FAQ Plan de Travail – Mes réponses à vos questions

Suite à mon article sur le Plan de Travail, j’ai eu beaucoup de retours et de questions, notamment sur Instagram. J’ai donc décidé de faire un article pour répondre à toutes vos questions.

N’hésitez pas aussi à visiter le blog de notre collectif des ceintures de compétences.

Et à la fin de ce billet, vous trouverez mon Plan de Travail vierge mais détaillé.

Bonne lecture.

Ont-ils bcp d’idées de projets ? N’y a-t-il pas trop d’idées farfelues ou irréalisables ?

Non car les projets doivent être en lien avec les compétences à travailler pendant l’année. Cela tourne beaucoup autour d’exposés, d’écriture, de programmation et de sciences voire cette année d’inventions.

Comment fais-tu pour individualiser chaque PDT ? Un entretien individuel ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont déjà validé. Je ne fais pas d’entretien individuel sauf pour les élèves en autonomie 1 et 2 que j’accompagne dans les choix.

Après je sais que certains collègues du collectif des ceintures de compétences mettent en place cet entretien individuel en fin de Plan de Travail avant d’aborder le nouveau.

Est-ce un projet d’école ou personnel ?

Au départ, j’étais seul dans mon ancien établissement puis dans mon école actuelle j’ai convaincu mes collègues et mon directeur au fur et à mesure et pour l’instant les ceintures sont mises en place du CE2 au CM2. Cela devient un projet d’école au fil des ans. Après, tous mes collègues ne travaillent pas en plan de travail. Certains plutôt en feuille de route.

Effectivement, quand on est tout seul ce n’est pas évident, mais il faut tenir bon. Je l’ai fait donc n’importe qui peut le faire aussi. Après j’avais le soutien de la team C2C Edu.

Tout doit être prêt avant le début d’année ?

Et oui pratiquement car aucun élève ne travaille les mêmes compétences au même moment. Actuellement, j’ai des élèves qui tentent de valider des compétences de fin de cycle 2 alors que j’en ai d’autres qui commencent les compétences de 6e..

Du coup, il faut pouvoir permettre à chacun de travailler à son niveau. C’est donc un gros travail de préparation. Au début ce n’était pas facile, il m’a fallu plusieurs années afin d’arriver à un fonctionnement autonome de mes élèves.

Ce principe peut-il s’étendre à toutes les matières ?

Oui bien sûr. Il faut alors prévoir des grilles de compétences dans les autres matières et prévoir un parcours de travail pour chaque compétence afin que les élèves puissent les travailler.

Par exemple, sur le blog des ceintures, les enseignants du cycle 2 ont construit des ceintures en Découverte du monde. Et nous devrions publier prochainement des ceintures en Histoire et Géographie.

Nous insistons juste, lors d’une construction de référentiels de ceintures, pour qu’il y ait une progressivité et que ce ne soit pas juste une liste de compétences.

Comment tu mènes les séances de découverte des notions ?

J’ai de la chance d’être en CM2 donc peu de découvertes de notions mais sinon je travaille en ateliers avec une progression commune mais adaptée. C’est à dire que j’ai face à moi un petit groupe de 10 élèves. Cela se rapproche d’un fonctionnement en classe flexible ou semi-flexible. (voir cet article)

Je n’ai pas encore osé faire travailler mes élèves seulement à partir du PDT. Pourtant je pourrais, pratiquement tout est prêt. Mais il faut avoir le soutien de sa direction et surtout des parents. Faire entendre aux parents que leurs enfants ne verront pas le programme de leur classe d’âge ce n’est pas facile à admettre. Mais je ne désespère pas me lancer dans les années à venir et même pourquoi pas l’année prochaine.

Comment aides tu tes élèves à choisir leurs compétences à travailler ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont encore à valider. Après, en fonction des notions que l’on a revu en classe, je les guide vers des compétences qu’ils peuvent potentiellement valider. Pour cela, le travail quotidien dans le cahier du jour et mes observations me le permettent.

Comment faites vous pour l’organisation ?

Nous remplissons le PDT parfois le vendredi en classe mais en début d’année, pour impliquer également les parents, je leur demande de le remplir le week-end. Toujours en fonction de leur degré d’autonomie. Un PDT se déroule sur une semaine parfois deux si il y a des événements ou jours fériés.

En classe, le temps alloué au PDT est de 45 minutes par jour. Cela constitue un atelier de 8/9 élèves. Je tourne sur 3 ateliers dans la matinée.

Comment mettez vous en place les toutes premières semaines avec le PDT ?

