Pourquoi mettre en place la pédagogie institutionnelle ?

Dans cet article, je vais revenir sur les différentes motivations qui poussent à se tourner vers la mise en place de la pédagogie institutionnelle dans sa classe ou seulement en y utilisant quelques éléments.

Je voulais commencer par remercier Delphine, Claire, Loïs, Mathias, Séverine, Yoann, Else, Christelle, Céline, Elodie, Delphine, Véronique, Mickaël et Sophie.

Pourquoi ont-ils souhaité mettre en place des éléments de la PI dans leur classe ?

Certains se sont lancés car ils étaient attirés par le dispositif des ceintures de compétences, outil majeur de la PI. Elles permettent d’accroitre la motivation des élèves mais aussi de répondre à une problématique de classe qui est la différentiation. De fil en aiguille, ils ont poussé leurs recherches et ajouté de plus en plus d’éléments de la PI à leur quotidien.

Pour d’autres, la PI et ses institutions leur permettent de garder un climat de confiance au sein de la classe. En sortant du cadre scolaire, parfois trop rigide, pour permettre à chaque élève de trouver sa place. Pour ce faire, la PI met en avant la prise en compte de la parole de l’enfant, de leurs besoins et leurs différences.

« Mon but était de permettre aux élèves de prendre en charge leur vie d’écolier, de prendre en compte l’autre comme un atout pour son avancée et de régler les conflits ensemble. » Céline CE1/CE2

Notamment avec la mise en place du conseil d’élèves. Ce qui permet de construire un groupe, un collectif, une cohésion de classe et faire face à certaines difficultés comme la violence par exemple.

La PI est utilisée également en maternelle mais aussi en SEGPA.

Ce qui revient dans les réponses de mes collègues c’est que, comme vous l’avez lu, la PI participe à instaurer un climat de classe où, aussi bien l’élève que l’enseignant, tout le monde y trouve sa place et est écouté.

« J’ai mis en place la PI car cela correspondait à ma vision du métier et de l’accompagnement que je souhaitais mener auprès de mes élèves. » Séverine MS/GS

Une anecdote, une remarque concernant la PI ?

Pour terminer, je vous partage plusieurs anecdotes qui ont attiré mon attention:

Séverine:

« Ces dispositifs ont essaimé dans mon école. Depuis d’autres classes mettent en place le conseil et le quoi de neuf. Autre anecdote : mes élèves ont réalisé des vidéos à destination des TPS/PS pour leur expliquer les messages clairs. »

Christelle:

« Nouvelle institution installée dans ma classe : la météo des émotions. Elle a lieu après le quoi de neuf avant de commencer le travail officiel de classe. Si je l’oublie, les élèves savent me le rappeler. »

Véronique:

« Tous ces éléments de PI sont étroitement imbriqués comme un système, si j’enlève un élément, un déséquilibre se crée dans le groupe et patatras. »

Claire:

« Cette PI a totalement changé ma manière d’enseigner et je l’applique dans n’importe quelle école. Les enfants et les parents y ont toujours entièrement adhéré. Les enfants sont pleinement impliqués dans la vie de la classe et y proposent régulièrement des évolutions. »

 

Les ceintures de compétences [Rappel]

Un peu d’histoire

Parce qu’il pratiquait le judo, l’idée d’évaluer par ceintures est venue à l’instituteur Fernand Oury dans les années 1970. Il avait observé la capacité des judokas à coopérer malgré les écarts de niveaux dans le groupe. A l’origine de la « pédagogie institutionnelle », Fernand Oury a transféré ce qui fonctionnait dans cette pratique sportive aux préoccupations pédagogiques.

Pourquoi les ceintures

RENDRE L’ÉLEVE ACTEUR DE SON APPRENTISSAGE

Le but de l’enseignant qui propose une ceinture pour évaluer une compétence n’est pas d’évaluer, mais plutôt d’offrir un outil à l ’élève afin qu’il mesure lui-même ses progrès et ce qu’il reste à faire pour maîtriser davantage la compétence travaillée.

Une ceinture c’est

« Un outil:

  • de mesure de la progression des élèves dans l’acquisition d’une compétence,
  • de communication avec les élèves pour les faire entrer dans une démarche d’acquisition d’une compétence,
  • d’appropriation des critères de réussite, de façon progressive et graduée,
  • de réflexion d’enseignants sur les critères et la progressivité de l’acquisition d’une compétence »1.
  • de suivi de la progression de chaque élève.

