FAQ Plan de Travail – Mes réponses à vos questions

Suite à mon article sur le Plan de Travail, j’ai eu beaucoup de retours et de questions, notamment sur Instagram. J’ai donc décidé de faire un article pour répondre à toutes vos questions.

N’hésitez pas aussi à visiter le blog de notre collectif des ceintures de compétences.

Et à la fin de ce billet, vous trouverez mon Plan de Travail vierge mais détaillé.

Bonne lecture.

Ont-ils bcp d’idées de projets ? N’y a-t-il pas trop d’idées farfelues ou irréalisables ?

Non car les projets doivent être en lien avec les compétences à travailler pendant l’année. Cela tourne beaucoup autour d’exposés, d’écriture, de programmation et de sciences voire cette année d’inventions.

Comment fais-tu pour individualiser chaque PDT ? Un entretien individuel ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont déjà validé. Je ne fais pas d’entretien individuel sauf pour les élèves en autonomie 1 et 2 que j’accompagne dans les choix.

Après je sais que certains collègues du collectif des ceintures de compétences mettent en place cet entretien individuel en fin de Plan de Travail avant d’aborder le nouveau.

Est-ce un projet d’école ou personnel ?

Au départ, j’étais seul dans mon ancien établissement puis dans mon école actuelle j’ai convaincu mes collègues et mon directeur au fur et à mesure et pour l’instant les ceintures sont mises en place du CE2 au CM2. Cela devient un projet d’école au fil des ans. Après, tous mes collègues ne travaillent pas en plan de travail. Certains plutôt en feuille de route.

Effectivement, quand on est tout seul ce n’est pas évident, mais il faut tenir bon. Je l’ai fait donc n’importe qui peut le faire aussi. Après j’avais le soutien de la team C2C Edu.

Tout doit être prêt avant le début d’année ?

Et oui pratiquement car aucun élève ne travaille les mêmes compétences au même moment. Actuellement, j’ai des élèves qui tentent de valider des compétences de fin de cycle 2 alors que j’en ai d’autres qui commencent les compétences de 6e..

Du coup, il faut pouvoir permettre à chacun de travailler à son niveau. C’est donc un gros travail de préparation. Au début ce n’était pas facile, il m’a fallu plusieurs années afin d’arriver à un fonctionnement autonome de mes élèves.

Ce principe peut-il s’étendre à toutes les matières ?

Oui bien sûr. Il faut alors prévoir des grilles de compétences dans les autres matières et prévoir un parcours de travail pour chaque compétence afin que les élèves puissent les travailler.

Par exemple, sur le blog des ceintures, les enseignants du cycle 2 ont construit des ceintures en Découverte du monde. Et nous devrions publier prochainement des ceintures en Histoire et Géographie.

Nous insistons juste, lors d’une construction de référentiels de ceintures, pour qu’il y ait une progressivité et que ce ne soit pas juste une liste de compétences.

Comment tu mènes les séances de découverte des notions ?

J’ai de la chance d’être en CM2 donc peu de découvertes de notions mais sinon je travaille en ateliers avec une progression commune mais adaptée. C’est à dire que j’ai face à moi un petit groupe de 10 élèves. Cela se rapproche d’un fonctionnement en classe flexible ou semi-flexible. (voir cet article)

Je n’ai pas encore osé faire travailler mes élèves seulement à partir du PDT. Pourtant je pourrais, pratiquement tout est prêt. Mais il faut avoir le soutien de sa direction et surtout des parents. Faire entendre aux parents que leurs enfants ne verront pas le programme de leur classe d’âge ce n’est pas facile à admettre. Mais je ne désespère pas me lancer dans les années à venir et même pourquoi pas l’année prochaine.

Comment aides tu tes élèves à choisir leurs compétences à travailler ?

Je me base sur leurs référentiels et les compétences qu’ils ont encore à valider. Après, en fonction des notions que l’on a revu en classe, je les guide vers des compétences qu’ils peuvent potentiellement valider. Pour cela, le travail quotidien dans le cahier du jour et mes observations me le permettent.