Les premières semaines, il faut beaucoup d’accompagnement. Les premiers PDT sont pré-remplis (ils arrivent en CM2 avec leur référentiel de ceintures déjà entamés) donc je reprends où ils se sont arrêtés en juin dernier.

J’explique ce que je veux et au fur et à mesure des semaines, je les laisse le remplir en fonction de leur degré d’autonomie.

Comment suivre leur avancement ?

Pour suivre leur avancement, eux on les référentiels de ceintures au format papier et moi j’ai un formidable tableur que j’ai partagé ici dans cet article.

Comment gérer les corrections ?

Et ben depuis que je travaille comme cela sans évaluation sommative pour toute la classe en fin de période je n’ai jamais eu aussi peu de correction. Nous avons créé des fiches d’évaluation courtes et claires qui vont à l’essentiel de la compétence évaluée. Cela va très vite à corriger et en cas d’erreur, la correction sera à faire par l’élève dans son parcours de travail de remédiation. En gros, j’ai une bonne trentaine de feuille chaque soir.

Pour les exercices d’entrainement, je corrige en direct. Certains se font même sur tablette avec des sites d’exercices en ligne. La validation est donc rapide pour l’enseignant.

Mon PDT

Je vous partage ici mon dernier Plan de Travail, celui de cette année. Il varie un peu tous les ans. Un grand merci à François Lamoureux et à Thomas Heniart.

Clique sur l’image pour accéder à la version PDF

 

En espérant que cet article aura permis de répondre à de nombreuses questions. N’hésitez pas dans les commentaires à continuer à en poser.

Merci.

Qu’est ce qu’un [Plan de Travail] ?

Mon évolution

Entrons tout de suite dans le vif du sujet. Pour cela il faut d’abord que je vous parle de mon évolution, de mon cheminement.
Pour différencier dans ma classe, à mes débuts, j’ai utilisé ce qui s’appelle une « feuille de route ». C’était un document simple qui était le même pour tous les élèves. Il y avait deux colonnes, une qui contenait le travail obligatoire et une autre qui contenait du travail supplémentaire pour les élèves qui allaient plus vite dans la résolution de leurs exercices. Cette fiche ne concernait que le français et les maths. Je choisissais moi-même les tâches. L’élève pouvait seulement choisir l’ordre dans lequel il allait les faire. Cet ordre aléatoire était le levier de motivation de l’élève. Sans cela, cette feuille de route n’avait aucun intérêt.

Donc mes objectifs, à l’époque, étaient que mes élèves soient motivés, choisissent eux-mêmes l’ordre des tâches afin de les rendre autonome mais aussi que tous ceux qui pouvaient aller plus loin puissent le faire. Qu’ils en fassent mais en fonction de leurs possibilités, de leurs capacités.

Ces « feuilles de route » sont une belle entrée dans la différentiation avec pour objectif principal de rendre autonome ses élèves. Mais sinon c’est très chronophage et les élèves motivés au début de la mise en place, s’ennuient vite et n’ont plus le même entrain..

Il me fallait donc changer mon organisation et évoluer. Coup de chance, un nouveau projet collectif allait tout changer.

Le plan de travail

Ce projet, c’est celui du collectif C2CEdu à l’initiative de François Lamoureux. Je le remercie donc de m’avoir entraîné dans cette aventure. Sans cela, je serais peut-être encore entrain d’utiliser mes feuilles de route.. qui sait.

Ce projet m’a entraîné dans de nombreuses lectures sur la pédagogie institutionnelle et les pédagogies coopératives (suivre le lien Amazon de mon blog pour y accéder).

J’ai donc commencé à utiliser et à travailler en véritable « plan de travail » à partir du moment où j’ai mis en place dans ma classe les « ceintures de compétences ». Je ne vous refaits pas un texte sur les ceintures, vous en trouverez de nombreux sur le blog. Retenez seulement que les objectifs de ce dispositif sont de motiver, individualiser mais surtout responsabiliser l’élève.

Revenons sur le « plan de travail ». Pour préparer un PDT, il faut tout d’abord plancher sur une matrice commune à tous mais surtout à des tableaux de suivi des compétences, ce que nous avons fait avec les référentiels de ceintures. Il faut aussi pouvoir proposer tout au long de l’année différents projets dans des domaines divers et variés.

Une fois cela construit, l’élève, en étant accompagné bien évidemment, peut s’emparer de cet outil et construire son « programme ». Grâce aux ceintures, les activités sont adaptées à chaque élève. Les projets peuvent être proposés par l’enseignant mais aussi être à l’initiative de l’élève.

