Les ceintures de comportement [Pédagogie institutionnelle]

On finit notre tour de la pédagogie institutionnelle avec les « ceintures de comportement ».

Le principe est simple, les élèves ont la possibilité de progresser dans les ceintures (comme au judo) en adoptant un bon comportement et en échange ils obtiennent des droits. Plus les ceintures sont hautes, plus les exigences sont grandes et les droits également.

Un système que je n’utilise pas dans ma classe mais je constate qu’un peu plus de 50% des collègues qui ont répondu au questionnaire l’ont mis en place.

Ces ceintures du comportement tiennent aussi une place importante dans la pédagogie institutionnelle.

Pour tout vous dire, cela a été la partie du questionnaire la plus difficile à réaliser. Les avis étaient très partagés.. Je vais malgré tout essayer de synthétiser cela. Et nous allons faire comme pour les ceintures de compétences, deux catégories.

Oui aux ceintures de comportement

  • Elèves conscients de leurs progrès.
  • Elèves sécurisés.
  • Implication de la classe si les privilèges viennent des élèves. Donne du sens.
  • Investissement pour progresser dans les ceintures, donc les droits et les responsabilités.
  • Elèves apprécient d’être jugé au mérite.
  • Beaucoup d’efforts pour bien se comporter au quotidien et progresser pour avoir plus de droits.

Non aux ceintures de comportement

  • Pas envie de catégoriser les élèves par leur comportement.
  • Trop chronophage. Le conseil d’élèves suffit.
  • Pas en accord avec le système ceintures=droits.

Voici pour cette série d’articles sur la Pédagogie Institutionnelle. J’espère que cela vous aura permis de découvrir ou redécouvrir cette pédagogie et aussi que cela vous donnera envie d’y piocher quelques principes pour construire la votre.

N’hésitez pas à me faire des retours sur des institutions que vous avez mis ou que vous souhaitez mettre en place.

A très vite pour de nouveaux billets.

Les ceintures de compétences [Pédagogie institutionnelle]


Pour les ceintures de compétences, je ne reviendrai pas sur son fonctionnement et sur leurs origines, je vous laisse pour cela parcourir mon site et le dernier article sur le sujet, ainsi que le blog du collectif @c2cedu dont je fais partie « nosceintures2compétences.org ».

On s’attache aujourd’hui au retour des enseignants utilisant ce système en classe. Sur les 15 enseignants qui ont bien voulu répondre à mon questionnaire, seulement 60% ont mis en place l’évaluation par ceintures de compétences dans leur classe. C’est assez peu. Je pense que certains ont envie, mais que la masse de travail en amont peu en décourager un bon nombre, ainsi que le fait de se sentir isolé dans un travail d’équipe. Cela bouge néanmoins et les articles, les partages sur le sujet pullulent..

En ce qui concerne le questionnaire, les collègues soulignent les bénéfices de travailler en ceintures malgré quelques limites constatées.

Les apports

Le premier point est la visibilité très précise au quotidien de la progression des élèves dans l’acquisition des compétences.

Le deuxième point est la création de parcours personnalisés et le respect du rythme de chacun en retirant tout le stress possible qu’il peut y avoir lors d’évaluation de fin de période par exemple.

Enfin, pour le troisième point, les réussites sont valorisées, les élèves deviennent autonomes et l’élève est acteur de ses apprentissages.

Cela reprend plus ou moins tout ce qui a déjà était dit sur les apports du fonctionnement en ceintures de compétences.

Les limites

Ce qui m’intéressait beaucoup plus, c’était recueillir les observations de mes collègues sur d’éventuelles limites, car aucune méthode n’est parfaite.

On note que les parents sont parfois un peu perdus et ont des difficultés à situer leur enfant.

Aussi, pour certains élèves, avancer à son rythme n’est pas motivant, et donc ils n’accrochent pas et se moquent de ne pas progresser dans l’acquisition des ceintures.

Des élèves ne rentrent pas dans cette « pédagogie », ils ne sont pas motivés pour passer les ceintures. Je mets donc moins de ceintures en place, je « mixe » les pédagogies. Céline

Une collègue attire aussi notre attention sur le fait de vouloir faire trop de ceintures pour tout et n’importe quoi.

Pour finir, une autre limite majeure, le fait d’être le seul dans l’école à fonctionner avec les ceintures ou même devoir garder ses élèves une seule année quand on aimerait les suivre sur plusieurs années avec ce système pour observer et constater leur progression.