Une ceinture ce n’est pas

  • Un outil sommatif qui ne serait utilisé qu’une fois par l’enseignant.
  • Une méthode infaillible pour acquérir tous les éléments constitutifs de l’exercice d’une compétence. L’enseignant doit donner, par sa pratique quotidienne, les moyens à l’élève d’accéder à la ceinture supérieure.
  • Un « tableau » exhaustif de l’ensemble des savoirs à acquérir.

Comment construire les ceintures

La ceinture blanche, première ceinture, doit être obtenue facilement pour rassurer les plus faibles. Elle doit marquer un premier engagement dans le travail.

Exemple : Ceinture / S’exprimer à l’oral :

J’ai traité le sujet

Je suis capable de prendre la parole devant le groupe.

La ceinture rouge, dernière ceinture, doit proposer aux meilleurs élèves un horizon d’approfondissement qui pourrait aller au-delà des attentes des programmes.

Exemple : Ceinture / Rédiger un texte :

Je sais construire un texte en inscrivant mon récit dans la longue durée en faisant référence à des échelles de temps différentes.

Entre les deux ceintures, il faut ajouter progressivement des éléments de difficulté.

Chaque professeur peut se lancer dans la construction de ceintures mais il est plus intéressant que cet outil serve à une réflexion d’équipe :

  • Disciplinaire : les professeurs d’histoire-géographie d’un établissement peuvent discuter et mettre en place des ceintures similaires pour donner du sens aux élèves qui changent d’enseignants au cours du même cycle.
  • Pluridisciplinaire : des ceintures transdisciplinaires peuvent être construites par des enseignants d’une même équipe pédagogique (sur l’oral ou l’argumentation par exemple).

Le principe

  • Valider des ceintures (comme au judo)
  • Chaque ceinture regroupe plusieurs compétences
  • Tout le monde démarre à la même ceinture
  • Il n’y a pas de retour en arrière
  • Pour passer une ceinture, il faut absolument avoir la précédente

Chaque semaine, les élèves reçoivent un plan de travail hebdomadaire dans lequel ils devront indiquer les compétences qu’ils souhaitent valider sur une semaine.

En fonction du degré d’autonomie, les élèves sont libres du choix des compétences et de l’impression des fiches associées. Au départ, c’est le maître qui les guide dans ce choix.

Dans l’emploi du temps, il y a des plages de « travail personnel ». Ce sont durant ces plages que l’élève complète son plan de travail. Il peut également l’avancer lorsqu’il a terminé les autres tâches qui lui sont demandées.

Les fiches sont corrigées par l’enseignant. Le résultat (vert, orange ou rouge) doit être reporté immédiatement dans le plan de travail hebdomadaire puis dans le référentiel des ceintures. L’élève bénéficie de 3 essais pour valider la compétence qu’il souhaite évaluer.

Si la compétence est validée lors du premier essai, il n’est pas nécessaire de faire les suivants.

Les grands principes

1. Permettre aux élèves d’avancer à leur rythme

Cette démarche a pour but d’aider les enfants à avancer dans les apprentissages à partir d’où ils en sont.

Un élève en difficulté aura plus de temps pour acquérir une notion avant de passer à une autre. Ce qui n’est pas possible si on évalue tous les élèves sur la même compétence à un instant T.

De la même manière, un élève qui a des facilités, pourra aller plus loin sans attendre le reste de la classe.

Chaque élève aura un parcours individualisé et personnalisé en fonction de ses forces et faiblesses. Chaque élève avance à son rythme.

2. Une dynamique de réussite

On est tous doués pour quelque chose. Certains sont plus à l’aise en maths, d’autres en français. Le système de ceintures permet aux élèves de situer leurs forces et leurs faiblesses.

Un élève peut être ceinture bleue en numération et ceinture verte en orthographe. Dans ce cas, l’élève est valorisé par sa ceinture bleue puisqu’il peut être tuteur et superviser des camarades dans cette discipline, mais il sait aussi, qu’il doit renforcer ses compétences en orthographe.

Il pourra également faire appel à ses camarades de ceinture plus élevée pour l’aider.

3. La coopération, l’entraide et l’autonomie

Un système de tutorat se met en place au fil de l’avancement du dispositif. Aussi, plus l’élève devient autonome, plus il est chargé de responsabilités.

