La monnaie intérieure [Pédagogie institutionnelle]

Petit retour sur ce que je dis aux parents lors de ma réunion de rentrée sur la mise en place d’une monnaie intérieure:

La monnaie intérieure vise à offrir aux élèves pour lesquels l’objet d’étude scolaire n’est pas une source de motivation intrinsèque suffisante pour s’investir dans un réel travail d’apprentissage une source de motivation extrinsèque.

Quelques principes :

  • La monnaie a un nom et une durée de validité (l’année scolaire)
  • La monnaie n’est pas un bon point. Elle correspond à un salaire (un dû) et non pas une récompense ou à un cadeau (qui dépend du bon vouloir de l’enseignant).
  • La monnaie rémunère le travail. Elle ne sanctionne pas uniquement les réussites mais le travail réalisé (un exercice fait ne devra pas être nécessairement « tout juste » pour être pris en compte).
  • La monnaie révèle et permet de travailler sur certains problèmes de société. 
  • La monnaie permet de régler les amendes (infractions aux règlements de la classe ou de l’école).
  • La monnaie prend sens grâce au marché (l’argent émis doit circuler : un marché ponctuera le versement des salaires)*
  • Chacun, enseignant compris, peut vendre et acheter. Les objets vendus doivent être manufacturés ou d’une valeur inférieure à 2€ (et bénéficier alors de l’accord préalable des parents pour la vente).

Mais tout cela je vous l’ai déjà exposé sur mon billet qui présentait la mise en place de la monnaie intérieure dans ma classe (le Cousteau: mise en place d’une monnaie intérieure).

Alors, je ne suis pas surpris mais seulement 1/4 des collègues qui ont répondu à mon questionnaire ont mis en place ce système.

Certains ne voient pas l’intérêt, d’autres l’ont envisagé mais n’ont jamais sauté le pas pour diverses raisons. Cela leur pose question, notamment à la vue de la société actuelle.

« Dans une société où la globalisation est à remettre en question, j’interroge toujours cette institution au regard des limites que je lui prête: gain, esprit de surenchère et de rentabilité des apprentissages » Loïs

Pour ceux qui l’ont mis en place, les apports sont significatifs.

« La monnaie donne vraiment du sens aux élèves et ils attendent avec impatience le marché de classe. Même les plus fainéants multiplient les exposés, les lectures en classe pour gagner de l’argent. Et ils savent se réguler pour ne pas avoir trop d’amendes » Claire

On note une plus grande motivation pour les élèves dans leur travail quotidien, une émulation au sein de la classe, un travail mathématiques avec les échanges réguliers et une grosse attente pour le marché intérieur de la fin de semaine.

Et vous ? Cela vous tente de la mettre en place ?

Un grand merci à Bruce Demaugé-Bost

Le Conseil d’élèves [Pédagogie institutionnelle]

Le conseil d’élèves issu de la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury a pour missions de régler les problèmes de la classe, de féliciter des camarades pour un comportement exemplaire ou des progrès, de discuter de la vie de la classe et de faire des propositions d’amélioration par exemple..

Il peut se tenir une fois par semaine et peut durer plus ou moins de temps en fonction des sujets à aborder.

Mise en place

Lors du conseil, est présent l’ensemble des élèves de la classe. Six élèves y tiennent un rôle particulier : le gardien du temps va s’assurer que les débats de chaque sujet n’excèdent pas cinq minutes, le messager va éventuellement chercher des élèves d’autres classes concernés par les thèmes abordés lors du conseil, le président du conseil et le vice-président vont interroger les différents élèves en conflits ainsi que les témoins, le secrétaire note les échanges et décisions prises lors du conseil et enfin, le gardien des gêneurs. Le cahier de conseil mentionne d’ailleurs les prénoms de ces six élèves ainsi que leur rôle sur une période de temps déterminée.

Pour préparer ses conseils, on peut mettre en place un cahier de conseil en libre accès. Les élèves peuvent ainsi y renseigner leurs propositions et les thèmes qu’ils souhaitent aborder.

On peut même y ajouter plusieurs colonnes pour faciliter le travail du secrétaire. Par exemple, l’élève va y mettre son nom, la date et si pour le conseil, il souhaite faire une proposition, donner des félicitations, aborder un problème ou simplement poser une question.

Le Conseil est le garant du bien-être du groupe où tout peut être dit, en toute confidentialité. Aussi, si il y a un vote à faire, il peut très bien être organisé à bulletin secret.

« Cœur névralgique qui décide du fonctionnement de classe, des évolutions, des projets » Loïs

Au quotidien

Je constate parmi les réponses obtenues que sa mise en place et le rythme des conseils n’est pas toujours facile à gérer, aussi bien par les enseignants que par les élèves.

