FAQ Plan de Travail – Mes réponses à vos questions

Suite à mon article sur le Plan de Travail, j’ai eu beaucoup de retours et de questions, notamment sur Instagram. J’ai donc décidé de faire un article pour répondre à toutes vos questions.

N’hésitez pas aussi à visiter le blog de notre collectif des ceintures de compétences.

Et à la fin de ce billet, vous trouverez mon Plan de Travail vierge mais détaillé.

Bonne lecture.

Ont-ils bcp d’idées de projets ? N’y a-t-il pas trop d’idées farfelues ou irréalisables ?

Non car les projets doivent être en lien avec les compétences à travailler pendant l’année. Cela tourne beaucoup autour d’exposés, d’écriture, de programmation et de sciences voire cette année d’inventions.

Comment fais-tu pour individualiser chaque PDT ? Un entretien individuel ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont déjà validé. Je ne fais pas d’entretien individuel sauf pour les élèves en autonomie 1 et 2 que j’accompagne dans les choix.

Après je sais que certains collègues du collectif des ceintures de compétences mettent en place cet entretien individuel en fin de Plan de Travail avant d’aborder le nouveau.

Est-ce un projet d’école ou personnel ?

Au départ, j’étais seul dans mon ancien établissement puis dans mon école actuelle j’ai convaincu mes collègues et mon directeur au fur et à mesure et pour l’instant les ceintures sont mises en place du CE2 au CM2. Cela devient un projet d’école au fil des ans. Après, tous mes collègues ne travaillent pas en plan de travail. Certains plutôt en feuille de route.

Effectivement, quand on est tout seul ce n’est pas évident, mais il faut tenir bon. Je l’ai fait donc n’importe qui peut le faire aussi. Après j’avais le soutien de la team C2C Edu.

Tout doit être prêt avant le début d’année ?

Et oui pratiquement car aucun élève ne travaille les mêmes compétences au même moment. Actuellement, j’ai des élèves qui tentent de valider des compétences de fin de cycle 2 alors que j’en ai d’autres qui commencent les compétences de 6e..

Du coup, il faut pouvoir permettre à chacun de travailler à son niveau. C’est donc un gros travail de préparation. Au début ce n’était pas facile, il m’a fallu plusieurs années afin d’arriver à un fonctionnement autonome de mes élèves.

Ce principe peut-il s’étendre à toutes les matières ?

Oui bien sûr. Il faut alors prévoir des grilles de compétences dans les autres matières et prévoir un parcours de travail pour chaque compétence afin que les élèves puissent les travailler.

Par exemple, sur le blog des ceintures, les enseignants du cycle 2 ont construit des ceintures en Découverte du monde. Et nous devrions publier prochainement des ceintures en Histoire et Géographie.

Nous insistons juste, lors d’une construction de référentiels de ceintures, pour qu’il y ait une progressivité et que ce ne soit pas juste une liste de compétences.

Comment tu mènes les séances de découverte des notions ?

J’ai de la chance d’être en CM2 donc peu de découvertes de notions mais sinon je travaille en ateliers avec une progression commune mais adaptée. C’est à dire que j’ai face à moi un petit groupe de 10 élèves. Cela se rapproche d’un fonctionnement en classe flexible ou semi-flexible. (voir cet article)

Je n’ai pas encore osé faire travailler mes élèves seulement à partir du PDT. Pourtant je pourrais, pratiquement tout est prêt. Mais il faut avoir le soutien de sa direction et surtout des parents. Faire entendre aux parents que leurs enfants ne verront pas le programme de leur classe d’âge ce n’est pas facile à admettre. Mais je ne désespère pas me lancer dans les années à venir et même pourquoi pas l’année prochaine.

Comment aides tu tes élèves à choisir leurs compétences à travailler ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont encore à valider. Après, en fonction des notions que l’on a revu en classe, je les guide vers des compétences qu’ils peuvent potentiellement valider. Pour cela, le travail quotidien dans le cahier du jour et mes observations me le permettent.

Comment faites vous pour l’organisation ?