De manière générale, ce système vise à développer l’autonomie des élèves en leur permettant de devenir acteur de leurs apprentissages. Ils apprennent à travailler pour eux.

4. La visibilité

Grâce aux ceintures, l’enseignant, la famille et surtout l’élève sait exactement où il se trouve dans les apprentissages.

Ce dispositif rend beaucoup plus clairs les livrets traditionnels qui ne renseignent pas sur l’état d’acquisition des compétences par l’élève.

Les ceintures, elles, permettent de savoir plus finement ce qui bloque et d’y remédier efficacement.

5. Dédramatiser l’évaluation et en faire un outil pour se construire

L’évaluation engendre souvent du stress pour l’élève. Ce ne devrait pas être le cas, car les meilleurs apprentissages se construisent sur nos erreurs. Il faut parfois se tromper pour progresser.

Le fait d’avoir plusieurs essais permet à l’élève de rentrer dans cette logique. Il est évalué tous les jours et cela devient une habitude. Plus de stress avant les « contrôles ».

Exemple d’affichage des ceintures pour tutorat

Merci à François Lamoureux, Samira Hallaouy Nougué, Thomas Héniart et toute l’équipe C2C Edu.

Ma classe flexible

Tout a commencé avec ce dessin.. qui n’est déjà plus d’actualité..

Semaine 6, je commence enfin à sortir un peu la tête de l’eau. Depuis la rentrée je n’ai rien publié alors que je m’étais lancé comme défi d’écrire un billet ou de faire une vidéo toutes les semaines.. C’est déjà raté..

Bref, mes élèves commencent à comprendre ce que j’attends d’eux et comment nous allons fonctionner cette année. Du coup, je me suis dit que c’était le moment idéal pour commencer à travailler en classe flexible. Cela me trottait dans la tête depuis longtemps mais avec 30 élèves, des tableaux qui n’étaient pas bien placés sur les murs de la classe, je ne voyais pas comment je pouvais mettre en place ce type de fonctionnement en classe.

Et puis à force d’y réfléchir et de retourner tout cela dans ma tête, j’ai enfin trouvé (quoique dans l’idéal j’aimerais bien avoir un coin regroupement.. mais à 30 !!!).

L’idée, c’est d’avoir, pour l’instant, une classe flexible le matin pour le français, les ceintures et les mathématiques (pendant les ateliers quoi) puis une classe fixe/flexible pour les autres activités en fonction des besoins.

J’ai donc déplacé les tables pour créer 3 espaces dans la classe. Un espace dédié aux maths avec des élèves disposés en U, un autre pour le français en E (en U maintenant) et enfin un dernier pour les ceintures de compétences disposé en O. Un tableau blanc pour les deux espaces maths et français.. Vous allez me dire « et ton TBI ? ». Et bien mon TBI ne fonctionne en ce moment qu’en projection.. Les stylos ne fonctionnent pas et Promethean reste sourd à mes appels à l’aide.. Du coup je l’utilise beaucoup pour les sciences, la géographie, l’histoire, etc..

Coin Français (en attente d’un tableau blanc)
Coin ceintures de compétences
Coin Mathématiques

Mais vous allez me dire « Édouard à quoi peut te servir un TBI alors que tu as des iPad et une Apple TV ? ». Alors effectivement à pas grand chose. Au lieu de les faire travailler sur 1 TBI je peux les faire travailleur sur autant de TBI que je veux, seul, en binôme ou en groupe. Pour cela j’utilise des applications comme « Explain Everything » mais il y en a d’autres.. (Cela pourra d’ailleurs faire l’objet d’un futur billet).

Bon, revenons à nos moutons. Pour organiser ma classe flexible, j’ai fait 3 groupes de 10 élèves (et pour commencer, j’ai choisi de faire 3 groupes de niveaux). Ces 3 groupes tourneront d’espace en espace sur les 3 premiers temps de travail du matin. Ils commenceront une fois par les maths, une autre fois par le français et enfin une dernière fois par les ceintures de compétences. Soit le lundi, le mardi et le jeudi. Pour le vendredi, les élèves retrouveront leur place fixe (en fait non, ils restent en groupe et puis j’ai aussi doublé les ateliers le mardi..) mais tourneront d’atelier en atelier (6 ateliers soit 2 par pôle).