Comment faites vous pour l’organisation ?

Nous remplissons le PDT parfois le vendredi en classe mais en début d’année, pour impliquer également les parents, je leur demande de le remplir le week-end. Toujours en fonction de leur degré d’autonomie. Un PDT se déroule sur une semaine parfois deux si il y a des événements ou jours fériés.

En classe, le temps alloué au PDT est de 45 minutes par jour. Cela constitue un atelier de 8/9 élèves. Je tourne sur 3 ateliers dans la matinée.

Comment mettez vous en place les toutes premières semaines avec le PDT ?

Les premières semaines, il faut beaucoup d’accompagnement. Les premiers PDT sont pré-remplis (ils arrivent en CM2 avec leur référentiel de ceintures déjà entamés) donc je reprends où ils se sont arrêtés en juin dernier.

J’explique ce que je veux et au fur et à mesure des semaines, je les laisse le remplir en fonction de leur degré d’autonomie.

Comment suivre leur avancement ?

Pour suivre leur avancement, eux on les référentiels de ceintures au format papier et moi j’ai un formidable tableur que j’ai partagé ici dans cet article.

Comment gérer les corrections ?

Et ben depuis que je travaille comme cela sans évaluation sommative pour toute la classe en fin de période je n’ai jamais eu aussi peu de correction. Nous avons créé des fiches d’évaluation courtes et claires qui vont à l’essentiel de la compétence évaluée. Cela va très vite à corriger et en cas d’erreur, la correction sera à faire par l’élève dans son parcours de travail de remédiation. En gros, j’ai une bonne trentaine de feuille chaque soir.

Pour les exercices d’entrainement, je corrige en direct. Certains se font même sur tablette avec des sites d’exercices en ligne. La validation est donc rapide pour l’enseignant.

Mon PDT

Je vous partage ici mon dernier Plan de Travail, celui de cette année. Il varie un peu tous les ans. Un grand merci à François Lamoureux et à Thomas Heniart.

Clique sur l’image pour accéder à la version PDF

 

En espérant que cet article aura permis de répondre à de nombreuses questions. N’hésitez pas dans les commentaires à continuer à en poser.

Merci.

Qu’est ce qu’un [Plan de Travail] ?

Mon évolution

Entrons tout de suite dans le vif du sujet. Pour cela il faut d’abord que je vous parle de mon évolution, de mon cheminement.
Pour différencier dans ma classe, à mes débuts, j’ai utilisé ce qui s’appelle une « feuille de route ». C’était un document simple qui était le même pour tous les élèves. Il y avait deux colonnes, une qui contenait le travail obligatoire et une autre qui contenait du travail supplémentaire pour les élèves qui allaient plus vite dans la résolution de leurs exercices. Cette fiche ne concernait que le français et les maths. Je choisissais moi-même les tâches. L’élève pouvait seulement choisir l’ordre dans lequel il allait les faire. Cet ordre aléatoire était le levier de motivation de l’élève. Sans cela, cette feuille de route n’avait aucun intérêt.

Donc mes objectifs, à l’époque, étaient que mes élèves soient motivés, choisissent eux-mêmes l’ordre des tâches afin de les rendre autonome mais aussi que tous ceux qui pouvaient aller plus loin puissent le faire. Qu’ils en fassent mais en fonction de leurs possibilités, de leurs capacités.

Ces « feuilles de route » sont une belle entrée dans la différentiation avec pour objectif principal de rendre autonome ses élèves. Mais sinon c’est très chronophage et les élèves motivés au début de la mise en place, s’ennuient vite et n’ont plus le même entrain..

Il me fallait donc changer mon organisation et évoluer. Coup de chance, un nouveau projet collectif allait tout changer.

Le plan de travail

Ce projet, c’est celui du collectif C2CEdu à l’initiative de François Lamoureux. Je le remercie donc de m’avoir entraîné dans cette aventure. Sans cela, je serais peut-être encore entrain d’utiliser mes feuilles de route.. qui sait.