Nous remplissons le PDT parfois le vendredi en classe mais en début d’année, pour impliquer également les parents, je leur demande de le remplir le week-end. Toujours en fonction de leur degré d’autonomie. Un PDT se déroule sur une semaine parfois deux si il y a des événements ou jours fériés.

En classe, le temps alloué au PDT est de 45 minutes par jour. Cela constitue un atelier de 8/9 élèves. Je tourne sur 3 ateliers dans la matinée.

Comment mettez vous en place les toutes premières semaines avec le PDT ?

Les premières semaines, il faut beaucoup d’accompagnement. Les premiers PDT sont pré-remplis (ils arrivent en CM2 avec leur référentiel de ceintures déjà entamés) donc je reprends où ils se sont arrêtés en juin dernier.

J’explique ce que je veux et au fur et à mesure des semaines, je les laisse le remplir en fonction de leur degré d’autonomie.

Comment suivre leur avancement ?

Pour suivre leur avancement, eux on les référentiels de ceintures au format papier et moi j’ai un formidable tableur que j’ai partagé ici dans cet article.

Comment gérer les corrections ?

Et ben depuis que je travaille comme cela sans évaluation sommative pour toute la classe en fin de période je n’ai jamais eu aussi peu de correction. Nous avons créé des fiches d’évaluation courtes et claires qui vont à l’essentiel de la compétence évaluée. Cela va très vite à corriger et en cas d’erreur, la correction sera à faire par l’élève dans son parcours de travail de remédiation. En gros, j’ai une bonne trentaine de feuille chaque soir.

Pour les exercices d’entrainement, je corrige en direct. Certains se font même sur tablette avec des sites d’exercices en ligne. La validation est donc rapide pour l’enseignant.

Mon PDT

Je vous partage ici mon dernier Plan de Travail, celui de cette année. Il varie un peu tous les ans. Un grand merci à François Lamoureux et à Thomas Heniart.

Clique sur l’image pour accéder à la version PDF

 

En espérant que cet article aura permis de répondre à de nombreuses questions. N’hésitez pas dans les commentaires à continuer à en poser.

Merci.

Qu’est ce qu’un [Plan de Travail] ?

Mon évolution

Entrons tout de suite dans le vif du sujet. Pour cela il faut d’abord que je vous parle de mon évolution, de mon cheminement.
Pour différencier dans ma classe, à mes débuts, j’ai utilisé ce qui s’appelle une « feuille de route ». C’était un document simple qui était le même pour tous les élèves. Il y avait deux colonnes, une qui contenait le travail obligatoire et une autre qui contenait du travail supplémentaire pour les élèves qui allaient plus vite dans la résolution de leurs exercices. Cette fiche ne concernait que le français et les maths. Je choisissais moi-même les tâches. L’élève pouvait seulement choisir l’ordre dans lequel il allait les faire. Cet ordre aléatoire était le levier de motivation de l’élève. Sans cela, cette feuille de route n’avait aucun intérêt.

Donc mes objectifs, à l’époque, étaient que mes élèves soient motivés, choisissent eux-mêmes l’ordre des tâches afin de les rendre autonome mais aussi que tous ceux qui pouvaient aller plus loin puissent le faire. Qu’ils en fassent mais en fonction de leurs possibilités, de leurs capacités.

Ces « feuilles de route » sont une belle entrée dans la différentiation avec pour objectif principal de rendre autonome ses élèves. Mais sinon c’est très chronophage et les élèves motivés au début de la mise en place, s’ennuient vite et n’ont plus le même entrain..

Il me fallait donc changer mon organisation et évoluer. Coup de chance, un nouveau projet collectif allait tout changer.

Le plan de travail

Ce projet, c’est celui du collectif C2CEdu à l’initiative de François Lamoureux. Je le remercie donc de m’avoir entraîné dans cette aventure. Sans cela, je serais peut-être encore entrain d’utiliser mes feuilles de route.. qui sait.

Ce projet m’a entraîné dans de nombreuses lectures sur la pédagogie institutionnelle et les pédagogies coopératives (suivre le lien Amazon de mon blog pour y accéder).

