Le quoi de neuf ? [Pédagogie institutionnelle]

Pour commencer, petit rappel de mon premier article :

Le quoi de neuf est un temps de parole quotidien au cours duquel, le matin en arrivant, l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager. Le but est double :

  • Tout d’abord, permettre à l’enfant de déposer ce qui lui tient à cœur, afin d’être ensuite plus disponible pour entrer dans les activités scolaires. C’est une transition entre l’école et la maison.
  • Mais aussi, encourager l’expression orale, en mettant en place des situations de communication vraies au cours desquelles l’élève s’adresse à la classe parce qu’il a réellement quelque chose à lui dire.

Il faut noter que 3/4 des professeurs qui ont répondu au questionnaire ont mis en place le « quoi de neuf » dans leur classe.

Alors, en situation réelle, quels sont les apports ?

Pour commencer, c’est un moment de transition entre l’école et la maison qui permet de poser les enfants à leur entrée en classe. On apprend à se connaitre, on découvre ses élèves/camarades. On valorise l’esprit d’initiative et les talents.

« J’aime bien donner une amorce de phrase comme par exemple: Je pensais ne jamais réussir…et puis… » Elodie

On y travaille également beaucoup le langage et le domaine « Questionner le monde » au cycle 2.

Et les limites ?

Les élèves ont le choix de présenter ce qu’ils souhaitent mais parfois, comme les réponses obtenues le soulignent, ce n’est pas toujours très intéressant, et certains même ne parlent jamais. Autre problème, certains élèves n’écoutent pas..

Parmi ceux qui ne l’ont pas mis en place, vient le problème du temps. Effectivement, c’est un temps à bien organiser dans sa journée et ce n’est pas un moment toujours facile à caser dans des journées toujours plus longues..

Enfin, tous ont souligné l’importance de ce temps de parole en classe sur des sujets non scolaire qui participe à définir une ambiance de classe sereine et motivante.

Les métiers / Les responsabilités [Pédagogie institutionnelle]

Parmi les nombreuses institutions/outils de la pédagogie institutionnelle se trouve les métiers ou plus communément appelés les responsabilités. Il convient de les appeler responsabilités quand on choisit de les faire changer régulièrement au contraire des métiers qui restent tant que les élèves ne demandent pas à l’arrêter. (merci Christelle)

La mise en place de ce dispositif en classe permet aux élèves de se responsabiliser, de développer leur autonomie, de prendre des initiatives mais aussi de coopérer en équipe pour une même tâche.

« Mon meilleur métier: portier, afin que je reste avec le groupe classe, il appelle les enfants qui partent chez eux et récupère les demandes des parents. » Loïs PS/MS/GS

Ces métiers permettent aux élèves de s’investir dans la classe et de leur donner une place dans le groupe. Ainsi, les élèves se sentent utiles et ont envie de bien faire pour prendre soin de leur classe. Certains métiers leur permettent aussi de prendre la parole devant le groupe et de s’approprier l’espace classe.

La réalisation de leur métier ou non amène à des discussions lors du conseil.

Quelques inconvénients tout de même, certains métiers peuvent être difficile et peuvent amener à des conflits. Par exemple, les surveillants et chefs de rang qui doivent noter les prénoms de ceux qui ne respectent pas les règles. Pas simple d’être à la fois sévère et tolérant.

Et vous, utilisez vous les métiers ou responsabilités dans votre classe ?

En savoir plus sur ma roue des responsabilités

illustration @mysticlolly

Pourquoi mettre en place la pédagogie institutionnelle ?

Dans cet article, je vais revenir sur les différentes motivations qui poussent à se tourner vers la mise en place de la pédagogie institutionnelle dans sa classe ou seulement en y utilisant quelques éléments.

Je voulais commencer par remercier Delphine, Claire, Loïs, Mathias, Séverine, Yoann, Else, Christelle, Céline, Elodie, Delphine, Véronique, Mickaël et Sophie.

Pourquoi ont-ils souhaité mettre en place des éléments de la PI dans leur classe ?

Certains se sont lancés car ils étaient attirés par le dispositif des ceintures de compétences, outil majeur de la PI. Elles permettent d’accroitre la motivation des élèves mais aussi de répondre à une problématique de classe qui est la différentiation. De fil en aiguille, ils ont poussé leurs recherches et ajouté de plus en plus d’éléments de la PI à leur quotidien.