Vue d’ensemble de la classe

Car oui les élèves auront une place fixe (matérialisée par une étiquette avec prénom sur les tables) et pourront utiliser le casier qui s’y trouve en plus du casier déporté qui ne permet pas toujours d’y mettre toutes ses affaires.

Coin ressources (meubles manuels, casiers déportés, meubles iPad)

Il faudra bien sûr accepter que parfois, l’après midi, les élèves se retournent, déplacent leur chaise, etc.. Je n’ai pas le choix car je n’ai pas de coin de rassemblement malgré mes 70m2 de classe. Il faudrait pour cela que je supprime des tables.. Je ne suis pas encore prêt à faire le pas mais qui sait dans un avenir proche. (c’est vraiment ce vers quoi je veux tendre).

Bon vous allez me dire : « Mais Édouard c’est déjà ce qu’on fait en maternelle depuis des années ». Et oui c’est vrai vous avez raison. On n’a rien inventé. Tout ce fonctionnement s’inspire principalement de la maternelle (une année que ne n’oublierai pas d’ailleurs). Et je me demande d’ailleurs pour quelles raisons dès qu’un élève quitte la grande section pour le CP il arrête de travailler en atelier.. On dit souvent que le collège doit s’inspirer de l’école primaire mais l’école primaire devrait également s’inspirer de la maternelle.

La classe flexible c’est s’adapter à ses élèves, les mettre dans une situation favorable pour qu’ils puissent exprimer au maximum leur potentiel. Leur permettre d’avoir des temps de travail seul, par deux ou en groupe. De coopérer mais aussi de s’isoler (il faut vraiment que je supprime des tables).

Elèves en atelier mathématiques
Atelier ceintures de compétences

J’ai déjà changé 3 fois d’organisation/disposition de classe afin de trouver le bon équilibre, de trouver ce qui leur convient le mieux pour qu’ils soient productifs et en confiance. J’ai aussi supprimé mon bureau pour gagner encore plus de place.

Je vous ferai un retour très prochainement. J’attends l’installation de mon tableau blanc au niveau du pôle français et tout sera en place. Avec 4 tableaux dans la classe, on pourra même imaginer aller vers des élèves qui font classe à d’autres élèves..

Bon, je vous dis à très vite avec une grosse surprise.

Premier retour sur les parcours d’entrainement #ceintures [trimestre 1]

Petit retour sur les parcours que j’ai mis en place cette année dans ma classe. C’est une part importante dans l’organisation de la classe qui est basée sur la pédagogie différenciée et l’évaluation par ceintures de compétences.

J’avais déjà fait un article début septembre pour vous présenter le fonctionnement des parcours. Je vous invite à la parcourir avant de lire la suite : mes parcours pour les ceintures.

Je suis très satisfait de ce fonctionnement qui m’a tout de même demandé beaucoup de préparation en amont. Les élèves les plus autonome guident maintenant ceux qui ont le plus de difficultés pour s’y retrouver. Cela me permet vraiment de me concentrer sur le travail individualisé de chacun et d’être beaucoup plus disponible.

Quand un élève choisit de passer l’essai 2 ou 3 d’une compétence qu’il n’a pas validée, il le note dans son plan de travail puis va chercher seul le parcours correspondant sur OneNote. Il a parfois quelques difficultés à identifier le parcours correspondant à la compétence (je pense qu’il me manque un grand affichage classe — work in progress) mais grâce au tutorat cela va de mieux en mieux.

De toute manière, quand je présente ce mode de fonctionnement, je dis souvent que la classe commence à tourner toute seule à partir de janvier.

Un grain de sable se glisse parfois dans le mécanisme huilé des parcours quand par exemple les élèves perdent leur essai 1 ou 2 à corriger par manque d’organisation. Mais aussi quand des petits malins essaient de passer outre les nouveaux exercices d’entrainement et la correction en allant voir un élève d’autonomie 4 qui à le droit d’imprimer des essais.. Mais dans l’ensemble tous les élèves se sentent concernés et adorent travailler en autonomie sans le maître derrière leur dos..

Je suis vraiment ravi de ce système d’organisation même si à l’avenir il faudrait que les exercices d’entrainement supplémentaires soient autocorrectifs ou en ligne (ce sera mon chantier des prochaines vacances d’été, mais cela devrait être rapide).

Et pourvu que ça continue..

Des parcours pour les ceintures de compétences – Bosser l’été (3)

Je pratique l’évaluation avec les ceintures de compétences depuis maintenant 3 ans, et je fais le constat que malgré toute la différenciation que cela apporte, il est possible d’aller encore plus loin.

