 questionnaires. Assez pour construire un rallye-lecture à partir des livres de votre bibliothèque de classe.

Ensuite, les élèves peuvent s’y connecter en autonomie et répondre aux questions.

Voici comment se présente un questionnaire

Il vous faudra auparavant entrer vos élèves (vous pouvez même faire des groupes avec des rallyes de différents niveaux).

Un identifiant et un mot de passe pour la classe + un code à 3 chiffres pour l’élève et le tour est joué.

Du coté de l’enseignant, on peut voir la progression des élèves et leurs différentes lectures.

Les résultats en détail

Et pour donner un peu de piment au rallye, on peut paramétrer les points rapportés par les élèves lors de leurs lectures. Ce n’est pas le but, nous sommes bien d’accord, mais cela permet à certain de se dépasser.

Ainsi, il y a 3 podiums qui s’affichent: le principal (nombre de points), celui d’endurance (nombre de livres lus), et le prix d’excellence (meilleure moyenne) qui est celui qui m’intéresse le plus.

Les podiums

Nous sommes d’accord, ces derniers sont anecdotiques mais stimulent tout de même les élèves. Surtout que sur le site, il est possible d’acheter quelques badges et stickers comme récompenses.

C’est clairement un site indispensable pour organiser simplement un rallye-lecture en introduisant une touche de numérique dans sa classe. C’est rapide à mettre en place et le prix pour une année est dérisoire. Je vous invite grandement à essayer si cela n’est pas encore fait.

Et je vous dis à très vite pour un deuxième indispensable.

« C’est son histoire » ou donner du sens à la liaison CM2-6e

J’ai la chance dans mon établissement (école-collège) d’avoir une super prof d’arts plastiques. Une super prof qui en dépit de nos difficultés à mettre en place un véritable lien de cycle 3 passe outre et nous permet d’envisager un projet de cycle.

Mes élèves ont donc pu se rendre plusieurs fois travailler avec une classe de sixième sur le projet « c’est son histoire ».

B. Nazarenko est partie de l’oeuvre de Duchamp « Fontaine » et du livre de F.Clément « magasin zinzin » pour réfléchir à la problématique suivante : Comment un objet peut-il être présenté ?

Nous avons donc ensuite donné aux élèves la consigne suivante : Vous détenez un objet extraordinaire d’apparence banal. Son histoire est tout autre. Vous nous le présenterez et chercherez à le mettre en valeur. Sans intervenir ou presque sur un objet du quotidien, vous lui inventerez une histoire, un titre afin que celui-ci sorte de l’anonymat pour devenir un objet extraordinaire.

Les élèves devaient pour cette première séance apporter un objet et travailler en binôme (un CM2 et un 6e).

Nous avons ensuite chacun repris le projet respectivement dans nos classes puis lors d’une deuxième séance les élèves ont pu présenter leur oeuvre.

Pour donner un peu de design à nos productions artistiques nous avons tapé et mis en forme les histoires avec Spark Post, pris en photo les objets extraordinaires puis créé un livre avec BookCreator.

Un super projet qui a ravi les élèves et qui a donc allié production, imagination et numérique.

Un grand bravo pour cette superbe exposition et un grand grand merci à B.Nazarenko pour cette idée.

Et voici les productions des élèves de CM2.

À la découverte de TOPLA [une nouvelle application d’activités manuelles]

 

J’ai été contacté il y a quelques mois par une équipe de jeunes développeurs pour tester une nouvelle application exclusivement réservée aux appareils iOS (iPhone et iPad). Le concept : une banque d’activités manuelles en autonomie pour des élèves de cycle 3 (même si le descriptif indique que les activités sont conçues pour des enfants âgés de 4 à 10 ans). Cette application sort un peu de l’ordinaire car elle ne propose pas d’activité numérique. On a pour habitude de retrouver ce genre de ressources au format papier.

 

Voici le descriptif officiel :

Topla permet à vos enfants d’apprendre et d’explorer le monde à leur manière : en créant de leurs propres mains et en s’amusant ! Et si la meilleure façon d’apprendre était par le jeu ? Apprendre sans s’en rendre compte, apprendre en faisant des activités créatives, apprendre avec Topla !

La première app éducative qui permet de passer un moment intelligent et amusant au delà des écrans !

Avec l’application Topla pour les 4-10 ans, trouvez parmi des centaines de jeux et projets créatifs l’activité qui permettra à votre enfant de découvrir d’une autre façon ce qu’il voit à l’école.

Parce que chacun a sa façon d’apprendre, Topla permet à vos enfants d’apprendre de la meilleure manière possible.