L’élève remplit donc lui même son « plan de travail » en choisissant les activités dans les référentiels en commençant par les compétences qu’il pense savoir maîtriser. Il y ajoute ses projets qui peuvent être une production écrite, un chef-d’œuvre, une poésie, un exposé, etc..

L’enseignant guide et accompagne les élèves dans le choix des activités et les encourage à prendre des initiatives. Il devient alors complètement acteur de ses apprentissages.

Tous les « plan de travail » sont donc uniques. L’élève est autonome.

Pourquoi je râle sur les réseaux quand je vois des « plans de travail » qui n’en sont pas sur les réseaux.

Comme je le disais plus haut, depuis plusieurs années, je m’intéresse à la pédagogie. Pas au début de ma carrière car le temps manque un peu quand on commence une nouvelle vie. J’ai donc beaucoup lu sur les pédagogies coopératives (Freinet, Connac) et la pédagogie institutionnelle (Oury, un copain de Freinet).

Au fil des ans, le besoin de différencier est devenu indispensable.. et quand on débute dans le métier ce n’est pas le plus simple malheureusement car ce n’est pas vraiment ce que l’on nous sert en formation où le monde des bisounours est la référence..

Donc, si je tape le mot « différencier » ou « différentiation » sur Google, je tombe sur de formidables blogs de collègues profs (que j’adore pour leurs ressources) qui nous proposent leur dernier PLAN DE TRAVAIL !!!! Et quand j’ai commencé dans le métier, je les ai bénis.

Mais ces « PDT » sont souvent de vrais fourre-tout, on y met ce qu’on veut, on lui fait dire ce que l’on veut. Au gré des lectures sur les blogs, aucun PDT n’a le même but, n’a le même objectif.. et pourtant, tout le monde appelle cela un « plan de travail ».

Vous me direz qu’on peut bien donner le nom que l’on souhaite à ce que l’on fait et il est vrai que PDT sonne bien.. Mais bon, si on s’intéresse un peu à la pédagogie, on se doit d’être précis (je vais me faire taper sur les doigts car je suis loin d’être irréprochable).

Le « plan de travail » est un dispositif pédagogique.

C’est devenu une mode. Pas une classe que je visite, une stagiaire que j’observe n’utilise pas le fameux « plan de travail ». Pour le coup, je les encourage à poursuivre car j’encourage la différenciation, mais je leur glisse gentiment que cela ne s’appelle pas un PDT..

Mais plutôt une « feuille de route » car oui, je vais en froisser certains ou certaines mais ce que je découvre souvent, c’est plusieurs listes de tâches que l’élève peut réaliser dans l’ordre qu’il souhaite avec pour objectifs souvent de revoir et s’entraîner sur les notions vues la semaine dernière. Souvent, il est en trois versions avec des niveaux de difficulté différents.

Ce que je vous présentais dans la première partie de l’article, ce que je faisais à mes débuts, et ce que j’appelais aussi « plan de travail » car je ne m’étais pas encore intéressé aux différentes pédagogies..

C’est donc pour moi toute la différence, quand l’élève n’est pas impliqué ce ne peut être un PDT.

Bon, je critique, je critique, mais on a tous fait ça, moi le premier hein, car comme vous j’étais persuadé qu’un « plan de travail » c’était ça. J’ai fait confiance aux ressources sur lesquelles je suis tombé au gré de mes recherches sur le net et je ne veux pas leur jeter la pierre car quand j’ai débuté, cela m’a vraiment bien soulagé pour préparer ma classe et je l’espère accompagner au mieux mes élèves.

Je trouve que le tableau de Sylvain Connac est très représentatif des différentes appellations du sacro-saint « plan de travail ». Je le remercie d’ailleurs à travers cet article car ses livres et ses écrits m’ont beaucoup inspiré pour organiser ma classe et même écrire ces mots.

J’espère que ce petit billet vous permettra de découvrir ou redécouvrir ce qu’est un plan de travail. Je vous remercie de faire grandir ce tout petit blog années après années.

Et pour finir je vous laisse retrouver le PDT que mes élèves utilisent cette année dans cet article : mes outils pour la rentrée et je vous le détaillerais si vous le souhaitez dans un futur billet.

Et vous, que faites-vous dans vos classes pour mettre en place la différenciation et responsabiliser vos élèves ?

Les ceintures de comportement [Pédagogie institutionnelle]

On finit notre tour de la pédagogie institutionnelle avec les « ceintures de comportement ».

Le principe est simple, les élèves ont la possibilité de progresser dans les ceintures (comme au judo) en adoptant un bon comportement et en échange ils obtiennent des droits. Plus les ceintures sont hautes, plus les exigences sont grandes et les droits également.