Ce projet m’a entraîné dans de nombreuses lectures sur la pédagogie institutionnelle et les pédagogies coopératives (suivre le lien Amazon de mon blog pour y accéder).

J’ai donc commencé à utiliser et à travailler en véritable « plan de travail » à partir du moment où j’ai mis en place dans ma classe les « ceintures de compétences ». Je ne vous refaits pas un texte sur les ceintures, vous en trouverez de nombreux sur le blog. Retenez seulement que les objectifs de ce dispositif sont de motiver, individualiser mais surtout responsabiliser l’élève.

Revenons sur le « plan de travail ». Pour préparer un PDT, il faut tout d’abord plancher sur une matrice commune à tous mais surtout à des tableaux de suivi des compétences, ce que nous avons fait avec les référentiels de ceintures. Il faut aussi pouvoir proposer tout au long de l’année différents projets dans des domaines divers et variés.

Une fois cela construit, l’élève, en étant accompagné bien évidemment, peut s’emparer de cet outil et construire son « programme ». Grâce aux ceintures, les activités sont adaptées à chaque élève. Les projets peuvent être proposés par l’enseignant mais aussi être à l’initiative de l’élève.

L’élève remplit donc lui même son « plan de travail » en choisissant les activités dans les référentiels en commençant par les compétences qu’il pense savoir maîtriser. Il y ajoute ses projets qui peuvent être une production écrite, un chef-d’œuvre, une poésie, un exposé, etc..

L’enseignant guide et accompagne les élèves dans le choix des activités et les encourage à prendre des initiatives. Il devient alors complètement acteur de ses apprentissages.

Tous les « plan de travail » sont donc uniques. L’élève est autonome.

Pourquoi je râle sur les réseaux quand je vois des « plans de travail » qui n’en sont pas sur les réseaux.

Comme je le disais plus haut, depuis plusieurs années, je m’intéresse à la pédagogie. Pas au début de ma carrière car le temps manque un peu quand on commence une nouvelle vie. J’ai donc beaucoup lu sur les pédagogies coopératives (Freinet, Connac) et la pédagogie institutionnelle (Oury, un copain de Freinet).

Au fil des ans, le besoin de différencier est devenu indispensable.. et quand on débute dans le métier ce n’est pas le plus simple malheureusement car ce n’est pas vraiment ce que l’on nous sert en formation où le monde des bisounours est la référence..

Donc, si je tape le mot « différencier » ou « différentiation » sur Google, je tombe sur de formidables blogs de collègues profs (que j’adore pour leurs ressources) qui nous proposent leur dernier PLAN DE TRAVAIL !!!! Et quand j’ai commencé dans le métier, je les ai bénis.

Mais ces « PDT » sont souvent de vrais fourre-tout, on y met ce qu’on veut, on lui fait dire ce que l’on veut. Au gré des lectures sur les blogs, aucun PDT n’a le même but, n’a le même objectif.. et pourtant, tout le monde appelle cela un « plan de travail ».

Vous me direz qu’on peut bien donner le nom que l’on souhaite à ce que l’on fait et il est vrai que PDT sonne bien.. Mais bon, si on s’intéresse un peu à la pédagogie, on se doit d’être précis (je vais me faire taper sur les doigts car je suis loin d’être irréprochable).

Le « plan de travail » est un dispositif pédagogique.

C’est devenu une mode. Pas une classe que je visite, une stagiaire que j’observe n’utilise pas le fameux « plan de travail ». Pour le coup, je les encourage à poursuivre car j’encourage la différenciation, mais je leur glisse gentiment que cela ne s’appelle pas un PDT..

Mais plutôt une « feuille de route » car oui, je vais en froisser certains ou certaines mais ce que je découvre souvent, c’est plusieurs listes de tâches que l’élève peut réaliser dans l’ordre qu’il souhaite avec pour objectifs souvent de revoir et s’entraîner sur les notions vues la semaine dernière. Souvent, il est en trois versions avec des niveaux de difficulté différents.