Comment fonctionne cette application ?

– Sélectionnez un univers à explorer : Les Formes, les Nombres, les Éléments, la vie et de nombreux autres !

– Trouvez l’activité que vous souhaitez réaliser, seul ou à plusieurs.

– Vous verrez, au cours de l’activité, les notions fondamentales deviendront évidentes et beaucoup plus faciles !

– Bravo, vous avez fini l’activité ; vous accédez désormais à de nouvelles activités et de nouveaux univers se sont débloqués.

C’est prouvé !

Apprendre par la pratique, c’est plus ludique… et surtout : ça marche ! En effet, on dit que l’on retient 90% de ce que l’on fait contre seulement 10% de ce que l’on lit. Mettez la main à la pâte!

Notre fierté à nous !

Plus de 15000 parents font partie de la communauté Topla et ont déjà réalisé des activités conçues par nos experts de l’enfance.

Topla, c’est aussi de nombreux partenariats et une reconnaissance de la part du Ministère de l’Éducation.

 À vos marques, prêts, créez !

Une élève qui a terminé une acivité

Pour commencer, parlons de choses qui fâchent: la version gratuite ne contient que trop peu d’activités.. Il vous faudra ensuite passer par un abonnement mensuel (4,99€) ou annuel (34,99€). Heureusement, il est possible d’utiliser un compte sur plusieurs iPad ! Nous sommes sauvés !

Plusieurs domaines sont déjà disponibles, d’autres arriveront plus tard. Je suis tout de même curieux de voir ce que les développeurs vont proposer comme activités en lien avec l’histoire et la géographie.

 

Je n’ai pu seulement faire tester que quelques activités à mes élèves mais j’ai également parcouru l’ensemble de l’application. La première remarque qui me vient à l’esprit est qu’il sera nécessaire d’avoir une grosse quantité de matériel pour pouvoir réaliser la plupart des défis. Surtout pour les thèmes de sciences.

 

Par manque de matériel justement, j’ai donc fait réaliser à mes élèves des activités de pliage en lien avec les quadrilatères et les triangles. Pour cela, il ne suffisait que d’être pourvu de feuilles et de colle.

 

 

Travaillant en atelier, mes élèves étaient en autonomie (ma classe est disposée en 6 îlots de 5 élèves). Et je peux vous dire qu’ils ont adoré. Pour eux, c’est s’amuser; pour moi, c’est faire de la géométrie sans s’en rendre compte..

 

La plupart des activités se terminent pas un petit test de connaissances (2/3 questions).

 Ces activités manuelles sont dans l’ensemble bien faites et peuvent aider à la mise en place en classe d’ateliers de manipulation.

 Je vous invite à la tester par vous même avec vos élèves ou avec vos enfants – TOPLA by Topla

Premier retour sur les parcours d’entrainement #ceintures [trimestre 1]

Petit retour sur les parcours que j’ai mis en place cette année dans ma classe. C’est une part importante dans l’organisation de la classe qui est basée sur la pédagogie différenciée et l’évaluation par ceintures de compétences.

J’avais déjà fait un article début septembre pour vous présenter le fonctionnement des parcours. Je vous invite à la parcourir avant de lire la suite : mes parcours pour les ceintures.

Je suis très satisfait de ce fonctionnement qui m’a tout de même demandé beaucoup de préparation en amont. Les élèves les plus autonome guident maintenant ceux qui ont le plus de difficultés pour s’y retrouver. Cela me permet vraiment de me concentrer sur le travail individualisé de chacun et d’être beaucoup plus disponible.

Quand un élève choisit de passer l’essai 2 ou 3 d’une compétence qu’il n’a pas validée, il le note dans son plan de travail puis va chercher seul le parcours correspondant sur OneNote. Il a parfois quelques difficultés à identifier le parcours correspondant à la compétence (je pense qu’il me manque un grand affichage classe — work in progress) mais grâce au tutorat cela va de mieux en mieux.

De toute manière, quand je présente ce mode de fonctionnement, je dis souvent que la classe commence à tourner toute seule à partir de janvier.

Un grain de sable se glisse parfois dans le mécanisme huilé des parcours quand par exemple les élèves perdent leur essai 1 ou 2 à corriger par manque d’organisation. Mais aussi quand des petits malins essaient de passer outre les nouveaux exercices d’entrainement et la correction en allant voir un élève d’autonomie 4 qui à le droit d’imprimer des essais.. Mais dans l’ensemble tous les élèves se sentent concernés et adorent travailler en autonomie sans le maître derrière leur dos..