Un système que je n’utilise pas dans ma classe mais je constate qu’un peu plus de 50% des collègues qui ont répondu au questionnaire l’ont mis en place.

Ces ceintures du comportement tiennent aussi une place importante dans la pédagogie institutionnelle.

Pour tout vous dire, cela a été la partie du questionnaire la plus difficile à réaliser. Les avis étaient très partagés.. Je vais malgré tout essayer de synthétiser cela. Et nous allons faire comme pour les ceintures de compétences, deux catégories.

Oui aux ceintures de comportement

  • Elèves conscients de leurs progrès.
  • Elèves sécurisés.
  • Implication de la classe si les privilèges viennent des élèves. Donne du sens.
  • Investissement pour progresser dans les ceintures, donc les droits et les responsabilités.
  • Elèves apprécient d’être jugé au mérite.
  • Beaucoup d’efforts pour bien se comporter au quotidien et progresser pour avoir plus de droits.

Non aux ceintures de comportement

  • Pas envie de catégoriser les élèves par leur comportement.
  • Trop chronophage. Le conseil d’élèves suffit.
  • Pas en accord avec le système ceintures=droits.

Voici pour cette série d’articles sur la Pédagogie Institutionnelle. J’espère que cela vous aura permis de découvrir ou redécouvrir cette pédagogie et aussi que cela vous donnera envie d’y piocher quelques principes pour construire la votre.

N’hésitez pas à me faire des retours sur des institutions que vous avez mis ou que vous souhaitez mettre en place.

A très vite pour de nouveaux billets.

Les ceintures de compétences [Pédagogie institutionnelle]


Pour les ceintures de compétences, je ne reviendrai pas sur son fonctionnement et sur leurs origines, je vous laisse pour cela parcourir mon site et le dernier article sur le sujet, ainsi que le blog du collectif @c2cedu dont je fais partie « nosceintures2compétences.org ».

On s’attache aujourd’hui au retour des enseignants utilisant ce système en classe. Sur les 15 enseignants qui ont bien voulu répondre à mon questionnaire, seulement 60% ont mis en place l’évaluation par ceintures de compétences dans leur classe. C’est assez peu. Je pense que certains ont envie, mais que la masse de travail en amont peu en décourager un bon nombre, ainsi que le fait de se sentir isolé dans un travail d’équipe. Cela bouge néanmoins et les articles, les partages sur le sujet pullulent..

En ce qui concerne le questionnaire, les collègues soulignent les bénéfices de travailler en ceintures malgré quelques limites constatées.

Les apports

Le premier point est la visibilité très précise au quotidien de la progression des élèves dans l’acquisition des compétences.

Le deuxième point est la création de parcours personnalisés et le respect du rythme de chacun en retirant tout le stress possible qu’il peut y avoir lors d’évaluation de fin de période par exemple.

Enfin, pour le troisième point, les réussites sont valorisées, les élèves deviennent autonomes et l’élève est acteur de ses apprentissages.

Cela reprend plus ou moins tout ce qui a déjà était dit sur les apports du fonctionnement en ceintures de compétences.

Les limites

Ce qui m’intéressait beaucoup plus, c’était recueillir les observations de mes collègues sur d’éventuelles limites, car aucune méthode n’est parfaite.

On note que les parents sont parfois un peu perdus et ont des difficultés à situer leur enfant.

Aussi, pour certains élèves, avancer à son rythme n’est pas motivant, et donc ils n’accrochent pas et se moquent de ne pas progresser dans l’acquisition des ceintures.

Des élèves ne rentrent pas dans cette « pédagogie », ils ne sont pas motivés pour passer les ceintures. Je mets donc moins de ceintures en place, je « mixe » les pédagogies. Céline

Une collègue attire aussi notre attention sur le fait de vouloir faire trop de ceintures pour tout et n’importe quoi.

Pour finir, une autre limite majeure, le fait d’être le seul dans l’école à fonctionner avec les ceintures ou même devoir garder ses élèves une seule année quand on aimerait les suivre sur plusieurs années avec ce système pour observer et constater leur progression.

Je suis d’ailleurs bien heureux d’avoir pu mettre les ceintures dans le projet d’établissement de mon école. Nous avons à ce jour un suivi sur 2 ans, bientôt 3 et j’espère encore plus dans les années à venir.