Pour d’autres, la PI et ses institutions leur permettent de garder un climat de confiance au sein de la classe. En sortant du cadre scolaire, parfois trop rigide, pour permettre à chaque élève de trouver sa place. Pour ce faire, la PI met en avant la prise en compte de la parole de l’enfant, de leurs besoins et leurs différences.

« Mon but était de permettre aux élèves de prendre en charge leur vie d’écolier, de prendre en compte l’autre comme un atout pour son avancée et de régler les conflits ensemble. » Céline CE1/CE2

Notamment avec la mise en place du conseil d’élèves. Ce qui permet de construire un groupe, un collectif, une cohésion de classe et faire face à certaines difficultés comme la violence par exemple.

La PI est utilisée également en maternelle mais aussi en SEGPA.

Ce qui revient dans les réponses de mes collègues c’est que, comme vous l’avez lu, la PI participe à instaurer un climat de classe où, aussi bien l’élève que l’enseignant, tout le monde y trouve sa place et est écouté.

« J’ai mis en place la PI car cela correspondait à ma vision du métier et de l’accompagnement que je souhaitais mener auprès de mes élèves. » Séverine MS/GS

Une anecdote, une remarque concernant la PI ?

Pour terminer, je vous partage plusieurs anecdotes qui ont attiré mon attention:

Séverine:

« Ces dispositifs ont essaimé dans mon école. Depuis d’autres classes mettent en place le conseil et le quoi de neuf. Autre anecdote : mes élèves ont réalisé des vidéos à destination des TPS/PS pour leur expliquer les messages clairs. »

Christelle:

« Nouvelle institution installée dans ma classe : la météo des émotions. Elle a lieu après le quoi de neuf avant de commencer le travail officiel de classe. Si je l’oublie, les élèves savent me le rappeler. »

Véronique:

« Tous ces éléments de PI sont étroitement imbriqués comme un système, si j’enlève un élément, un déséquilibre se crée dans le groupe et patatras. »

Claire:

« Cette PI a totalement changé ma manière d’enseigner et je l’applique dans n’importe quelle école. Les enfants et les parents y ont toujours entièrement adhéré. Les enfants sont pleinement impliqués dans la vie de la classe et y proposent régulièrement des évolutions. »

 

La pédagogie institutionnelle

Depuis plusieurs années je m’intéresse et je mets en place dans ma classe la pédagogie institutionnelle issue de Fernand Oury. J’ai donc décidé de vous en parler dans une série d’articles sur mon blog en commençant par une présentation générale. Ensuite j’entrerai dans les détails en abordant les différents outils à mettre en place au sein de la classe. Pour cela, j’ai construit un questionnaire puis j’ai invité des collègues enseignants à y répondre. Cela permettra d’étayer et d’illustrer mes futurs articles.

Ces prochains articles se baseront donc sur les réponses obtenues auprès de 14 charmants collègues qui ont bien voulu me donner un peu de leur temps. Je les remercie et les citerai lors du prochain article qui répondra à deux questions: Pourquoi mettre en place la PI dans sa classe et quels en sont les bénéfices ?

Alors, qu’est ce que la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury ?

La pédagogie institutionnelle a été élaborée par Fernand Oury et Raymond Fauvieille.

Son but est d’établir, de créer, et de faire respecter des règles de vie dans l’école, par des institutions appropriées.

Si l’enfant perçoit le lieu classe comme un endroit de repères, de sécurité, de vie, où l’on peut régler des questions, il va progressivement prendre en charge sa vie d’écolier. Il va garder ou retrouver le goût d’apprendre, à travers son engagement, ses initiatives…

Les institutions visent à faire vivre le groupe, permettre la circulation de la parole et à faire le point sur la vie du groupe ; elles sont ce que l’on pourrait appeler « règles de vie communes », qu’il faut expliciter pour comprendre ce qui est en œuvre dans la classe. Par exemples, les ceintures de comportement matérialisent la position provisoire de chacun par rapport aux exigences de la vie au sein du groupe. Quant au conseil, clé de voûte de l’approche institutionnelle, il est le lieu de parole et de décision. Ces institutions comprennent également les métiers, qui sont un partage des tâches utiles à la vie de la classe et la boîte à tout, boîte dans laquelle les élèves peuvent déposer une critique, une plainte ou une proposition pour la classe. Sans oublier les ceintures de compétences et la monnaie intérieure.

Qui en est à l’origine ?