Je suis vraiment ravi de ce système d’organisation même si à l’avenir il faudrait que les exercices d’entrainement supplémentaires soient autocorrectifs ou en ligne (ce sera mon chantier des prochaines vacances d’été, mais cela devrait être rapide).

Et pourvu que ça continue..

Les proverbes mystères

Les escape games sont à la mode en ce moment, c’est donc devenu tout naturellement une source de motivation supplémentaire pour nos élèves.

En attendant de vous partager mes quelques productions (je suis en attente de cadenas..), voici des petits jeux s’inspirant des missions que l’on peut retrouver lors d’un escape game.

Je les appelle les proverbes mystères. Ils traitent pour l’instant de calculs posés. Si vous les utilisez en classe, n’hésitez pas à m’en faire un retour, surtout en ce qui concerne la difficulté.

Sur le thème de la multiplication

Le proverbe mystère – multiplication

Le proverbe mystère – multiplication – fiche élève

Sur le thème de la division

Le proverbe mystère – division

Le proverbe mystère – division – fiche élève

A bientôt

Le Cousteau: mise en place d’une monnaie intérieure

Même si l’évaluation par ceintures de compétences décuple la motivation de mes élèves, il y en a toujours sur qui l’effet escompté ne fonctionne pas. Je cherchais alors un moyen de motiver ces derniers.

Étant adepte de la pédagogie institutionnelle, j’ai décidé de me pencher sur la mise en place d’une monnaie intérieure. Alors, voici le Cousteau.

Après de longs moments à me documenter sur le sujet, et surtout à dévorer le retour d’expérience de Bruce Demaugé-Bost de @classedebruce (voir bibliographie en fin d’article), il était temps de se lancer.

En conseil de classe, nous avons choisi d’appeler notre monnaie « le Cousteau » et nous avons réalisé un tableau qui recense les moyens d’obtenir des Cousteau (mot invariable).

Chaque semaine, les élèves reçoivent leur bulletin de salaire (format A5). Cette première version sera certainement amenée à évoluer au fil des semaines..

Avec ce court billet (qui peut amener au débat et aux trolls), je souhaite juste vous présenter ce que je mets en place dans ma classe et je vous partage quelques liens qui m’ont permis de me lancer et de concevoir la monnaie intérieure de la classe.

Bibliographie

La monnaie comme instrument éducatif

De la mise en place d’une monnaie intérieure

La pédagogie institutionnelle et l’argent : dérive ou coopération

La monnaie intérieure

Travailler en ateliers au cycle 3

 

Lors de mon année en moyenne section de maternelle, j’ai vraiment adoré le travail en ateliers de 5/6 élèves. C’est par contre une organisation de classe que l’on retrouve beaucoup moins dans les cycles 2 et 3.

Mais je ne vous apprends rien si je vous dis que c’est facilement applicable dans les grandes classes.. Un peu de préparation et d’organisation (sans compter des élèves qui adhèrent et qui sont relativement calmes..) et hop c’est parti.

Je vous propose dans ce billet un petit retour sur la première matinée de l’année en ateliers. Oui, j’attends toujours un peu pour bien connaître ma classe et leur donner quelques habitudes de travail avant de lancer les ateliers. Donc cette première séance n’arrive seulement que maintenant, mais peu importe..

J’ai décidé de travailler avec 5 ateliers de 30 minutes. Organisation aisée car les élèves sont disposés en 5 îlots.

Donc 5 ateliers très simples et qui ressemblent un peu à ce que l’on fait en groupe depuis le début de l’année :

– Français : conjugaison

– Mathématiques : grandeurs et mesures

– Orthographe : dictée en autonomie

– Temps personnel : Plan de travail

– Programmation : Run Marco

Si on détaille un peu, pour l’atelier de Français, les élèves avaient une trace écrite à copier dans leur cahier de leçons et deux petits exercices d’application à réaliser. Pour les maths, il s’agissait de réinvestir ses connaissances en réalisant trois problèmes qui concernaient les périmètres du carré et du rectangle. En temps personnel, les élèves se sont attachés à passer les essais pour lesquels ils s’étaient inscrits dans leur plan de travail (ceintures de compétences).

L’atelier dictée devait permettre à chaque élève d’écrire en autonomie la dictée pour laquelle ils s’étaient préparés. Pour cela, j’ai simplement enregistré vocalement trois dictées qui correspondent aux trois niveaux de difficultés de ma classe. Je les ai placées dans l’application « documents » des iPad de la classe. L’élève pouvait ainsi l’écouter et l’écrire à son rythme, mettre sur pause, reprendre depuis le début, etc..