La monnaie intérieure [Pédagogie institutionnelle]

Petit retour sur ce que je dis aux parents lors de ma réunion de rentrée sur la mise en place d’une monnaie intérieure:

La monnaie intérieure vise à offrir aux élèves pour lesquels l’objet d’étude scolaire n’est pas une source de motivation intrinsèque suffisante pour s’investir dans un réel travail d’apprentissage une source de motivation extrinsèque.

Quelques principes :

  • La monnaie a un nom et une durée de validité (l’année scolaire)
  • La monnaie n’est pas un bon point. Elle correspond à un salaire (un dû) et non pas une récompense ou à un cadeau (qui dépend du bon vouloir de l’enseignant).
  • La monnaie rémunère le travail. Elle ne sanctionne pas uniquement les réussites mais le travail réalisé (un exercice fait ne devra pas être nécessairement « tout juste » pour être pris en compte).
  • La monnaie révèle et permet de travailler sur certains problèmes de société. 
  • La monnaie permet de régler les amendes (infractions aux règlements de la classe ou de l’école).
  • La monnaie prend sens grâce au marché (l’argent émis doit circuler : un marché ponctuera le versement des salaires)*
  • Chacun, enseignant compris, peut vendre et acheter. Les objets vendus doivent être manufacturés ou d’une valeur inférieure à 2€ (et bénéficier alors de l’accord préalable des parents pour la vente).

Mais tout cela je vous l’ai déjà exposé sur mon billet qui présentait la mise en place de la monnaie intérieure dans ma classe (le Cousteau: mise en place d’une monnaie intérieure).

Alors, je ne suis pas surpris mais seulement 1/4 des collègues qui ont répondu à mon questionnaire ont mis en place ce système.

Certains ne voient pas l’intérêt, d’autres l’ont envisagé mais n’ont jamais sauté le pas pour diverses raisons. Cela leur pose question, notamment à la vue de la société actuelle.

« Dans une société où la globalisation est à remettre en question, j’interroge toujours cette institution au regard des limites que je lui prête: gain, esprit de surenchère et de rentabilité des apprentissages » Loïs

Pour ceux qui l’ont mis en place, les apports sont significatifs.

« La monnaie donne vraiment du sens aux élèves et ils attendent avec impatience le marché de classe. Même les plus fainéants multiplient les exposés, les lectures en classe pour gagner de l’argent. Et ils savent se réguler pour ne pas avoir trop d’amendes » Claire

On note une plus grande motivation pour les élèves dans leur travail quotidien, une émulation au sein de la classe, un travail mathématiques avec les échanges réguliers et une grosse attente pour le marché intérieur de la fin de semaine.

Et vous ? Cela vous tente de la mettre en place ?

Un grand merci à Bruce Demaugé-Bost

Le Conseil d’élèves [Pédagogie institutionnelle]

Le conseil d’élèves issu de la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury a pour missions de régler les problèmes de la classe, de féliciter des camarades pour un comportement exemplaire ou des progrès, de discuter de la vie de la classe et de faire des propositions d’amélioration par exemple..

Il peut se tenir une fois par semaine et peut durer plus ou moins de temps en fonction des sujets à aborder.

Mise en place

Lors du conseil, est présent l’ensemble des élèves de la classe. Six élèves y tiennent un rôle particulier : le gardien du temps va s’assurer que les débats de chaque sujet n’excèdent pas cinq minutes, le messager va éventuellement chercher des élèves d’autres classes concernés par les thèmes abordés lors du conseil, le président du conseil et le vice-président vont interroger les différents élèves en conflits ainsi que les témoins, le secrétaire note les échanges et décisions prises lors du conseil et enfin, le gardien des gêneurs. Le cahier de conseil mentionne d’ailleurs les prénoms de ces six élèves ainsi que leur rôle sur une période de temps déterminée.

Pour préparer ses conseils, on peut mettre en place un cahier de conseil en libre accès. Les élèves peuvent ainsi y renseigner leurs propositions et les thèmes qu’ils souhaitent aborder.

On peut même y ajouter plusieurs colonnes pour faciliter le travail du secrétaire. Par exemple, l’élève va y mettre son nom, la date et si pour le conseil, il souhaite faire une proposition, donner des félicitations, aborder un problème ou simplement poser une question.

Le Conseil est le garant du bien-être du groupe où tout peut être dit, en toute confidentialité. Aussi, si il y a un vote à faire, il peut très bien être organisé à bulletin secret.

« Cœur névralgique qui décide du fonctionnement de classe, des évolutions, des projets » Loïs

Au quotidien

Je constate parmi les réponses obtenues que sa mise en place et le rythme des conseils n’est pas toujours facile à gérer, aussi bien par les enseignants que par les élèves.