Ce que je vous présentais dans la première partie de l’article, ce que je faisais à mes débuts, et ce que j’appelais aussi « plan de travail » car je ne m’étais pas encore intéressé aux différentes pédagogies..

C’est donc pour moi toute la différence, quand l’élève n’est pas impliqué ce ne peut être un PDT.

Bon, je critique, je critique, mais on a tous fait ça, moi le premier hein, car comme vous j’étais persuadé qu’un « plan de travail » c’était ça. J’ai fait confiance aux ressources sur lesquelles je suis tombé au gré de mes recherches sur le net et je ne veux pas leur jeter la pierre car quand j’ai débuté, cela m’a vraiment bien soulagé pour préparer ma classe et je l’espère accompagner au mieux mes élèves.

Je trouve que le tableau de Sylvain Connac est très représentatif des différentes appellations du sacro-saint « plan de travail ». Je le remercie d’ailleurs à travers cet article car ses livres et ses écrits m’ont beaucoup inspiré pour organiser ma classe et même écrire ces mots.

J’espère que ce petit billet vous permettra de découvrir ou redécouvrir ce qu’est un plan de travail. Je vous remercie de faire grandir ce tout petit blog années après années.

Et pour finir je vous laisse retrouver le PDT que mes élèves utilisent cette année dans cet article : mes outils pour la rentrée et je vous le détaillerais si vous le souhaitez dans un futur billet.

Et vous, que faites-vous dans vos classes pour mettre en place la différenciation et responsabiliser vos élèves ?

Les ceintures de compétences [Pédagogie institutionnelle]


Pour les ceintures de compétences, je ne reviendrai pas sur son fonctionnement et sur leurs origines, je vous laisse pour cela parcourir mon site et le dernier article sur le sujet, ainsi que le blog du collectif @c2cedu dont je fais partie « nosceintures2compétences.org ».

On s’attache aujourd’hui au retour des enseignants utilisant ce système en classe. Sur les 15 enseignants qui ont bien voulu répondre à mon questionnaire, seulement 60% ont mis en place l’évaluation par ceintures de compétences dans leur classe. C’est assez peu. Je pense que certains ont envie, mais que la masse de travail en amont peu en décourager un bon nombre, ainsi que le fait de se sentir isolé dans un travail d’équipe. Cela bouge néanmoins et les articles, les partages sur le sujet pullulent..

En ce qui concerne le questionnaire, les collègues soulignent les bénéfices de travailler en ceintures malgré quelques limites constatées.

Les apports

Le premier point est la visibilité très précise au quotidien de la progression des élèves dans l’acquisition des compétences.

Le deuxième point est la création de parcours personnalisés et le respect du rythme de chacun en retirant tout le stress possible qu’il peut y avoir lors d’évaluation de fin de période par exemple.

Enfin, pour le troisième point, les réussites sont valorisées, les élèves deviennent autonomes et l’élève est acteur de ses apprentissages.

Cela reprend plus ou moins tout ce qui a déjà était dit sur les apports du fonctionnement en ceintures de compétences.

Les limites

Ce qui m’intéressait beaucoup plus, c’était recueillir les observations de mes collègues sur d’éventuelles limites, car aucune méthode n’est parfaite.

On note que les parents sont parfois un peu perdus et ont des difficultés à situer leur enfant.

Aussi, pour certains élèves, avancer à son rythme n’est pas motivant, et donc ils n’accrochent pas et se moquent de ne pas progresser dans l’acquisition des ceintures.

Des élèves ne rentrent pas dans cette « pédagogie », ils ne sont pas motivés pour passer les ceintures. Je mets donc moins de ceintures en place, je « mixe » les pédagogies. Céline

Une collègue attire aussi notre attention sur le fait de vouloir faire trop de ceintures pour tout et n’importe quoi.