J’ai donc commencé à utiliser et à travailler en véritable « plan de travail » à partir du moment où j’ai mis en place dans ma classe les « ceintures de compétences ». Je ne vous refaits pas un texte sur les ceintures, vous en trouverez de nombreux sur le blog. Retenez seulement que les objectifs de ce dispositif sont de motiver, individualiser mais surtout responsabiliser l’élève.

Revenons sur le « plan de travail ». Pour préparer un PDT, il faut tout d’abord plancher sur une matrice commune à tous mais surtout à des tableaux de suivi des compétences, ce que nous avons fait avec les référentiels de ceintures. Il faut aussi pouvoir proposer tout au long de l’année différents projets dans des domaines divers et variés.

Une fois cela construit, l’élève, en étant accompagné bien évidemment, peut s’emparer de cet outil et construire son « programme ». Grâce aux ceintures, les activités sont adaptées à chaque élève. Les projets peuvent être proposés par l’enseignant mais aussi être à l’initiative de l’élève.

L’élève remplit donc lui même son « plan de travail » en choisissant les activités dans les référentiels en commençant par les compétences qu’il pense savoir maîtriser. Il y ajoute ses projets qui peuvent être une production écrite, un chef-d’œuvre, une poésie, un exposé, etc..

L’enseignant guide et accompagne les élèves dans le choix des activités et les encourage à prendre des initiatives. Il devient alors complètement acteur de ses apprentissages.

Tous les « plan de travail » sont donc uniques. L’élève est autonome.

Pourquoi je râle sur les réseaux quand je vois des « plans de travail » qui n’en sont pas sur les réseaux.

Comme je le disais plus haut, depuis plusieurs années, je m’intéresse à la pédagogie. Pas au début de ma carrière car le temps manque un peu quand on commence une nouvelle vie. J’ai donc beaucoup lu sur les pédagogies coopératives (Freinet, Connac) et la pédagogie institutionnelle (Oury, un copain de Freinet).

Au fil des ans, le besoin de différencier est devenu indispensable.. et quand on débute dans le métier ce n’est pas le plus simple malheureusement car ce n’est pas vraiment ce que l’on nous sert en formation où le monde des bisounours est la référence..

Donc, si je tape le mot « différencier » ou « différentiation » sur Google, je tombe sur de formidables blogs de collègues profs (que j’adore pour leurs ressources) qui nous proposent leur dernier PLAN DE TRAVAIL !!!! Et quand j’ai commencé dans le métier, je les ai bénis.

Mais ces « PDT » sont souvent de vrais fourre-tout, on y met ce qu’on veut, on lui fait dire ce que l’on veut. Au gré des lectures sur les blogs, aucun PDT n’a le même but, n’a le même objectif.. et pourtant, tout le monde appelle cela un « plan de travail ».

Vous me direz qu’on peut bien donner le nom que l’on souhaite à ce que l’on fait et il est vrai que PDT sonne bien.. Mais bon, si on s’intéresse un peu à la pédagogie, on se doit d’être précis (je vais me faire taper sur les doigts car je suis loin d’être irréprochable).

Le « plan de travail » est un dispositif pédagogique.

C’est devenu une mode. Pas une classe que je visite, une stagiaire que j’observe n’utilise pas le fameux « plan de travail ». Pour le coup, je les encourage à poursuivre car j’encourage la différenciation, mais je leur glisse gentiment que cela ne s’appelle pas un PDT..

Mais plutôt une « feuille de route » car oui, je vais en froisser certains ou certaines mais ce que je découvre souvent, c’est plusieurs listes de tâches que l’élève peut réaliser dans l’ordre qu’il souhaite avec pour objectifs souvent de revoir et s’entraîner sur les notions vues la semaine dernière. Souvent, il est en trois versions avec des niveaux de difficulté différents.

Ce que je vous présentais dans la première partie de l’article, ce que je faisais à mes débuts, et ce que j’appelais aussi « plan de travail » car je ne m’étais pas encore intéressé aux différentes pédagogies..

C’est donc pour moi toute la différence, quand l’élève n’est pas impliqué ce ne peut être un PDT.