Je suis d’ailleurs bien heureux d’avoir pu mettre les ceintures dans le projet d’établissement de mon école. Nous avons à ce jour un suivi sur 2 ans, bientôt 3 et j’espère encore plus dans les années à venir.

Les ceintures de compétences [Rappel]

Un peu d’histoire

Parce qu’il pratiquait le judo, l’idée d’évaluer par ceintures est venue à l’instituteur Fernand Oury dans les années 1970. Il avait observé la capacité des judokas à coopérer malgré les écarts de niveaux dans le groupe. A l’origine de la « pédagogie institutionnelle », Fernand Oury a transféré ce qui fonctionnait dans cette pratique sportive aux préoccupations pédagogiques.

Pourquoi les ceintures

RENDRE L’ÉLEVE ACTEUR DE SON APPRENTISSAGE

Le but de l’enseignant qui propose une ceinture pour évaluer une compétence n’est pas d’évaluer, mais plutôt d’offrir un outil à l ’élève afin qu’il mesure lui-même ses progrès et ce qu’il reste à faire pour maîtriser davantage la compétence travaillée.

Une ceinture c’est

« Un outil:

  • de mesure de la progression des élèves dans l’acquisition d’une compétence,
  • de communication avec les élèves pour les faire entrer dans une démarche d’acquisition d’une compétence,
  • d’appropriation des critères de réussite, de façon progressive et graduée,
  • de réflexion d’enseignants sur les critères et la progressivité de l’acquisition d’une compétence »1.
  • de suivi de la progression de chaque élève.

Une ceinture ce n’est pas

  • Un outil sommatif qui ne serait utilisé qu’une fois par l’enseignant.
  • Une méthode infaillible pour acquérir tous les éléments constitutifs de l’exercice d’une compétence. L’enseignant doit donner, par sa pratique quotidienne, les moyens à l’élève d’accéder à la ceinture supérieure.
  • Un « tableau » exhaustif de l’ensemble des savoirs à acquérir.

Comment construire les ceintures

La ceinture blanche, première ceinture, doit être obtenue facilement pour rassurer les plus faibles. Elle doit marquer un premier engagement dans le travail.

Exemple : Ceinture / S’exprimer à l’oral :

J’ai traité le sujet

Je suis capable de prendre la parole devant le groupe.

La ceinture rouge, dernière ceinture, doit proposer aux meilleurs élèves un horizon d’approfondissement qui pourrait aller au-delà des attentes des programmes.

Exemple : Ceinture / Rédiger un texte :

Je sais construire un texte en inscrivant mon récit dans la longue durée en faisant référence à des échelles de temps différentes.

Entre les deux ceintures, il faut ajouter progressivement des éléments de difficulté.

Chaque professeur peut se lancer dans la construction de ceintures mais il est plus intéressant que cet outil serve à une réflexion d’équipe :

  • Disciplinaire : les professeurs d’histoire-géographie d’un établissement peuvent discuter et mettre en place des ceintures similaires pour donner du sens aux élèves qui changent d’enseignants au cours du même cycle.
  • Pluridisciplinaire : des ceintures transdisciplinaires peuvent être construites par des enseignants d’une même équipe pédagogique (sur l’oral ou l’argumentation par exemple).

Le principe

  • Valider des ceintures (comme au judo)
  • Chaque ceinture regroupe plusieurs compétences
  • Tout le monde démarre à la même ceinture
  • Il n’y a pas de retour en arrière
  • Pour passer une ceinture, il faut absolument avoir la précédente

Chaque semaine, les élèves reçoivent un plan de travail hebdomadaire dans lequel ils devront indiquer les compétences qu’ils souhaitent valider sur une semaine.

En fonction du degré d’autonomie, les élèves sont libres du choix des compétences et de l’impression des fiches associées. Au départ, c’est le maître qui les guide dans ce choix.

Dans l’emploi du temps, il y a des plages de « travail personnel ». Ce sont durant ces plages que l’élève complète son plan de travail. Il peut également l’avancer lorsqu’il a terminé les autres tâches qui lui sont demandées.

Les fiches sont corrigées par l’enseignant. Le résultat (vert, orange ou rouge) doit être reporté immédiatement dans le plan de travail hebdomadaire puis dans le référentiel des ceintures. L’élève bénéficie de 3 essais pour valider la compétence qu’il souhaite évaluer.