« Au début de l’année, lors de la mise en place, la place des problèmes peut peser car ça prend beaucoup de temps ! Mais, ensuite, du pur bonheur quand les élèves ont conscience que leurs idées peuvent devenir réelles ! » Céline

C’est donc un gros travail de préparation en amont avant de se lancer. Et une fois mis en place, il faut s’armer de patience pour commencer à en apprécier les bénéfices. Les premiers conseils peuvent parfois être long au début, le temps que la classe y trouve son rythme.

« Le moment préféré de la semaine pour les élèves. Ils y règlent des problèmes de la cour, font beaucoup de propositions, changent de place avec un camarade s’il est d’accord, proposent des solutions pour améliorer l’ambiance ou la vie de classe, proposent de nombreux métiers, nous en avons près de 30 ! Ils s’excusent auprès des autres s’il y a eu conflit, se félicitent pour leurs exposés etc, informent la classe des événements du week-end (par ex : brocante, spectacle de danse etc) ! » Claire

C’est un moment apprécié par les élèves car ce sont les élèves qui prennent les décisions. Ils y accordent beaucoup d’importance car leur parole est entendue et prise en compte.

Malgré tout, la peur que ce moment deviennent un règlement de compte en freine certains dans la mise en place de cette institutions.

En maternelle, avec des plus petits, c’est un peu plus difficile mais leur parole est entendue et ils apportent parfois des idées sur les projets et le quotidien de la classe.

Et vous alors, prêts à vous lancer ?

Les métiers / Les responsabilités [Pédagogie institutionnelle]

Parmi les nombreuses institutions/outils de la pédagogie institutionnelle se trouve les métiers ou plus communément appelés les responsabilités. Il convient de les appeler responsabilités quand on choisit de les faire changer régulièrement au contraire des métiers qui restent tant que les élèves ne demandent pas à l’arrêter. (merci Christelle)

La mise en place de ce dispositif en classe permet aux élèves de se responsabiliser, de développer leur autonomie, de prendre des initiatives mais aussi de coopérer en équipe pour une même tâche.

« Mon meilleur métier: portier, afin que je reste avec le groupe classe, il appelle les enfants qui partent chez eux et récupère les demandes des parents. » Loïs PS/MS/GS

Ces métiers permettent aux élèves de s’investir dans la classe et de leur donner une place dans le groupe. Ainsi, les élèves se sentent utiles et ont envie de bien faire pour prendre soin de leur classe. Certains métiers leur permettent aussi de prendre la parole devant le groupe et de s’approprier l’espace classe.

La réalisation de leur métier ou non amène à des discussions lors du conseil.

Quelques inconvénients tout de même, certains métiers peuvent être difficile et peuvent amener à des conflits. Par exemple, les surveillants et chefs de rang qui doivent noter les prénoms de ceux qui ne respectent pas les règles. Pas simple d’être à la fois sévère et tolérant.

Et vous, utilisez vous les métiers ou responsabilités dans votre classe ?

En savoir plus sur ma roue des responsabilités

illustration @mysticlolly

Ma roue des responsabilités

L’été dernier, je voulais changer mon système d’attribution des responsabilités. Depuis plusieurs années, je tirais au sort les élèves qui choisissaient ce qu’ils souhaitaient faire. Et ça tous les lundis. (J’aime bien le turnover).

Et je ne sais plus comment, mais j’ai eu vent de la roue des responsabilités de mamaitressedecm1 que je salue d’ailleurs.

Elle partage sur son blog une trame qui ne me convenait pas alors j’ai décidé de la faire moi même.

Je vous la partage aujourd’hui au format modifiable avec deux modèles de roue. Une pour 10 responsabilités et une autre pour 12. Ce document a été réalisé avec Pages mais malheureusement, pour « des raisons de sécurité » le format .pages n’est pas accepté chez WordPress.. Je vous donne tout de même un lien qui permet d’y accéder. Je vous le partage également au format .docx (Word). J’espère que la mise en page n’a pas trop été modifiée. Dites le moi si c’est le cas: (unprofdzecoles[@]gmail.com)

Roue des responsabilités (docx)

Roue des responsabilités (pages)

Je vous dis à bientôt.

 

Les ceintures de compétences [Rappel]

Un peu d’histoire

Parce qu’il pratiquait le judo, l’idée d’évaluer par ceintures est venue à l’instituteur Fernand Oury dans les années 1970. Il avait observé la capacité des judokas à coopérer malgré les écarts de niveaux dans le groupe. A l’origine de la « pédagogie institutionnelle », Fernand Oury a transféré ce qui fonctionnait dans cette pratique sportive aux préoccupations pédagogiques.