Fernand Oury et Raymond Fonvieille étaient deux instituteurs de la région parisienne qui participaient également activement au mouvement Freinet, en le transposant en milieu urbain (le mouvement étant initialement rural).

Quels en sont les principaux outils ?

L’institution clé consiste essentiellement en des « lieux de paroles » mis en place dans les classes. L’entraide et la fraternité existent et l’enseignant donne toute sa place à la parole de l’enfant.

  • Le quoi de neuf ?

Le quoi de neuf est un temps de parole quotidien au cours duquel, le matin en arrivant, l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager. Le but est double :

Tout d’abord, permettre à l’enfant de déposer ce qui lui tient à cœur, afin d’être ensuite plus disponible pour entrer dans les activités scolaires. C’est une transition entre l’école et la maison.

Mais aussi, encourager l’expression orale, en mettant en place des situations de communication vraies au cours desquelles l’élève s’adresse à la classe parce qu’il a réellement quelque chose à lui dire.

  • Le conseil de classe coopératif

Le conseil de classe coopératif est la réunion des élèves où se discute tout ce qui a trait à la vie de la classe. Généralement hebdomadaire, il traite du règlement des conflits, des projets, des décisions à prendre.

Un enfant à qui on laisse faire tout ce qu’il veut ne peut pas avoir envie de grandir : un enfant peut se constituer contre une loi, mais pas contre du brouillard. Il faut qu’il y ait des lois en classe qui ne soient pas transgressées ; si elles le sont, on en parle au conseil.

  • Les ceintures de compétences

Pour élaborer les ceintures de compétences, Oury s’est inspiré de son expérience de judoka, partant du postulat de départ qu’une classe homogène n’existe pas. Les ceintures de niveau permettent aux enfants d’évaluer leur réussite dans tel ou tel domaine d’activité de la classe. Une ceinture élevée se doit d’aider un débutant ; autrement dit, plus un enfant a une ceinture élevée, plus on peut être exigeant avec lui. Grâce au tableau des ceintures affichées en permanence dans la classe, les enfants savent toujours où ils en sont.

  • La monnaie intérieure

La monnaie intérieure vise à offrir aux élèves une source de motivation intrinsèque suffisante pour s’investir dans un réel travail d’apprentissage.

Comme le présente très bien le site de l’icem34, la monnaie intérieure permet à des enfants de mettre un premier sens au travail scolaire, permet aux enseignants de faciliter la mise en place des valeurs coopératives, permet à une classe d’aider les enfants les plus en difficulté et enfin, prépare les enfants à l’utilisation de l’argent en tant qu’adultes.

Quelques conseils de lecture :

« Vers une pédagogie institutionnelle » par Oury Fernand et Vasquez Aïda

« De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle » par Oury Fernand et Vasquez Aïda

« Qui c’est l’conseil ? » par Oury Fernand et Pochet Catherine

« Pédagogie institutionnelle, Mise en place et pratique des institutions dans la classe » par Oury Fernand et Thébaudin Françoise

« La pédagogie institutionnelle en maternelle », Isabelle Robin

« L’école, le désir et la loi – Fernand Oury et la pédagogie institutionnelle » – Histoire, concepts, pratiques, éditions champ social, Raymond Bénévent, Claude Mouchet.

Jacomino, Baptiste, Freinet et la coopération, Paris, Les Cahiers pédagogiques, 2013. N° 505 http://www.cahiers-pedagogiques.com/Freinet-et-la-cooperation

Mon premier Escape Game

J’ai décidé aujourd’hui de vous partager le premier Escape Game que j’ai moi même fabriqué.

Il n’est pas exceptionnel et je compte sur votre indulgence, mais c’est avec plaisir que vous me ferez votre retour.

Je l’ai proposé à Noël, et mes élèves ont mis entre 55 et 58 minutes pour le résoudre. Il se compose de 4 grosses parties.

  • Recherche de la clé de code
  • Décodage du message/devinette grâce à la clé de code
  • Utilisation de la réponse à la devinette pour colorier le Qr code
  • Scanner le Qr code pour avoir le code du cadenas

Et cela deux fois car il y avait deux cadenas. Il fallait donc se répartir les tâches.

Rien de caché dans la classe, j’ai juste donné tous les éléments aux élèves dès le départ. Je posterai des photos des élèves prises pendant ce moment sur le compte Instagram du blog.

Je vous le partage au format PPTX:

Escape Game de Noël

et PDF:

Escape Game de Noël

Bon Escape.