Si la compétence est validée lors du premier essai, il n’est pas nécessaire de faire les suivants.

Les grands principes

1. Permettre aux élèves d’avancer à leur rythme

Cette démarche a pour but d’aider les enfants à avancer dans les apprentissages à partir d’où ils en sont.

Un élève en difficulté aura plus de temps pour acquérir une notion avant de passer à une autre. Ce qui n’est pas possible si on évalue tous les élèves sur la même compétence à un instant T.

De la même manière, un élève qui a des facilités, pourra aller plus loin sans attendre le reste de la classe.

Chaque élève aura un parcours individualisé et personnalisé en fonction de ses forces et faiblesses. Chaque élève avance à son rythme.

2. Une dynamique de réussite

On est tous doués pour quelque chose. Certains sont plus à l’aise en maths, d’autres en français. Le système de ceintures permet aux élèves de situer leurs forces et leurs faiblesses.

Un élève peut être ceinture bleue en numération et ceinture verte en orthographe. Dans ce cas, l’élève est valorisé par sa ceinture bleue puisqu’il peut être tuteur et superviser des camarades dans cette discipline, mais il sait aussi, qu’il doit renforcer ses compétences en orthographe.

Il pourra également faire appel à ses camarades de ceinture plus élevée pour l’aider.

3. La coopération, l’entraide et l’autonomie

Un système de tutorat se met en place au fil de l’avancement du dispositif. Aussi, plus l’élève devient autonome, plus il est chargé de responsabilités.

De manière générale, ce système vise à développer l’autonomie des élèves en leur permettant de devenir acteur de leurs apprentissages. Ils apprennent à travailler pour eux.

4. La visibilité

Grâce aux ceintures, l’enseignant, la famille et surtout l’élève sait exactement où il se trouve dans les apprentissages.

Ce dispositif rend beaucoup plus clairs les livrets traditionnels qui ne renseignent pas sur l’état d’acquisition des compétences par l’élève.

Les ceintures, elles, permettent de savoir plus finement ce qui bloque et d’y remédier efficacement.

5. Dédramatiser l’évaluation et en faire un outil pour se construire

L’évaluation engendre souvent du stress pour l’élève. Ce ne devrait pas être le cas, car les meilleurs apprentissages se construisent sur nos erreurs. Il faut parfois se tromper pour progresser.

Le fait d’avoir plusieurs essais permet à l’élève de rentrer dans cette logique. Il est évalué tous les jours et cela devient une habitude. Plus de stress avant les « contrôles ».

Exemple d’affichage des ceintures pour tutorat

Merci à François Lamoureux, Samira Hallaouy Nougué, Thomas Héniart et toute l’équipe C2C Edu.

N°1 – Rallye-lecture.fr [Les indispensables]

Premier billet d’une petite série consacrée aux « indispensables ». Je souhaite vous faire connaître si ce n’est pas déjà le cas les sites incontournables pour les élèves à utiliser en classe.

On commence avec un site que finalement peu d’enseignants connaissent : rallye-lecture.fr

Je vous imagine déjà devant votre écran crier au scandale mais oui, je vous le confirme, peu d’enseignants connaissent ce formidable outil. (Il y a deux semaines encore, une enseignante en formation me disait qu’elle était actuellement entrain de lire une trentaine de livres et de réaliser des questionnaires pour fabriquer elle même son rallye). C’est louable et je reconnais l’avoir aussi déjà fait, il y a quelques années.

La page d’accueil une fois connecté

Enfin, pour 11€ environ l’année, vous pouvez créer votre propre rallye-lecture sur le site soit en y ajoutant vos propres questionnaires, soit en sélectionnant les questionnaires existants. Vous avez le choix parmi 12 000 questionnaires. Assez pour construire un rallye-lecture à partir des livres de votre bibliothèque de classe.

Ensuite, les élèves peuvent s’y connecter en autonomie et répondre aux questions.

Voici comment se présente un questionnaire

Il vous faudra auparavant entrer vos élèves (vous pouvez même faire des groupes avec des rallyes de différents niveaux).

Un identifiant et un mot de passe pour la classe + un code à 3 chiffres pour l’élève et le tour est joué.

Du coté de l’enseignant, on peut voir la progression des élèves et leurs différentes lectures.