Pour finir, une autre limite majeure, le fait d’être le seul dans l’école à fonctionner avec les ceintures ou même devoir garder ses élèves une seule année quand on aimerait les suivre sur plusieurs années avec ce système pour observer et constater leur progression.

Je suis d’ailleurs bien heureux d’avoir pu mettre les ceintures dans le projet d’établissement de mon école. Nous avons à ce jour un suivi sur 2 ans, bientôt 3 et j’espère encore plus dans les années à venir.

Les ceintures de compétences [Rappel]

Un peu d’histoire

Parce qu’il pratiquait le judo, l’idée d’évaluer par ceintures est venue à l’instituteur Fernand Oury dans les années 1970. Il avait observé la capacité des judokas à coopérer malgré les écarts de niveaux dans le groupe. A l’origine de la « pédagogie institutionnelle », Fernand Oury a transféré ce qui fonctionnait dans cette pratique sportive aux préoccupations pédagogiques.

Pourquoi les ceintures

RENDRE L’ÉLEVE ACTEUR DE SON APPRENTISSAGE

Le but de l’enseignant qui propose une ceinture pour évaluer une compétence n’est pas d’évaluer, mais plutôt d’offrir un outil à l ’élève afin qu’il mesure lui-même ses progrès et ce qu’il reste à faire pour maîtriser davantage la compétence travaillée.

Une ceinture c’est

« Un outil:

  • de mesure de la progression des élèves dans l’acquisition d’une compétence,
  • de communication avec les élèves pour les faire entrer dans une démarche d’acquisition d’une compétence,
  • d’appropriation des critères de réussite, de façon progressive et graduée,
  • de réflexion d’enseignants sur les critères et la progressivité de l’acquisition d’une compétence »1.
  • de suivi de la progression de chaque élève.

Une ceinture ce n’est pas

  • Un outil sommatif qui ne serait utilisé qu’une fois par l’enseignant.
  • Une méthode infaillible pour acquérir tous les éléments constitutifs de l’exercice d’une compétence. L’enseignant doit donner, par sa pratique quotidienne, les moyens à l’élève d’accéder à la ceinture supérieure.
  • Un « tableau » exhaustif de l’ensemble des savoirs à acquérir.

Comment construire les ceintures

La ceinture blanche, première ceinture, doit être obtenue facilement pour rassurer les plus faibles. Elle doit marquer un premier engagement dans le travail.

Exemple : Ceinture / S’exprimer à l’oral :

J’ai traité le sujet

Je suis capable de prendre la parole devant le groupe.

La ceinture rouge, dernière ceinture, doit proposer aux meilleurs élèves un horizon d’approfondissement qui pourrait aller au-delà des attentes des programmes.

Exemple : Ceinture / Rédiger un texte :

Je sais construire un texte en inscrivant mon récit dans la longue durée en faisant référence à des échelles de temps différentes.

Entre les deux ceintures, il faut ajouter progressivement des éléments de difficulté.

Chaque professeur peut se lancer dans la construction de ceintures mais il est plus intéressant que cet outil serve à une réflexion d’équipe :

  • Disciplinaire : les professeurs d’histoire-géographie d’un établissement peuvent discuter et mettre en place des ceintures similaires pour donner du sens aux élèves qui changent d’enseignants au cours du même cycle.
  • Pluridisciplinaire : des ceintures transdisciplinaires peuvent être construites par des enseignants d’une même équipe pédagogique (sur l’oral ou l’argumentation par exemple).

Le principe

  • Valider des ceintures (comme au judo)
  • Chaque ceinture regroupe plusieurs compétences
  • Tout le monde démarre à la même ceinture
  • Il n’y a pas de retour en arrière
  • Pour passer une ceinture, il faut absolument avoir la précédente

Chaque semaine, les élèves reçoivent un plan de travail hebdomadaire dans lequel ils devront indiquer les compétences qu’ils souhaitent valider sur une semaine.

En fonction du degré d’autonomie, les élèves sont libres du choix des compétences et de l’impression des fiches associées. Au départ, c’est le maître qui les guide dans ce choix.