Enfin, pour l’atelier programmation sur iPad, j’ai laissé les élèves « se débrouiller » avec l’application RunMarco. J’avais au préalable créé un compte classe et un compte pour chaque élève afin de pouvoir sauvegarder leur progression. Comme je le disais dans un ancien billet, il est facile ensuite de suivre les progrès de ses élèves.

Voir la présentation de cette application :

Cette matinée fut une belle réussite et les élèves se sont empressés de me demander quand est ce que nous recommencerons à travailler de cette manière. De mon côté, j’ai apprécié l’investissement de mes élèves et la disponibilité que j’ai pu avoir auprès d’eux.

Après les ateliers sont déclinables à souhait (surtout en fonction des besoins). Et je sens qu’avec cette classe, travailler en ateliers va vraiment être un plaisir.

Mon bilan de l’année 2016/2017

Préambule

Revenons tout d’abord au mois de septembre 2016. Je reprends des CM2 après une année en maternelle (MS) et je suis rejoins sur ce niveau par un collègue ami qui arrive lui de CE1. Il me propose de partir une semaine en classe découverte à Saint Malo et en échange je lui propose de travailler avec les ceintures de compétences.

Je découvre donc une nouvelle classe que j’aménage à mon goût pour que mes futurs élèves s’y sentent bien et pour que je puisse pratiquer la pédagogie que je souhaite mettre en place. Je récupère un vieux TBI qui était au grenier depuis presque 3 ans. Je décide de brancher une Apple TV dessus afin de pouvoir afficher mon iPad ainsi que les deux que je mets à disposition de mes élèves. En parallèle, je monte un dossier pour demander un financement de quelques iPad à l’APEL et à mon établissement. Cela se concrétise au mois de décembre avec l’arrivée dans la classe de 9 iPad. J’ajoute au matériel de la classe une vieille imprimante wifi à partir du mois d’avril afin d’imprimer les essais (qui sera remplacée l’année prochaine par une imprimante toute neuve). Voilà déjà pour le matériel et l’espace de travail. Je regrette tout de même que le TBI ne puisse être à côté du tableau blanc. Pour l’orientation des tables en ilots, ce n’est clairement pas l’idéal.

La classe inversée

Je rencontre mes élèves et je leur présente la manière dont la classe va fonctionner. Une chose me frappe immédiatement, j’ai des élèves qui sont extrêmement scolaires avec des habitudes de travail bien ancrées. Pendant un mois je leur propose d’inverser la classe; eux accrochent moyen et moi je ne les sens pas dedans, je ne suis plus sur de la plue value.

Je constate que la différenciation mise en place avec les ceintures de compétences est plus précise et correspond mieux à mon public. Certains vous diront que les deux sont compatibles et je suis bien d’accord mais cette année, ça ne faisait pas sens. Différencier les parcours à l’aide des ceintures avec un essai 1 comme essai diagnostic reste vraiment semblable au travail en amont sur une notion en classe inversée. Et je le redis « tous les élèves sont au travail ». C’est un changement de posture intervenu tard dans l’année car début février, j’étais alors encore comme cela :

Les ceintures de compétences

À côté de cela, les ceintures ont été très motivantes pour l’ensemble des élèves à quelques exceptions près comme toujours. Même si au début, la majorité des élèves s’est dirigée vers les compétences qu’ils pensaient maîtriser. Ainsi, ils ont retardé au maximum le moment où ils allaient se confronter à une difficulté. Et alors, c’est bien naturel, à leur place, j’aurais fait la même chose. La ceinture de vocabulaire a donc été prise d’assaut en Français.

On laisse malheureusement 1 ou 2 élèves qui n’arrivent pas à entrer dans ce système voire même n’en ont pas envie. Mais le reste de la classe s’est pris au jeu. Bien sûr il était difficile pour certains d’être en échec et quelques uns ont rechigné à se remettre au travail entre les essais même si au fil des jours ils se sont aperçus que c’était lors de ces moments que la coopération prenait tout son sens. Ils sont donc devenus très demandeur au fil de l’année. Il a même fallu que je les freine car ils s’entraidaient même pour le passage des essais, ce qui n’était bien évidemment pas permis.

La majorité des élèves a réussi à choisir justement tout au long de l’année les essais qui correspondaient aux compétences qu’ils maîtrisaient. En moyenne, seulement 5/6 élèves n’avaient pas le niveau d’autonomie suffisant pour pouvoir choisir eux même leurs essais. Ce qui du coup ne me prenait pas trop de temps. Pour ceux qui avait le niveau d’autonomie 2 (celui où je les aide), ils notaient au crayon de papier les essais souhaités et je reprenais avec eux.