Et pour aller plus loin, je souhaite mettre en place des parcours pour chaque compétence. C’est encore en phase de beta et je ferai un billet plus détaillé après le premier trimestre. En tout cas cela devrait ressembler à ça :

L’élève choisit la compétence qu’il souhaite travailler et valider. Il commence par le parcours 1. En cas de réussite à l’essai de validation, c’est terminé. En cas d’échec, il passe au parcours 2, et ainsi de suite.

Plusieurs idées me viennent en tête pour que l’élève coche lui même ce qu’il a fait. Je détaillerai cela dans le billet de décembre (ou bien avant si cela fonctionne bien).

Du coup, j’ai modifié mon PDT

Je prévois dans ce PDT, des compétences bonus sans parcours. Et oui, il arrive que l’élève qui se connait bien me dise: « -Monsieur, cette compétence je la maitrise déjà ». Ces cases sont donc faites pour cela. C’est une nouvelle source de motivation. Bien sur, en cas d’échec, la compétence repassera par la case parcours..

Voilà pour ce court billet, je vous en ferai un bien plus long fin novembre – début décembre avec un cheminement plus précis mais aussi mes premiers retours.

Suivi des ceintures de compétences en autonomie avec « JeValide »

judo-ceintures

Pour avoir utilisé l’application « Je Valide » d’abc-application l’année dernière en maternelle avec mes moyennes sections et pour avoir adoré gérer leurs évaluations par ce biais, il m’était impossible de me faire à l’idée de ne plus m’en servir cette année au cycle 3.

D’où l’idée (avec d’autres comparses de la team @c2cedu) de détourner « Je Valide » pour gérer le suivi de la progression des élèves dans leurs ceintures de compétences.

Je vous le dis tout de suite, ce fut fastidieux. Entrer une par une toutes les compétences (seulement du cycle 3 pour ma part), leur attribuer des couleurs qui s’approchent au mieux de celles des ceintures et enfin associer une icône à chaque domaine pour que l’élève puisse se repérer.

Par ce que oui, l’objectif, c’est de permettre à l’élève de se valider en autonomie. Bien sur, je contrôle de temps en temps car certains élèves n’y pensent pas (très peu pour tout vous dire) mais dans l’ensemble cela ce passe très bien.

Les élèves valident leurs compétences, peut importe le nombre d’essais. L’application ne montre que les items réussis.

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Page d’accueil de l’application, il suffit pour chaque élève de cliquer sur sa photo pour entrer dans son espace personnel.

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L’élève se repère dans les domaines et les couleurs de ceintures grâce à des affichages de classe. La barre verticale permet de naviguer entre les référentiels. Le logo permet une reconnaissance plus rapide.

Dans l’espace professeur, j’ai pu supprimer la base maternelle d’origine et ajouter tous les items de nos ceintures. Pour la ceinture bleue-marron par exemple, je lui ai attribué une couleur qui s’en approche le mieux. Et cela pour chaque ceinture qui se compose de deux couleurs.

Il faut ensuite ajouter un par un tous les items. Ce fut long, très long.. Il faut compter au moins trois bonnes soirées (car au bout d’un moment on n’en peut plus..mais vraiment plus..).

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Dans l’espace professeur, on retrouve tous les outils de suivi qu’on avait pour les maternelles (normal, c’est la même application).

Avec mon préféré (surtout pour faire mes groupes de besoins), le suivi par compétence. D’un seul coup d’oeil, pour une compétence donnée, vous pouvez visualiser les élèves qui l’ont validée. Et ça, je le répète, j’aime beaucoup.

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Pour l’export des données, plusieurs solutions sont proposées. Sous forme de PDF personnalisables, on peut générer des résultats pour l’administration, les parents ou par items.

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On peut choisir un document « positif » qui ne montre que les items validés par l’élève.

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Vous avez bien sur la possibilité de générer un document qui montrera tous les items, même ceux qui ne sont pas acquis. A vous de choisir, pour moi c’est déjà fait..

Le PDF par items est, pour moi, moins intéressant car chaque item n’est pas accompagné d’une image comme peuvent l’être ceux de maternelle. Du coup, le document parait vide, à part les couleurs qui ressortent.

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Voilà pour ce petit tour d’horizon de cette application détournée pour permettre le suivi de nos ceintures de compétences.