Dans l’emploi du temps, il y a des plages de « travail personnel ». Ce sont durant ces plages que l’élève complète son plan de travail. Il peut également l’avancer lorsqu’il a terminé les autres tâches qui lui sont demandées.

Les fiches sont corrigées par l’enseignant. Le résultat (vert, orange ou rouge) doit être reporté immédiatement dans le plan de travail hebdomadaire puis dans le référentiel des ceintures. L’élève bénéficie de 3 essais pour valider la compétence qu’il souhaite évaluer.

Si la compétence est validée lors du premier essai, il n’est pas nécessaire de faire les suivants.

Les grands principes

1. Permettre aux élèves d’avancer à leur rythme

Cette démarche a pour but d’aider les enfants à avancer dans les apprentissages à partir d’où ils en sont.

Un élève en difficulté aura plus de temps pour acquérir une notion avant de passer à une autre. Ce qui n’est pas possible si on évalue tous les élèves sur la même compétence à un instant T.

De la même manière, un élève qui a des facilités, pourra aller plus loin sans attendre le reste de la classe.

Chaque élève aura un parcours individualisé et personnalisé en fonction de ses forces et faiblesses. Chaque élève avance à son rythme.

2. Une dynamique de réussite

On est tous doués pour quelque chose. Certains sont plus à l’aise en maths, d’autres en français. Le système de ceintures permet aux élèves de situer leurs forces et leurs faiblesses.

Un élève peut être ceinture bleue en numération et ceinture verte en orthographe. Dans ce cas, l’élève est valorisé par sa ceinture bleue puisqu’il peut être tuteur et superviser des camarades dans cette discipline, mais il sait aussi, qu’il doit renforcer ses compétences en orthographe.

Il pourra également faire appel à ses camarades de ceinture plus élevée pour l’aider.

3. La coopération, l’entraide et l’autonomie

Un système de tutorat se met en place au fil de l’avancement du dispositif. Aussi, plus l’élève devient autonome, plus il est chargé de responsabilités.

De manière générale, ce système vise à développer l’autonomie des élèves en leur permettant de devenir acteur de leurs apprentissages. Ils apprennent à travailler pour eux.

4. La visibilité

Grâce aux ceintures, l’enseignant, la famille et surtout l’élève sait exactement où il se trouve dans les apprentissages.

Ce dispositif rend beaucoup plus clairs les livrets traditionnels qui ne renseignent pas sur l’état d’acquisition des compétences par l’élève.

Les ceintures, elles, permettent de savoir plus finement ce qui bloque et d’y remédier efficacement.

5. Dédramatiser l’évaluation et en faire un outil pour se construire

L’évaluation engendre souvent du stress pour l’élève. Ce ne devrait pas être le cas, car les meilleurs apprentissages se construisent sur nos erreurs. Il faut parfois se tromper pour progresser.

Le fait d’avoir plusieurs essais permet à l’élève de rentrer dans cette logique. Il est évalué tous les jours et cela devient une habitude. Plus de stress avant les « contrôles ».

Exemple d’affichage des ceintures pour tutorat

Merci à François Lamoureux, Samira Hallaouy Nougué, Thomas Héniart et toute l’équipe C2C Edu.

Premier retour sur les parcours d’entrainement #ceintures [trimestre 1]

Petit retour sur les parcours que j’ai mis en place cette année dans ma classe. C’est une part importante dans l’organisation de la classe qui est basée sur la pédagogie différenciée et l’évaluation par ceintures de compétences.

J’avais déjà fait un article début septembre pour vous présenter le fonctionnement des parcours. Je vous invite à la parcourir avant de lire la suite : mes parcours pour les ceintures.

Je suis très satisfait de ce fonctionnement qui m’a tout de même demandé beaucoup de préparation en amont. Les élèves les plus autonome guident maintenant ceux qui ont le plus de difficultés pour s’y retrouver. Cela me permet vraiment de me concentrer sur le travail individualisé de chacun et d’être beaucoup plus disponible.