PS: si vous voulez en savoir plus sur les Escape Game pédagogiques et avoir plein d’exemples et de ressources pour plusieurs niveaux de la classe, je vous conseille cet excellent site : https://scape.enepe.fr/

Un exemple d’utilisation des iPad en ateliers

Aujourd’hui encore, je vous fais entrer dans ma classe. Cette fois-ci, on y découvre mes élèves en action durant les ateliers du mardi matin.

Quelques usages sont présentés, si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter.

 

Ma roue des responsabilités

L’été dernier, je voulais changer mon système d’attribution des responsabilités. Depuis plusieurs années, je tirais au sort les élèves qui choisissaient ce qu’ils souhaitaient faire. Et ça tous les lundis. (J’aime bien le turnover).

Et je ne sais plus comment, mais j’ai eu vent de la roue des responsabilités de mamaitressedecm1 que je salue d’ailleurs.

Elle partage sur son blog une trame qui ne me convenait pas alors j’ai décidé de la faire moi même.

Je vous la partage aujourd’hui au format modifiable avec deux modèles de roue. Une pour 10 responsabilités et une autre pour 12. Ce document a été réalisé avec Pages mais malheureusement, pour « des raisons de sécurité » le format .pages n’est pas accepté chez WordPress.. Je vous donne tout de même un lien qui permet d’y accéder. Je vous le partage également au format .docx (Word). J’espère que la mise en page n’a pas trop été modifiée. Dites le moi si c’est le cas: (unprofdzecoles[@]gmail.com)

Roue des responsabilités (docx)

Roue des responsabilités (pages)

Je vous dis à bientôt.

 

Les ceintures de compétences [Rappel]

Un peu d’histoire

Parce qu’il pratiquait le judo, l’idée d’évaluer par ceintures est venue à l’instituteur Fernand Oury dans les années 1970. Il avait observé la capacité des judokas à coopérer malgré les écarts de niveaux dans le groupe. A l’origine de la « pédagogie institutionnelle », Fernand Oury a transféré ce qui fonctionnait dans cette pratique sportive aux préoccupations pédagogiques.

Pourquoi les ceintures

RENDRE L’ÉLEVE ACTEUR DE SON APPRENTISSAGE

Le but de l’enseignant qui propose une ceinture pour évaluer une compétence n’est pas d’évaluer, mais plutôt d’offrir un outil à l ’élève afin qu’il mesure lui-même ses progrès et ce qu’il reste à faire pour maîtriser davantage la compétence travaillée.

Une ceinture c’est

« Un outil:

  • de mesure de la progression des élèves dans l’acquisition d’une compétence,
  • de communication avec les élèves pour les faire entrer dans une démarche d’acquisition d’une compétence,
  • d’appropriation des critères de réussite, de façon progressive et graduée,
  • de réflexion d’enseignants sur les critères et la progressivité de l’acquisition d’une compétence »1.
  • de suivi de la progression de chaque élève.

Une ceinture ce n’est pas

  • Un outil sommatif qui ne serait utilisé qu’une fois par l’enseignant.
  • Une méthode infaillible pour acquérir tous les éléments constitutifs de l’exercice d’une compétence. L’enseignant doit donner, par sa pratique quotidienne, les moyens à l’élève d’accéder à la ceinture supérieure.
  • Un « tableau » exhaustif de l’ensemble des savoirs à acquérir.

Comment construire les ceintures

La ceinture blanche, première ceinture, doit être obtenue facilement pour rassurer les plus faibles. Elle doit marquer un premier engagement dans le travail.

Exemple : Ceinture / S’exprimer à l’oral :

J’ai traité le sujet

Je suis capable de prendre la parole devant le groupe.

La ceinture rouge, dernière ceinture, doit proposer aux meilleurs élèves un horizon d’approfondissement qui pourrait aller au-delà des attentes des programmes.

Exemple : Ceinture / Rédiger un texte :

Je sais construire un texte en inscrivant mon récit dans la longue durée en faisant référence à des échelles de temps différentes.

Entre les deux ceintures, il faut ajouter progressivement des éléments de difficulté.

Chaque professeur peut se lancer dans la construction de ceintures mais il est plus intéressant que cet outil serve à une réflexion d’équipe :

  • Disciplinaire : les professeurs d’histoire-géographie d’un établissement peuvent discuter et mettre en place des ceintures similaires pour donner du sens aux élèves qui changent d’enseignants au cours du même cycle.
  • Pluridisciplinaire : des ceintures transdisciplinaires peuvent être construites par des enseignants d’une même équipe pédagogique (sur l’oral ou l’argumentation par exemple).

