Le quoi de neuf ? [Pédagogie institutionnelle]

Pour commencer, petit rappel de mon premier article :

Le quoi de neuf est un temps de parole quotidien au cours duquel, le matin en arrivant, l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager. Le but est double :

  • Tout d’abord, permettre à l’enfant de déposer ce qui lui tient à cœur, afin d’être ensuite plus disponible pour entrer dans les activités scolaires. C’est une transition entre l’école et la maison.
  • Mais aussi, encourager l’expression orale, en mettant en place des situations de communication vraies au cours desquelles l’élève s’adresse à la classe parce qu’il a réellement quelque chose à lui dire.

Il faut noter que 3/4 des professeurs qui ont répondu au questionnaire ont mis en place le « quoi de neuf » dans leur classe.

Alors, en situation réelle, quels sont les apports ?

Pour commencer, c’est un moment de transition entre l’école et la maison qui permet de poser les enfants à leur entrée en classe. On apprend à se connaitre, on découvre ses élèves/camarades. On valorise l’esprit d’initiative et les talents.

« J’aime bien donner une amorce de phrase comme par exemple: Je pensais ne jamais réussir…et puis… » Elodie

On y travaille également beaucoup le langage et le domaine « Questionner le monde » au cycle 2.

Et les limites ?

Les élèves ont le choix de présenter ce qu’ils souhaitent mais parfois, comme les réponses obtenues le soulignent, ce n’est pas toujours très intéressant, et certains même ne parlent jamais. Autre problème, certains élèves n’écoutent pas..

Parmi ceux qui ne l’ont pas mis en place, vient le problème du temps. Effectivement, c’est un temps à bien organiser dans sa journée et ce n’est pas un moment toujours facile à caser dans des journées toujours plus longues..

Enfin, tous ont souligné l’importance de ce temps de parole en classe sur des sujets non scolaire qui participe à définir une ambiance de classe sereine et motivante.

Pourquoi mettre en place la pédagogie institutionnelle ?

Dans cet article, je vais revenir sur les différentes motivations qui poussent à se tourner vers la mise en place de la pédagogie institutionnelle dans sa classe ou seulement en y utilisant quelques éléments.

Je voulais commencer par remercier Delphine, Claire, Loïs, Mathias, Séverine, Yoann, Else, Christelle, Céline, Elodie, Delphine, Véronique, Mickaël et Sophie.

Pourquoi ont-ils souhaité mettre en place des éléments de la PI dans leur classe ?

Certains se sont lancés car ils étaient attirés par le dispositif des ceintures de compétences, outil majeur de la PI. Elles permettent d’accroitre la motivation des élèves mais aussi de répondre à une problématique de classe qui est la différentiation. De fil en aiguille, ils ont poussé leurs recherches et ajouté de plus en plus d’éléments de la PI à leur quotidien.

Pour d’autres, la PI et ses institutions leur permettent de garder un climat de confiance au sein de la classe. En sortant du cadre scolaire, parfois trop rigide, pour permettre à chaque élève de trouver sa place. Pour ce faire, la PI met en avant la prise en compte de la parole de l’enfant, de leurs besoins et leurs différences.

« Mon but était de permettre aux élèves de prendre en charge leur vie d’écolier, de prendre en compte l’autre comme un atout pour son avancée et de régler les conflits ensemble. » Céline CE1/CE2

Notamment avec la mise en place du conseil d’élèves. Ce qui permet de construire un groupe, un collectif, une cohésion de classe et faire face à certaines difficultés comme la violence par exemple.

La PI est utilisée également en maternelle mais aussi en SEGPA.

Ce qui revient dans les réponses de mes collègues c’est que, comme vous l’avez lu, la PI participe à instaurer un climat de classe où, aussi bien l’élève que l’enseignant, tout le monde y trouve sa place et est écouté.

« J’ai mis en place la PI car cela correspondait à ma vision du métier et de l’accompagnement que je souhaitais mener auprès de mes élèves. » Séverine MS/GS

Une anecdote, une remarque concernant la PI ?

Pour terminer, je vous partage plusieurs anecdotes qui ont attiré mon attention:

Séverine:

« Ces dispositifs ont essaimé dans mon école. Depuis d’autres classes mettent en place le conseil et le quoi de neuf. Autre anecdote : mes élèves ont réalisé des vidéos à destination des TPS/PS pour leur expliquer les messages clairs. »

Christelle:

« Nouvelle institution installée dans ma classe : la météo des émotions. Elle a lieu après le quoi de neuf avant de commencer le travail officiel de classe. Si je l’oublie, les élèves savent me le rappeler. »

Véronique:

« Tous ces éléments de PI sont étroitement imbriqués comme un système, si j’enlève un élément, un déséquilibre se crée dans le groupe et patatras. »

Claire:

« Cette PI a totalement changé ma manière d’enseigner et je l’applique dans n’importe quelle école. Les enfants et les parents y ont toujours entièrement adhéré. Les enfants sont pleinement impliqués dans la vie de la classe et y proposent régulièrement des évolutions. »