Les résultats en détail

Et pour donner un peu de piment au rallye, on peut paramétrer les points rapportés par les élèves lors de leurs lectures. Ce n’est pas le but, nous sommes bien d’accord, mais cela permet à certain de se dépasser.

Ainsi, il y a 3 podiums qui s’affichent: le principal (nombre de points), celui d’endurance (nombre de livres lus), et le prix d’excellence (meilleure moyenne) qui est celui qui m’intéresse le plus.

Les podiums

Nous sommes d’accord, ces derniers sont anecdotiques mais stimulent tout de même les élèves. Surtout que sur le site, il est possible d’acheter quelques badges et stickers comme récompenses.

C’est clairement un site indispensable pour organiser simplement un rallye-lecture en introduisant une touche de numérique dans sa classe. C’est rapide à mettre en place et le prix pour une année est dérisoire. Je vous invite grandement à essayer si cela n’est pas encore fait.

Et je vous dis à très vite pour un deuxième indispensable.

Premier retour sur les parcours d’entrainement #ceintures [trimestre 1]

Petit retour sur les parcours que j’ai mis en place cette année dans ma classe. C’est une part importante dans l’organisation de la classe qui est basée sur la pédagogie différenciée et l’évaluation par ceintures de compétences.

J’avais déjà fait un article début septembre pour vous présenter le fonctionnement des parcours. Je vous invite à la parcourir avant de lire la suite : mes parcours pour les ceintures.

Je suis très satisfait de ce fonctionnement qui m’a tout de même demandé beaucoup de préparation en amont. Les élèves les plus autonome guident maintenant ceux qui ont le plus de difficultés pour s’y retrouver. Cela me permet vraiment de me concentrer sur le travail individualisé de chacun et d’être beaucoup plus disponible.

Quand un élève choisit de passer l’essai 2 ou 3 d’une compétence qu’il n’a pas validée, il le note dans son plan de travail puis va chercher seul le parcours correspondant sur OneNote. Il a parfois quelques difficultés à identifier le parcours correspondant à la compétence (je pense qu’il me manque un grand affichage classe — work in progress) mais grâce au tutorat cela va de mieux en mieux.

De toute manière, quand je présente ce mode de fonctionnement, je dis souvent que la classe commence à tourner toute seule à partir de janvier.

Un grain de sable se glisse parfois dans le mécanisme huilé des parcours quand par exemple les élèves perdent leur essai 1 ou 2 à corriger par manque d’organisation. Mais aussi quand des petits malins essaient de passer outre les nouveaux exercices d’entrainement et la correction en allant voir un élève d’autonomie 4 qui à le droit d’imprimer des essais.. Mais dans l’ensemble tous les élèves se sentent concernés et adorent travailler en autonomie sans le maître derrière leur dos..

Je suis vraiment ravi de ce système d’organisation même si à l’avenir il faudrait que les exercices d’entrainement supplémentaires soient autocorrectifs ou en ligne (ce sera mon chantier des prochaines vacances d’été, mais cela devrait être rapide).

Et pourvu que ça continue..

Evaluer avec Plickers


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On a parfois envie d’évaluer ses élèves très rapidement sur une notion, mais cela est souvent couteux en temps et en matériel.

Je pense bien évidemment aux photocopies mais aussi aux traditionnels levers d’ardoises.

Plickers propose une solution très simple quoiqu’un peu fermée car elle nous oblige à utiliser les QCM.

Je vous rappelle le principe très rapidement : les élèves se voient attribuer une carte qui contient un symbole. En fonction de l’orientation de ce symbole, l’élève va choisir entre 4 réponses possibles : A B C ou D. A l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, l’enseignant va scanner les cartes des élèves et tous les résultats s’affichent en direct sur le site via le web.

Prenons un exemple :

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L’enseignant prépare ses questions et indique la bonne réponse. Il les affiche ensuite au tableau (TBI ou vidéo-projecteur) puis scanne les réponses des élèves. L’affichage des résultats est en temps réel. On remarque le graphique avec les choix de la classe. En vert le nombre d’élèves qui a bien répondu, en rouge, les mauvais choix.

Mais si on creuse un peu plus dans les résultats, on obtient le détail par élève pour chaque question.

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Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, une page affiche un récapitulatif final de toute la classe. On peut alors voir le pourcentage de bonnes réponses par élève et savoir précisément où la ou les erreurs ont été commises.