Le principe

  • Valider des ceintures (comme au judo)
  • Chaque ceinture regroupe plusieurs compétences
  • Tout le monde démarre à la même ceinture
  • Il n’y a pas de retour en arrière
  • Pour passer une ceinture, il faut absolument avoir la précédente

Chaque semaine, les élèves reçoivent un plan de travail hebdomadaire dans lequel ils devront indiquer les compétences qu’ils souhaitent valider sur une semaine.

En fonction du degré d’autonomie, les élèves sont libres du choix des compétences et de l’impression des fiches associées. Au départ, c’est le maître qui les guide dans ce choix.

Dans l’emploi du temps, il y a des plages de « travail personnel ». Ce sont durant ces plages que l’élève complète son plan de travail. Il peut également l’avancer lorsqu’il a terminé les autres tâches qui lui sont demandées.

Les fiches sont corrigées par l’enseignant. Le résultat (vert, orange ou rouge) doit être reporté immédiatement dans le plan de travail hebdomadaire puis dans le référentiel des ceintures. L’élève bénéficie de 3 essais pour valider la compétence qu’il souhaite évaluer.

Si la compétence est validée lors du premier essai, il n’est pas nécessaire de faire les suivants.

Les grands principes

1. Permettre aux élèves d’avancer à leur rythme

Cette démarche a pour but d’aider les enfants à avancer dans les apprentissages à partir d’où ils en sont.

Un élève en difficulté aura plus de temps pour acquérir une notion avant de passer à une autre. Ce qui n’est pas possible si on évalue tous les élèves sur la même compétence à un instant T.

De la même manière, un élève qui a des facilités, pourra aller plus loin sans attendre le reste de la classe.

Chaque élève aura un parcours individualisé et personnalisé en fonction de ses forces et faiblesses. Chaque élève avance à son rythme.

2. Une dynamique de réussite

On est tous doués pour quelque chose. Certains sont plus à l’aise en maths, d’autres en français. Le système de ceintures permet aux élèves de situer leurs forces et leurs faiblesses.

Un élève peut être ceinture bleue en numération et ceinture verte en orthographe. Dans ce cas, l’élève est valorisé par sa ceinture bleue puisqu’il peut être tuteur et superviser des camarades dans cette discipline, mais il sait aussi, qu’il doit renforcer ses compétences en orthographe.

Il pourra également faire appel à ses camarades de ceinture plus élevée pour l’aider.

3. La coopération, l’entraide et l’autonomie

Un système de tutorat se met en place au fil de l’avancement du dispositif. Aussi, plus l’élève devient autonome, plus il est chargé de responsabilités.

De manière générale, ce système vise à développer l’autonomie des élèves en leur permettant de devenir acteur de leurs apprentissages. Ils apprennent à travailler pour eux.

4. La visibilité

Grâce aux ceintures, l’enseignant, la famille et surtout l’élève sait exactement où il se trouve dans les apprentissages.

Ce dispositif rend beaucoup plus clairs les livrets traditionnels qui ne renseignent pas sur l’état d’acquisition des compétences par l’élève.

Les ceintures, elles, permettent de savoir plus finement ce qui bloque et d’y remédier efficacement.

5. Dédramatiser l’évaluation et en faire un outil pour se construire

L’évaluation engendre souvent du stress pour l’élève. Ce ne devrait pas être le cas, car les meilleurs apprentissages se construisent sur nos erreurs. Il faut parfois se tromper pour progresser.

Le fait d’avoir plusieurs essais permet à l’élève de rentrer dans cette logique. Il est évalué tous les jours et cela devient une habitude. Plus de stress avant les « contrôles ».

Exemple d’affichage des ceintures pour tutorat

Merci à François Lamoureux, Samira Hallaouy Nougué, Thomas Héniart et toute l’équipe C2C Edu.

Mon Labo d’expérimentation numérique

Depuis plusieurs années, en APC, je prends des groupes d’élèves pour leur faire découvrir la programmation ou les faire produire des ressources ou créations numériques. J’ai fait du StopMotion, des WebTV, de la programmation (Scratch, Tynker, Tickle), de la programmation de mini-drones et bien d’autres encore..