Je les ai fait tous partir des ceintures bleues (début cycle 3) et cela a été difficile pour certaines de se sortir des premières ceintures. Ce sera plus facile l’année prochaine et même les années à venir car j’ai convaincu tous mes collègues de cycle 3 d’évaluer leurs élèves avec les ceintures de compétences. On va dorénavant avoir un suivi sur 2 ans. Et sûrement bientôt plus car mes collègues de cycle 2 s’y penchent cet été. Je suis ravi.

Pour finir, comme dirait mon collègue de CM2 que j’ai converti : « plus jamais je ne reviendrai en arrière, vive les ceintures de compétences ».

Twitter

Pour twitter, le chemin a également été très long. Au fil des mois, j’ai vu ceux qui s’y sont intéressés et ceux qui ne l’ont même pas regardé même si le réflexe après une production est vite devenu le partage sur le compte twitter de la classe. C’est drôle, car ils étaient bien plus motivé à l’idée de partager leur production sur YouTube. On est en plain dans la génération Snapchat et YouTube !!

Nous avons participé à plusieurs défis sur twitter tout au long de l’année. Nous avons aussi fait pratiquement toutes les twictées. Ce fut de bons moments malgré quelques couacs et j’espère sincèrement que cela aura un impact sur leurs futures productions d’écrits ou dictées.

Certains de mes élèves se sont vraiment appropriés ce moyen de communication avec les autres classes mais aussi avec les autres élèves et je pense qu’ils en garderont quelque chose quand ce sera à eux de gérer leur propre compte.

Les élèves producteurs

Dans ma classe, les élèves ont beaucoup produit, notamment des chefs-d’œuvre. Ils ont utilisé principalement 3 supports différents. Et sans avoir les chevilles qui enflent, ils se sont plutôt bien débrouillés.

Les cartes mentales numériques ou papiers arrivent en tête, suivies par les capsules (avec Adobe Spark) et les jeux de manipulation. Je suis content de leur appropriation de ces outils pour rendre compte de leurs acquis. Cela a beaucoup servi comme point d’appui pour le tutorat et l’aide mise en place pour les élèves en difficultés.

Pour les exposés, mes élèves ont été de gros consommateur de Keynote. Ils se sont vraiment appropriés cet outil pour créer de fabuleux exposés, et je n’exagère pas. Je suis vraiment fier d’eux.

La programmation

Cette année, les élèves se sont vraiment éclaté en programmation. Après de début sur ScratchJr qui est vite devenu trop simple, les élèves ont apprivoisé la programmation par blocs avec SpriteBox, RunMarco, Tynker voire même Swift Playgrounds. Quand on voit qu’au brevet des collèges 2017, la programmation (avec Scratch) faisait partie du sujet de mathématiques, je pense être dans le vrai en initiant mes élèves.

Le seul bémol est la sous utilisation des drones avec mes élèves par manque de temps et de place.. Je pense qu’ils sont un peu déçus. Il faudra que je pense à changer cela l’année prochaine.

La classe découverte à St Malo

Une nouvelle fois (j’essaie de partir tous les deux ans), je suis ravi d’avoir emmené mes élèves en classe de mer à St Malo. Les élèves se sont découverts autrement et le groupe classe s’est vraiment uni. On vit rarement ce genre d’expérience et le fait de faire cette semaine en mars nous a vraiment permis d’en voir les bénéfices jusqu’à la fin de l’année. Nous avons pu profiter d’un climat de classe agréable.

Conclusion

Bon j’arrête la et je te remercie d’avoir lu cette si longue tartine.. J’en oublie certainement, des projets, des dispositifs qui sont mis en place dans ma classe mais l’essentiel est là. Enfin surtout les thèmes qui méritaient un petit bilan.

Suivra très rapidement un article sur les futurs projets qui vont nécessité du travail pendant l’été. D’ailleurs, il se peut que durant cette période de nouvelles vidéos sur la chaîne YouTube apparaissent.

Bonnes vacances (qui sont faites pour se reposer, alors n’hésitez pas à couper un peu)

SpriteBox : Coder en s’amusant [Démo]

SpriteBox est un jeu d’initiation au code développé par les concepteurs de Lightbot. Il est disponible sur le web mais aussi en version application sur iOS et Android.

Composé de 4 niveaux, ce jeu est entièrement gratuit.

Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse visionner ma vidéo de démonstration.