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Voici une façon simple et rapide d’évaluer vos élèves. Les résultats s’affichent en temps réel ce qui permet de rebondir très facilement sur les difficultés observées.

Et vous, comment évaluez vous rapidement vos élèves ?

Les ceintures de compétences dans les classes de la team @c2cedu [vidéo]

Et c’est parti pour une nouvelle vidéo qui présente le dispositif des ceintures de compétences dans les différentes classes des enseignants qui composent la team @c2cedu.

Montage réalisé par François Lamoureux et texte de description par Séverine Haudebourg.

Les ceintures de compétences sont un aspect parmi bien d’autres de la pédagogie institutionnelle, et peuvent être comprises comme un dispositif d’évaluation organisé par paliers de compétences. Leur maîtrise est représentée par une gradation de couleurs, comme au judo. Cet outil permet de mettre en place au sein de la classe une évaluation continue par compétences (allant des plus simples aux plus complexes), une différenciation réelle dans les apprentissages et les rythmes d’acquisition, une autonomie des élèves, une prise de parole et des échanges coopératifs entre pairs.

Elaboré par Fernand Oury dans les années 1970, ce dispositif devait être repensé pour s’adapter à notre temps et aux élèves dont nous avons la charge aujourd’hui. C’est dans cette démarche que l’intégration d’outils numériques s’est imposée naturellement : l’utilisation d’ordinateurs, d’appareils photographiques numériques, de tableaux interactifs et, plus récemment, de tablettes tactiles et autres réseaux sociaux comme Twitter.

Dans un fonctionnement de classe en ceintures de compétences, le numérique est un outil parmi d’autres (au même titre qu’une feuille ou un crayon), mais pas tout à fait comme un autre puisqu’il ouvre sur un monde de possibles… L’élève, responsabilisé dans son parcours d’apprentissage et dans son travail, n’hésite plus à agir pour garder une trace photographique ou sonore de ses productions, à choisir et aller chercher les supports nécessaires pour une activité, à demander de l’aide à l’un de ses camarades, à communiquer avec les autres sur ses découvertes au sein de son groupe comme sur Internet avec le blog ou la twittclasse.
La classe est un lieu de vie, d’échanges, de questionnements, de recherches, de repères et de sécurité. Dans cet esprit, le numérique est un outil facilitateur d’apprentissages et de communication, s’adaptant aux possibilités de chacun.
En effet, les enfants les plus jeunes comprendront l’utilité de photographier leurs réussites (permettant une valorisation et une validation de leurs acquis), ou encore de la liberté de choix dans les phases d’entraînements et d’activités liées au plan de travail (applications et logiciels éducatifs, recours aux Q-R codes, …). Les plus grands, eux, sauront utiliser également les outils numériques pour gagner davantage en autonomie : impression de fiches de travail, réalisation de capsules vidéo pour présenter une leçon à ses camarades, validation de ses compétences avec des applications interactives, communication aux familles des avancées et des bilans d’acquisition, etc. Le numérique dans les ceintures de compétences favorise bien les parcours individuels et les démarches d’évaluation positive et bienveillante préconisées par les instructions officielles.

Si le numérique a pleinement sa place et son utilité à l’école, il en est de même hors la classe ! Convaincue par les pédagogies innovantes et le travail collaboratif, notre association a réuni une trentaine d’enseignants autour d’un projet un peu ambitieux : élaborer des référentiels de ceintures de compétences allant de la maternelle au CM2 (voire début collège). Ce travail s’est effectué à distance -les enseignants étant répartis sur toute la France et même hors frontières-, en utilisant des outils ou réseaux sociaux tels que Twitter ou Slack, et des plateformes de travail comme OneNote. Des équipes de cycles ont été constituées et les nouveaux programmes intégrés. Ce travail collaboratif a permis la diffusion de ces référentiels sur le blog nosceintures2competences.org en août dernier.

Vie de classe : Les ceintures de compétences [Vidéo]

Les corsaires du comportement

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Cette année, le thème de la classe, c’est la Bretagne et plus particulièrement la cité corsaire de St Malo. Cela devrait se conclure par une semaine en classe de mer..

Dans mes classes, j’aime bien ce système pour rendre compte du comportement des élèves. Cela leur permet d’obtenir des privilèges et de participer à la vie de la classe.

Après les iPad du comportement et les colombes, voici les corsaires.