Puis en observant la création d’une « ClassLab » par Gilles Tisseraud, je me suis dit qu’empiler ces ateliers dans les différentes périodes de l’année n’était plus forcément une bonne idée. En discutant également avec mes collègues du collège qui ont organisé un atelier du midi sur la programmation et qui ont choisi de prendre des élèves de la 6e à la 3e en imaginant un tutorat. Les anciens forment les nouveaux 6e ou autres qui arrivent et ainsi de suite d’année en année.

C’est pour cela que cette année, j’ai décidé de créer un « Labo d’Expérimentation Numérique ». Bon le nom est peut-être un peu pompeux mais pour l’instant je n’ai pas trouvé mieux (je suis d’ailleurs ouvert à toutes propositions).

Pour cette première année, j’ai pris 18 élèves de CM1 et CM2. Si cela est concluant, j’ouvrirai au CE2 l’année prochaine. J’envisage également de faire revenir quelques 6e l’année prochaine pour encadrer les plus jeunes. Le groupe que j’ai pris s’est engagé sur l’année entière, tous les jeudis de 13h à 13h45.

Nous avons comme matériel pour l’instant, des vieux ordinateurs, des iPad, des mini-drones, des boites Bloxels, des trépieds, un fond vert, des casques, une apple TV et bientôt une imprimante 3D.

J’ai demandé aux élèves de choisir un projet et d’aller au bout de ce dernier. Avec la possibilité de choisir un autre projet une fois le premier terminé. On estime la fin du projet par un partage en ligne sur la chaine Youtube de ma classe.

Les élèves ont donc commencé au retour des vacances de la Toussaint. Certains se sont lancés dans la création de jeu vidéo avec bloxels (qui est très facile à prendre en main). J’espère ensuite qu’ils passeront à l’étape supérieur avec Scratch ou Snap par exemple).

D’autres dans la création d’une histoire avec Tickle ou Tynker qui sont des applications de programmation par blocs très polyvalentes.

L’accompagnement était intensif lors des premières séances puis au fil des semaines, les élèves ont produit en autonomie, en coopérant avec leurs camarades. En partageant leurs découvertes, leurs expérimentations, leurs réussites, leurs échecs. J’étais là en tant que contrôleur de l’avancée des projets mais surtout en tant que personne ressource.

Un groupe de fille a décidé de se lancer dans la réalisation d’un journal télévisé avec l’aide du fond vert. Ecriture de scénario, tournage puis montage. Ce projet va leur prendre une bonne partie de l’année.

Leur projet avance. Les élèves manipulent, expérimentent, produisent avec des outils numériques qui constituent leur quotidien.

Un autre élève qui apprécie beaucoup la musique a pris plaisir à réaliser un album avec GarageBand que nous avons pu partager sur le compte SoundClound (plateforme de streaming musical où chacun peut déposer ses propres créations) de la Classe.

 

Comme Gilles qui m’a beaucoup inspiré et qui va beaucoup plus loin que ce que je propose, j’écris ce billet pour à votre tour vous pousser à vous lancer, vous montrer ce qui est possible. Vous montrer également qu’il est possible de faire confiance à nos élèves. Que les laisser explorer leur créativité est aussi le rôle de l’école. J’utilise ici le numérique mais bien évidemment que ce n’est pas le seul moyen.

En tous les cas, je suis ravi du succès de cet atelier et j’ai hâte d’observer l’ampleur et la direction qu’il va prendre au fil des ans.

Et vous, vous vous lancez quand ?

Je vous fais entrer dans ma classe

Et voici la surprise que je vous avais annoncée il y a quelques temps. Je vous fais entrer dans ma classe. Et pour ce faire, j’ai décidé d’ouvrir un nouveau chapitre sur ma chaine Youtube.

J’emporte ma caméra avec moi et je compte vous faire découvrir plusieurs aspects de ma classe : aménagement, pédagogie, astuces..

Pour ce premier épisode, je vous invite à venir changer l’aménagement du coin bibliothèque/détente..

J’espère que ce nouveau format vous plaira. N’hésitez pas à me dire si vous voulez que je vous présente quelque chose en particulier, j’ai déjà des demandes pour ma classe flexible.

Les photos dans les articles c’est bien mais je pense que les vidéos seront plus parlantes.

C’est une première pour moi, donc tout n’est pas parfait, mais je compte bien progresser au fil des futures vidéos.

Bon dimanche.