« Au début de l’année, lors de la mise en place, la place des problèmes peut peser car ça prend beaucoup de temps ! Mais, ensuite, du pur bonheur quand les élèves ont conscience que leurs idées peuvent devenir réelles ! » Céline

C’est donc un gros travail de préparation en amont avant de se lancer. Et une fois mis en place, il faut s’armer de patience pour commencer à en apprécier les bénéfices. Les premiers conseils peuvent parfois être long au début, le temps que la classe y trouve son rythme.

« Le moment préféré de la semaine pour les élèves. Ils y règlent des problèmes de la cour, font beaucoup de propositions, changent de place avec un camarade s’il est d’accord, proposent des solutions pour améliorer l’ambiance ou la vie de classe, proposent de nombreux métiers, nous en avons près de 30 ! Ils s’excusent auprès des autres s’il y a eu conflit, se félicitent pour leurs exposés etc, informent la classe des événements du week-end (par ex : brocante, spectacle de danse etc) ! » Claire

C’est un moment apprécié par les élèves car ce sont les élèves qui prennent les décisions. Ils y accordent beaucoup d’importance car leur parole est entendue et prise en compte.

Malgré tout, la peur que ce moment deviennent un règlement de compte en freine certains dans la mise en place de cette institutions.

En maternelle, avec des plus petits, c’est un peu plus difficile mais leur parole est entendue et ils apportent parfois des idées sur les projets et le quotidien de la classe.

Et vous alors, prêts à vous lancer ?

Le quoi de neuf ? [Pédagogie institutionnelle]

Pour commencer, petit rappel de mon premier article :

Le quoi de neuf est un temps de parole quotidien au cours duquel, le matin en arrivant, l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager. Le but est double :

  • Tout d’abord, permettre à l’enfant de déposer ce qui lui tient à cœur, afin d’être ensuite plus disponible pour entrer dans les activités scolaires. C’est une transition entre l’école et la maison.
  • Mais aussi, encourager l’expression orale, en mettant en place des situations de communication vraies au cours desquelles l’élève s’adresse à la classe parce qu’il a réellement quelque chose à lui dire.

Il faut noter que 3/4 des professeurs qui ont répondu au questionnaire ont mis en place le « quoi de neuf » dans leur classe.

Alors, en situation réelle, quels sont les apports ?

Pour commencer, c’est un moment de transition entre l’école et la maison qui permet de poser les enfants à leur entrée en classe. On apprend à se connaitre, on découvre ses élèves/camarades. On valorise l’esprit d’initiative et les talents.

« J’aime bien donner une amorce de phrase comme par exemple: Je pensais ne jamais réussir…et puis… » Elodie

On y travaille également beaucoup le langage et le domaine « Questionner le monde » au cycle 2.

Et les limites ?

Les élèves ont le choix de présenter ce qu’ils souhaitent mais parfois, comme les réponses obtenues le soulignent, ce n’est pas toujours très intéressant, et certains même ne parlent jamais. Autre problème, certains élèves n’écoutent pas..

Parmi ceux qui ne l’ont pas mis en place, vient le problème du temps. Effectivement, c’est un temps à bien organiser dans sa journée et ce n’est pas un moment toujours facile à caser dans des journées toujours plus longues..

Enfin, tous ont souligné l’importance de ce temps de parole en classe sur des sujets non scolaire qui participe à définir une ambiance de classe sereine et motivante.

Les métiers / Les responsabilités [Pédagogie institutionnelle]

Parmi les nombreuses institutions/outils de la pédagogie institutionnelle se trouve les métiers ou plus communément appelés les responsabilités. Il convient de les appeler responsabilités quand on choisit de les faire changer régulièrement au contraire des métiers qui restent tant que les élèves ne demandent pas à l’arrêter. (merci Christelle)

La mise en place de ce dispositif en classe permet aux élèves de se responsabiliser, de développer leur autonomie, de prendre des initiatives mais aussi de coopérer en équipe pour une même tâche.

« Mon meilleur métier: portier, afin que je reste avec le groupe classe, il appelle les enfants qui partent chez eux et récupère les demandes des parents. » Loïs PS/MS/GS

Ces métiers permettent aux élèves de s’investir dans la classe et de leur donner une place dans le groupe. Ainsi, les élèves se sentent utiles et ont envie de bien faire pour prendre soin de leur classe. Certains métiers leur permettent aussi de prendre la parole devant le groupe et de s’approprier l’espace classe.

La réalisation de leur métier ou non amène à des discussions lors du conseil.