Quand un élève choisit de passer l’essai 2 ou 3 d’une compétence qu’il n’a pas validée, il le note dans son plan de travail puis va chercher seul le parcours correspondant sur OneNote. Il a parfois quelques difficultés à identifier le parcours correspondant à la compétence (je pense qu’il me manque un grand affichage classe — work in progress) mais grâce au tutorat cela va de mieux en mieux.

De toute manière, quand je présente ce mode de fonctionnement, je dis souvent que la classe commence à tourner toute seule à partir de janvier.

Un grain de sable se glisse parfois dans le mécanisme huilé des parcours quand par exemple les élèves perdent leur essai 1 ou 2 à corriger par manque d’organisation. Mais aussi quand des petits malins essaient de passer outre les nouveaux exercices d’entrainement et la correction en allant voir un élève d’autonomie 4 qui à le droit d’imprimer des essais.. Mais dans l’ensemble tous les élèves se sentent concernés et adorent travailler en autonomie sans le maître derrière leur dos..

Je suis vraiment ravi de ce système d’organisation même si à l’avenir il faudrait que les exercices d’entrainement supplémentaires soient autocorrectifs ou en ligne (ce sera mon chantier des prochaines vacances d’été, mais cela devrait être rapide).

Et pourvu que ça continue..

Le suivi des ceintures de compétences [coté enseignant]

Suivre l’acquisition des compétences de tous les élèves n’est pas chose aisée. Mes élèves valident eux même leurs compétences sur l’application « Jevalide« , mais beaucoup oublient et certains tentent parfois de m’entourlouper.. (voir Suivi des ceintures de compétences en autonomie)

Du coup, j’utilise depuis cette année un ficher Excel concocté par mon formidable collègue (transformé en fichier Numbers pour ma part). Mes élèves ont chacun un numéro (cela se mémorise assez rapidement) ce qui permet un gain de place et de temps. Avec le iCloudDrive, cela se synchronique en permanence sur mon iPad, mes ordinateurs et même sur mon smartphone.

Ce tableau me permet en un rien de temps de savoir où se situent mes élèves dans leurs acquisitions. J’ai le bonheur de vous le partager aujourd’hui en espérant que cela vous aidera dans la mise en place et le suivi de ce formidable outil que sont les ceintures de compétences de la team @c2cedu.

Voici ce que cela donne pour la page de vocabulaire par exemple. La navigation entre les différents onglets se fait très rapidement avec la barre d’accès en haut du document.

Je vous souhaite un bon remplissage.

Cliquez sur l’image pour télécharger le document au format Numbers (ouverture dans Excel possible).

 

PS : Le fichier au format Excel

Des parcours pour les ceintures de compétences – Bosser l’été (3)

Je pratique l’évaluation avec les ceintures de compétences depuis maintenant 3 ans, et je fais le constat que malgré toute la différenciation que cela apporte, il est possible d’aller encore plus loin.

Et pour aller plus loin, je souhaite mettre en place des parcours pour chaque compétence. C’est encore en phase de beta et je ferai un billet plus détaillé après le premier trimestre. En tout cas cela devrait ressembler à ça :

L’élève choisit la compétence qu’il souhaite travailler et valider. Il commence par le parcours 1. En cas de réussite à l’essai de validation, c’est terminé. En cas d’échec, il passe au parcours 2, et ainsi de suite.

Plusieurs idées me viennent en tête pour que l’élève coche lui même ce qu’il a fait. Je détaillerai cela dans le billet de décembre (ou bien avant si cela fonctionne bien).

Du coup, j’ai modifié mon PDT

Je prévois dans ce PDT, des compétences bonus sans parcours. Et oui, il arrive que l’élève qui se connait bien me dise: « -Monsieur, cette compétence je la maitrise déjà ». Ces cases sont donc faites pour cela. C’est une nouvelle source de motivation. Bien sur, en cas d’échec, la compétence repassera par la case parcours..