Il ne me restait plus qu’à trouver un moyen de permettre aux élèves d’aller se valider régulièrement pendant le temps de classe. Le principal problème est que l’application ne gère pas la synchronisation iCloud, c’est à dire qu’on ne peut l’utiliser que sur une seule tablette.

Je remercie donc Eric Hitier, collègue précieux de Tours qui a choisi d’accrocher l’iPad au mur avec un stylet. J’ai donc pu lui piquer son idée..

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Je suis donc ravi d’utiliser pour une nouvelle année cette formidable application et je sais qu’Emmanuel Crombez est ravi de son utilisation en cycle 3.

Pour rappel, l’application « JeValide » est disponible sur l’App Store au prix de 7,99€.

Les ceintures de compétences dans les classes de la team @c2cedu [vidéo]

Et c’est parti pour une nouvelle vidéo qui présente le dispositif des ceintures de compétences dans les différentes classes des enseignants qui composent la team @c2cedu.

Montage réalisé par François Lamoureux et texte de description par Séverine Haudebourg.

Les ceintures de compétences sont un aspect parmi bien d’autres de la pédagogie institutionnelle, et peuvent être comprises comme un dispositif d’évaluation organisé par paliers de compétences. Leur maîtrise est représentée par une gradation de couleurs, comme au judo. Cet outil permet de mettre en place au sein de la classe une évaluation continue par compétences (allant des plus simples aux plus complexes), une différenciation réelle dans les apprentissages et les rythmes d’acquisition, une autonomie des élèves, une prise de parole et des échanges coopératifs entre pairs.

Elaboré par Fernand Oury dans les années 1970, ce dispositif devait être repensé pour s’adapter à notre temps et aux élèves dont nous avons la charge aujourd’hui. C’est dans cette démarche que l’intégration d’outils numériques s’est imposée naturellement : l’utilisation d’ordinateurs, d’appareils photographiques numériques, de tableaux interactifs et, plus récemment, de tablettes tactiles et autres réseaux sociaux comme Twitter.

Dans un fonctionnement de classe en ceintures de compétences, le numérique est un outil parmi d’autres (au même titre qu’une feuille ou un crayon), mais pas tout à fait comme un autre puisqu’il ouvre sur un monde de possibles… L’élève, responsabilisé dans son parcours d’apprentissage et dans son travail, n’hésite plus à agir pour garder une trace photographique ou sonore de ses productions, à choisir et aller chercher les supports nécessaires pour une activité, à demander de l’aide à l’un de ses camarades, à communiquer avec les autres sur ses découvertes au sein de son groupe comme sur Internet avec le blog ou la twittclasse.
La classe est un lieu de vie, d’échanges, de questionnements, de recherches, de repères et de sécurité. Dans cet esprit, le numérique est un outil facilitateur d’apprentissages et de communication, s’adaptant aux possibilités de chacun.
En effet, les enfants les plus jeunes comprendront l’utilité de photographier leurs réussites (permettant une valorisation et une validation de leurs acquis), ou encore de la liberté de choix dans les phases d’entraînements et d’activités liées au plan de travail (applications et logiciels éducatifs, recours aux Q-R codes, …). Les plus grands, eux, sauront utiliser également les outils numériques pour gagner davantage en autonomie : impression de fiches de travail, réalisation de capsules vidéo pour présenter une leçon à ses camarades, validation de ses compétences avec des applications interactives, communication aux familles des avancées et des bilans d’acquisition, etc. Le numérique dans les ceintures de compétences favorise bien les parcours individuels et les démarches d’évaluation positive et bienveillante préconisées par les instructions officielles.

Si le numérique a pleinement sa place et son utilité à l’école, il en est de même hors la classe ! Convaincue par les pédagogies innovantes et le travail collaboratif, notre association a réuni une trentaine d’enseignants autour d’un projet un peu ambitieux : élaborer des référentiels de ceintures de compétences allant de la maternelle au CM2 (voire début collège). Ce travail s’est effectué à distance -les enseignants étant répartis sur toute la France et même hors frontières-, en utilisant des outils ou réseaux sociaux tels que Twitter ou Slack, et des plateformes de travail comme OneNote. Des équipes de cycles ont été constituées et les nouveaux programmes intégrés. Ce travail collaboratif a permis la diffusion de ces référentiels sur le blog nosceintures2competences.org en août dernier.