Quelques inconvénients tout de même, certains métiers peuvent être difficile et peuvent amener à des conflits. Par exemple, les surveillants et chefs de rang qui doivent noter les prénoms de ceux qui ne respectent pas les règles. Pas simple d’être à la fois sévère et tolérant.

Et vous, utilisez vous les métiers ou responsabilités dans votre classe ?

En savoir plus sur ma roue des responsabilités

illustration @mysticlolly

Pourquoi mettre en place la pédagogie institutionnelle ?

Dans cet article, je vais revenir sur les différentes motivations qui poussent à se tourner vers la mise en place de la pédagogie institutionnelle dans sa classe ou seulement en y utilisant quelques éléments.

Je voulais commencer par remercier Delphine, Claire, Loïs, Mathias, Séverine, Yoann, Else, Christelle, Céline, Elodie, Delphine, Véronique, Mickaël et Sophie.

Pourquoi ont-ils souhaité mettre en place des éléments de la PI dans leur classe ?

Certains se sont lancés car ils étaient attirés par le dispositif des ceintures de compétences, outil majeur de la PI. Elles permettent d’accroitre la motivation des élèves mais aussi de répondre à une problématique de classe qui est la différentiation. De fil en aiguille, ils ont poussé leurs recherches et ajouté de plus en plus d’éléments de la PI à leur quotidien.

Pour d’autres, la PI et ses institutions leur permettent de garder un climat de confiance au sein de la classe. En sortant du cadre scolaire, parfois trop rigide, pour permettre à chaque élève de trouver sa place. Pour ce faire, la PI met en avant la prise en compte de la parole de l’enfant, de leurs besoins et leurs différences.

« Mon but était de permettre aux élèves de prendre en charge leur vie d’écolier, de prendre en compte l’autre comme un atout pour son avancée et de régler les conflits ensemble. » Céline CE1/CE2

Notamment avec la mise en place du conseil d’élèves. Ce qui permet de construire un groupe, un collectif, une cohésion de classe et faire face à certaines difficultés comme la violence par exemple.

La PI est utilisée également en maternelle mais aussi en SEGPA.

Ce qui revient dans les réponses de mes collègues c’est que, comme vous l’avez lu, la PI participe à instaurer un climat de classe où, aussi bien l’élève que l’enseignant, tout le monde y trouve sa place et est écouté.

« J’ai mis en place la PI car cela correspondait à ma vision du métier et de l’accompagnement que je souhaitais mener auprès de mes élèves. » Séverine MS/GS

Une anecdote, une remarque concernant la PI ?

Pour terminer, je vous partage plusieurs anecdotes qui ont attiré mon attention:

Séverine:

« Ces dispositifs ont essaimé dans mon école. Depuis d’autres classes mettent en place le conseil et le quoi de neuf. Autre anecdote : mes élèves ont réalisé des vidéos à destination des TPS/PS pour leur expliquer les messages clairs. »

Christelle:

« Nouvelle institution installée dans ma classe : la météo des émotions. Elle a lieu après le quoi de neuf avant de commencer le travail officiel de classe. Si je l’oublie, les élèves savent me le rappeler. »

Véronique:

« Tous ces éléments de PI sont étroitement imbriqués comme un système, si j’enlève un élément, un déséquilibre se crée dans le groupe et patatras. »

Claire:

« Cette PI a totalement changé ma manière d’enseigner et je l’applique dans n’importe quelle école. Les enfants et les parents y ont toujours entièrement adhéré. Les enfants sont pleinement impliqués dans la vie de la classe et y proposent régulièrement des évolutions. »

 

La pédagogie institutionnelle

Depuis plusieurs années je m’intéresse et je mets en place dans ma classe la pédagogie institutionnelle issue de Fernand Oury. J’ai donc décidé de vous en parler dans une série d’articles sur mon blog en commençant par une présentation générale. Ensuite j’entrerai dans les détails en abordant les différents outils à mettre en place au sein de la classe. Pour cela, j’ai construit un questionnaire puis j’ai invité des collègues enseignants à y répondre. Cela permettra d’étayer et d’illustrer mes futurs articles.

Ces prochains articles se baseront donc sur les réponses obtenues auprès de 14 charmants collègues qui ont bien voulu me donner un peu de leur temps. Je les remercie et les citerai lors du prochain article qui répondra à deux questions: Pourquoi mettre en place la PI dans sa classe et quels en sont les bénéfices ?

Alors, qu’est ce que la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury ?

La pédagogie institutionnelle a été élaborée par Fernand Oury et Raymond Fauvieille.

Son but est d’établir, de créer, et de faire respecter des règles de vie dans l’école, par des institutions appropriées.