Voilà pour ce court billet, je vous en ferai un bien plus long fin novembre – début décembre avec un cheminement plus précis mais aussi mes premiers retours.

Suivi des ceintures de compétences en autonomie avec « JeValide »

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Pour avoir utilisé l’application « Je Valide » d’abc-application l’année dernière en maternelle avec mes moyennes sections et pour avoir adoré gérer leurs évaluations par ce biais, il m’était impossible de me faire à l’idée de ne plus m’en servir cette année au cycle 3.

D’où l’idée (avec d’autres comparses de la team @c2cedu) de détourner « Je Valide » pour gérer le suivi de la progression des élèves dans leurs ceintures de compétences.

Je vous le dis tout de suite, ce fut fastidieux. Entrer une par une toutes les compétences (seulement du cycle 3 pour ma part), leur attribuer des couleurs qui s’approchent au mieux de celles des ceintures et enfin associer une icône à chaque domaine pour que l’élève puisse se repérer.

Par ce que oui, l’objectif, c’est de permettre à l’élève de se valider en autonomie. Bien sur, je contrôle de temps en temps car certains élèves n’y pensent pas (très peu pour tout vous dire) mais dans l’ensemble cela ce passe très bien.

Les élèves valident leurs compétences, peut importe le nombre d’essais. L’application ne montre que les items réussis.

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Page d’accueil de l’application, il suffit pour chaque élève de cliquer sur sa photo pour entrer dans son espace personnel.

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L’élève se repère dans les domaines et les couleurs de ceintures grâce à des affichages de classe. La barre verticale permet de naviguer entre les référentiels. Le logo permet une reconnaissance plus rapide.

Dans l’espace professeur, j’ai pu supprimer la base maternelle d’origine et ajouter tous les items de nos ceintures. Pour la ceinture bleue-marron par exemple, je lui ai attribué une couleur qui s’en approche le mieux. Et cela pour chaque ceinture qui se compose de deux couleurs.

Il faut ensuite ajouter un par un tous les items. Ce fut long, très long.. Il faut compter au moins trois bonnes soirées (car au bout d’un moment on n’en peut plus..mais vraiment plus..).

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Dans l’espace professeur, on retrouve tous les outils de suivi qu’on avait pour les maternelles (normal, c’est la même application).

Avec mon préféré (surtout pour faire mes groupes de besoins), le suivi par compétence. D’un seul coup d’oeil, pour une compétence donnée, vous pouvez visualiser les élèves qui l’ont validée. Et ça, je le répète, j’aime beaucoup.

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Pour l’export des données, plusieurs solutions sont proposées. Sous forme de PDF personnalisables, on peut générer des résultats pour l’administration, les parents ou par items.

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On peut choisir un document « positif » qui ne montre que les items validés par l’élève.

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Vous avez bien sur la possibilité de générer un document qui montrera tous les items, même ceux qui ne sont pas acquis. A vous de choisir, pour moi c’est déjà fait..

Le PDF par items est, pour moi, moins intéressant car chaque item n’est pas accompagné d’une image comme peuvent l’être ceux de maternelle. Du coup, le document parait vide, à part les couleurs qui ressortent.

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Voilà pour ce petit tour d’horizon de cette application détournée pour permettre le suivi de nos ceintures de compétences.

Il ne me restait plus qu’à trouver un moyen de permettre aux élèves d’aller se valider régulièrement pendant le temps de classe. Le principal problème est que l’application ne gère pas la synchronisation iCloud, c’est à dire qu’on ne peut l’utiliser que sur une seule tablette.

Je remercie donc Eric Hitier, collègue précieux de Tours qui a choisi d’accrocher l’iPad au mur avec un stylet. J’ai donc pu lui piquer son idée..

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Je suis donc ravi d’utiliser pour une nouvelle année cette formidable application et je sais qu’Emmanuel Crombez est ravi de son utilisation en cycle 3.

Pour rappel, l’application « JeValide » est disponible sur l’App Store au prix de 7,99€.