Bon, je critique, je critique, mais on a tous fait ça, moi le premier hein, car comme vous j’étais persuadé qu’un « plan de travail » c’était ça. J’ai fait confiance aux ressources sur lesquelles je suis tombé au gré de mes recherches sur le net et je ne veux pas leur jeter la pierre car quand j’ai débuté, cela m’a vraiment bien soulagé pour préparer ma classe et je l’espère accompagner au mieux mes élèves.

Je trouve que le tableau de Sylvain Connac est très représentatif des différentes appellations du sacro-saint « plan de travail ». Je le remercie d’ailleurs à travers cet article car ses livres et ses écrits m’ont beaucoup inspiré pour organiser ma classe et même écrire ces mots.

J’espère que ce petit billet vous permettra de découvrir ou redécouvrir ce qu’est un plan de travail. Je vous remercie de faire grandir ce tout petit blog années après années.

Et pour finir je vous laisse retrouver le PDT que mes élèves utilisent cette année dans cet article : mes outils pour la rentrée et je vous le détaillerais si vous le souhaitez dans un futur billet.

Et vous, que faites-vous dans vos classes pour mettre en place la différenciation et responsabiliser vos élèves ?

Mes outils pour la rentrée [Emploi du temps, Plan de travail, etc..]

Je vous partage aujourd’hui quelques outils que je vais utiliser l’année prochaine.

Emploi du temps

On commence par l’emploi du temps. Quelques précisions:

  • Je suis dans une école à 4 jours.
  • C2C signifie ceintures de compétences (en autonomie ou non).
  • J’ai placé l’EPS au hasard car je n’ai pas encore mes créneaux.
  • J’ai encadré maths, français et ceintures car je ne travaille pas en classe entière lors de ces séances mais plutôt ce que l’on pourrait qualifier de flexible.
  • J’ai pastorale car je suis dans une école privée.

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Le plan de travail

Voici la trame de mon plan de travail de cette année que je souhaitais au format portrait contrairement à l’année dernière. Peu de nouveauté car il a très bien fonctionné donc je n’ai aucune raison de changer.

Clique sur l’image pour ouvrir le PDF

La monnaie intérieure

Je vous ai déjà plusieurs fois parlé de la mise en place de la monnaie intérieure en classe. Je vous renvoie à mon dernier article.

Cette année, avec mon collègue, nous avons choisi de travailler sur la France. Nous donnons un nom à nos classes, pour moi ce sera « Classe Marianne ». Et pour notre monnaie, nous avons choisi le Franc. J’ai pris modèle sur les pièces et billets qui ont existé avec l’Euro et je les ai reproduis avec Procreate et mon fidèle iPad.

Je ne sais pas encore si nous allons imprimer sur une feuille cartonnée en couleur ou une feuille simple que nous plastifierons. Il se peut même qu’on ne puisse finalement pas utiliser les copies couleurs même si toutes les photocopieuses vont en être dotées.

Le cahier du jour

Pour le cahier du jour, peu de changement. J’avais un système d’annotation un peu archaïque comparé à ce que je fais avec les ceintures de compétences. Du coup, pour un peu plus de cohérence, j’adapte le même code.

La poésie

Cette année, je laisse de coté mon recueil de la mer (50 poésies) et je reviens sur mon ancien recueil (80 poésies). Les thèmes sont variés. Je change par contre mon code de récitation. J’ai adapté le système de LutinBazar en reprenant ces quatre thèmes que je colorierai en fonction des résultats (vert, orange, rouge).

Cahiers de leçon

Pour les cahiers de leçon, j’aime bien faire des pages de garde pour que les élèves s’y retrouvent. Et depuis deux ans, j’y ajoute des bitmoji sur le thème. Bon, ce sont des bitmoji avec ma tête, et vous allez me dire que je suis égocentrique ou narcissique mais mes élèves aiment bien, trouve cela amusant, alors je continue.

 

Voilà pour ces quelques outils. Vous pouvez retrouver toutes mes programmations sur le blog pour vous aider à construire les votre.