Si l’enfant perçoit le lieu classe comme un endroit de repères, de sécurité, de vie, où l’on peut régler des questions, il va progressivement prendre en charge sa vie d’écolier. Il va garder ou retrouver le goût d’apprendre, à travers son engagement, ses initiatives…

Les institutions visent à faire vivre le groupe, permettre la circulation de la parole et à faire le point sur la vie du groupe ; elles sont ce que l’on pourrait appeler « règles de vie communes », qu’il faut expliciter pour comprendre ce qui est en œuvre dans la classe. Par exemples, les ceintures de comportement matérialisent la position provisoire de chacun par rapport aux exigences de la vie au sein du groupe. Quant au conseil, clé de voûte de l’approche institutionnelle, il est le lieu de parole et de décision. Ces institutions comprennent également les métiers, qui sont un partage des tâches utiles à la vie de la classe et la boîte à tout, boîte dans laquelle les élèves peuvent déposer une critique, une plainte ou une proposition pour la classe. Sans oublier les ceintures de compétences et la monnaie intérieure.

Qui en est à l’origine ?

Fernand Oury et Raymond Fonvieille étaient deux instituteurs de la région parisienne qui participaient également activement au mouvement Freinet, en le transposant en milieu urbain (le mouvement étant initialement rural).

Quels en sont les principaux outils ?

L’institution clé consiste essentiellement en des « lieux de paroles » mis en place dans les classes. L’entraide et la fraternité existent et l’enseignant donne toute sa place à la parole de l’enfant.

  • Le quoi de neuf ?

Le quoi de neuf est un temps de parole quotidien au cours duquel, le matin en arrivant, l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager. Le but est double :

Tout d’abord, permettre à l’enfant de déposer ce qui lui tient à cœur, afin d’être ensuite plus disponible pour entrer dans les activités scolaires. C’est une transition entre l’école et la maison.

Mais aussi, encourager l’expression orale, en mettant en place des situations de communication vraies au cours desquelles l’élève s’adresse à la classe parce qu’il a réellement quelque chose à lui dire.

  • Le conseil de classe coopératif

Le conseil de classe coopératif est la réunion des élèves où se discute tout ce qui a trait à la vie de la classe. Généralement hebdomadaire, il traite du règlement des conflits, des projets, des décisions à prendre.

Un enfant à qui on laisse faire tout ce qu’il veut ne peut pas avoir envie de grandir : un enfant peut se constituer contre une loi, mais pas contre du brouillard. Il faut qu’il y ait des lois en classe qui ne soient pas transgressées ; si elles le sont, on en parle au conseil.

  • Les ceintures de compétences

Pour élaborer les ceintures de compétences, Oury s’est inspiré de son expérience de judoka, partant du postulat de départ qu’une classe homogène n’existe pas. Les ceintures de niveau permettent aux enfants d’évaluer leur réussite dans tel ou tel domaine d’activité de la classe. Une ceinture élevée se doit d’aider un débutant ; autrement dit, plus un enfant a une ceinture élevée, plus on peut être exigeant avec lui. Grâce au tableau des ceintures affichées en permanence dans la classe, les enfants savent toujours où ils en sont.

  • La monnaie intérieure

La monnaie intérieure vise à offrir aux élèves une source de motivation intrinsèque suffisante pour s’investir dans un réel travail d’apprentissage.

Comme le présente très bien le site de l’icem34, la monnaie intérieure permet à des enfants de mettre un premier sens au travail scolaire, permet aux enseignants de faciliter la mise en place des valeurs coopératives, permet à une classe d’aider les enfants les plus en difficulté et enfin, prépare les enfants à l’utilisation de l’argent en tant qu’adultes.

Quelques conseils de lecture :

« Vers une pédagogie institutionnelle » par Oury Fernand et Vasquez Aïda

« De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle » par Oury Fernand et Vasquez Aïda

« Qui c’est l’conseil ? » par Oury Fernand et Pochet Catherine

« Pédagogie institutionnelle, Mise en place et pratique des institutions dans la classe » par Oury Fernand et Thébaudin Françoise

« La pédagogie institutionnelle en maternelle », Isabelle Robin

« L’école, le désir et la loi – Fernand Oury et la pédagogie institutionnelle » – Histoire, concepts, pratiques, éditions champ social, Raymond Bénévent, Claude Mouchet.

Jacomino, Baptiste, Freinet et la coopération, Paris, Les Cahiers pédagogiques, 2013. N° 505 http://www.cahiers-pedagogiques.com/Freinet-et-la-cooperation