Dans la classe sont affichés 5 niveaux de mer : mer calme, mer peu agitée, mer agitée, mer forte et mer très forte.

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Chaque élève possède son petit bateau (qu’il aura colorié à son goût).

Capture d’écran 2016-08-31 à 14.19.07

Et dans son cahier de liaison, il aura le récapitulatif sur la période.

Une semaine

Une semaine

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une période

Au cours de la journée, les bateaux des élèves évoluent vers la mer calme ou vers la mer très forte en fonction de leur comportement dans la classe. Parfois c’est moi qui fait évoluer le bateau, parfois c’est l’élève lui même qui s’auto-évalue et qui déplace son bateau..

Chaque weekend, je demande à l’enfant de faire signer sa semaine par ses parents et en fonction du comportement de la semaine, l’élève à la droit ou non de piocher parmi les différents privilèges de la classe.

Voici le fichier intégral en PDF : Les corsaires du comportement

Bonne rentrée.

Les ceintures de compétences : le bilan des élèves

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Une nouvelle année scolaire de passée et voici venu le temps des bilans.

Commençons tout d’abord par le retour des élèves sur les ceintures de compétences. Pour être bref avec ceux qui n’auraient pas suivi, chaque semaine les élèves remplissent un Plan De Travail à partir de leurs référentiels de compétences (fabriqués l’été dernier avec une équipe d’une quinzaine de PE à l’initiative de François Lamoureux). Les élèves progressent donc à leur rythme en obtenant des ceintures de plus en plus complexes. En cas d’échec, ils possèdent trois essais pour valider la compétence travaillée.

Donc, une année scolaire après, j’ai décidé de demander aux élèves leurs ressentis sur ce fonctionnement. Voici une partie de leurs réponses :

Tous les élèves ont préféré valider leurs compétences à leur rythme, quand ils se savaient prêts.

« C’est mieux que les bilans car on décide quand on les fait »

Ils étaient donc ravis de ne plus avoir de bilans de fin de période. (à part un ou deux très attachés à ce mode de fonctionnement). Au niveau des devoirs, ils ont eu l’impression qu’ils avaient moins de choses à réviser.

Les élèves ont aussi apprécié d’avoir plusieurs essais bien que pour certains, une partie des essais était dure. Mais le fait de pouvoir recommencer ce qu’ils n’avaient pas réussi les a libérés et moins stressés. D’autant plus que, toujours selon eux, le format court leur permettait une meilleure concentration et une plus grande application.

« Il y avait plein de choix, c’était court et même parfois on avait 4 essais »

Quelques élèves m’ont fait remarquer que cette nouvelle organisation les a un peu perturbés au début de l’année. Que pour certains, il était difficile de s’organiser. Mais tous s’accordent à dire que cela les a aidés à progresser tout au long de l’année.

« j’ai bien aimé, ça m’a aidé, j’ai revu, j’ai appris, j’ai eu plein de ceintures, j’ai adoré »

J’ai senti cette année une plus grande motivation des élèves et je les ai sentis beaucoup plus concernés par leur travail. Ils étaient aussi très fiers de rapporter tous les weekends leur PDT à la maison pour que les parents les visent et donnent leur avis sur la semaine de leur enfant.

« Je suis content de mon travail car j’avance bien et j’ai plein de ceintures rouges et noires »

« Mes parents aiment bien quand j’ai vert »

Pour ce qui est du PDT, les élèves ont adoré choisir eux-mêmes les compétences qu’ils voulaient travailler au cours de la semaine. Ils avaient un sentiment de liberté qui, du coup, les impliquait beaucoup plus dans leur année. Malgré tout, certains préféraient et aimaient que je les aide à le remplir.

Enfin, s’engager pour des compétences et pouvoir « rajouter du travail » leur a également énormément plu.

Peu de retours négatifs des élèves à ma grande surprise (eux qui sont toujours très critiques). Toutefois, certains ont trouvé que comme la progression des leçons de l’année est commune, parfois ils revoyaient des notions alors qu’ils les avaient déjà validées dans leur PDT.

Pour finir (je lui ai promis de le mettre), un élève a trouvé qu’il y avait beaucoup trop de ceintures et de référentiels.

Voici donc le retour de mes élèves sur ce fonctionnement. Je vous dis à bientôt pour un bilan plus personnel; en attendant, je vous invite à regarder cette petite vidéo récapitulative.