Pourquoi les ceintures

RENDRE L’ÉLEVE ACTEUR DE SON APPRENTISSAGE

Le but de l’enseignant qui propose une ceinture pour évaluer une compétence n’est pas d’évaluer, mais plutôt d’offrir un outil à l ’élève afin qu’il mesure lui-même ses progrès et ce qu’il reste à faire pour maîtriser davantage la compétence travaillée.

Une ceinture c’est

« Un outil:

  • de mesure de la progression des élèves dans l’acquisition d’une compétence,
  • de communication avec les élèves pour les faire entrer dans une démarche d’acquisition d’une compétence,
  • d’appropriation des critères de réussite, de façon progressive et graduée,
  • de réflexion d’enseignants sur les critères et la progressivité de l’acquisition d’une compétence »1.
  • de suivi de la progression de chaque élève.

Une ceinture ce n’est pas

  • Un outil sommatif qui ne serait utilisé qu’une fois par l’enseignant.
  • Une méthode infaillible pour acquérir tous les éléments constitutifs de l’exercice d’une compétence. L’enseignant doit donner, par sa pratique quotidienne, les moyens à l’élève d’accéder à la ceinture supérieure.
  • Un « tableau » exhaustif de l’ensemble des savoirs à acquérir.

Comment construire les ceintures

La ceinture blanche, première ceinture, doit être obtenue facilement pour rassurer les plus faibles. Elle doit marquer un premier engagement dans le travail.

Exemple : Ceinture / S’exprimer à l’oral :

J’ai traité le sujet

Je suis capable de prendre la parole devant le groupe.

La ceinture rouge, dernière ceinture, doit proposer aux meilleurs élèves un horizon d’approfondissement qui pourrait aller au-delà des attentes des programmes.

Exemple : Ceinture / Rédiger un texte :

Je sais construire un texte en inscrivant mon récit dans la longue durée en faisant référence à des échelles de temps différentes.

Entre les deux ceintures, il faut ajouter progressivement des éléments de difficulté.

Chaque professeur peut se lancer dans la construction de ceintures mais il est plus intéressant que cet outil serve à une réflexion d’équipe :

  • Disciplinaire : les professeurs d’histoire-géographie d’un établissement peuvent discuter et mettre en place des ceintures similaires pour donner du sens aux élèves qui changent d’enseignants au cours du même cycle.
  • Pluridisciplinaire : des ceintures transdisciplinaires peuvent être construites par des enseignants d’une même équipe pédagogique (sur l’oral ou l’argumentation par exemple).

Le principe

  • Valider des ceintures (comme au judo)
  • Chaque ceinture regroupe plusieurs compétences
  • Tout le monde démarre à la même ceinture
  • Il n’y a pas de retour en arrière
  • Pour passer une ceinture, il faut absolument avoir la précédente

Chaque semaine, les élèves reçoivent un plan de travail hebdomadaire dans lequel ils devront indiquer les compétences qu’ils souhaitent valider sur une semaine.

En fonction du degré d’autonomie, les élèves sont libres du choix des compétences et de l’impression des fiches associées. Au départ, c’est le maître qui les guide dans ce choix.

Dans l’emploi du temps, il y a des plages de « travail personnel ». Ce sont durant ces plages que l’élève complète son plan de travail. Il peut également l’avancer lorsqu’il a terminé les autres tâches qui lui sont demandées.

Les fiches sont corrigées par l’enseignant. Le résultat (vert, orange ou rouge) doit être reporté immédiatement dans le plan de travail hebdomadaire puis dans le référentiel des ceintures. L’élève bénéficie de 3 essais pour valider la compétence qu’il souhaite évaluer.

Si la compétence est validée lors du premier essai, il n’est pas nécessaire de faire les suivants.

Les grands principes

1. Permettre aux élèves d’avancer à leur rythme

Cette démarche a pour but d’aider les enfants à avancer dans les apprentissages à partir d’où ils en sont.

Un élève en difficulté aura plus de temps pour acquérir une notion avant de passer à une autre. Ce qui n’est pas possible si on évalue tous les élèves sur la même compétence à un instant T.

De la même manière, un élève qui a des facilités, pourra aller plus loin sans attendre le reste de la classe.

Chaque élève aura un parcours individualisé et personnalisé en fonction de ses forces et faiblesses. Chaque élève avance à son rythme.

2. Une dynamique de réussite

On est tous doués pour quelque chose. Certains sont plus à l’aise en maths, d’autres en français. Le système de ceintures permet aux élèves de situer leurs forces et leurs faiblesses.

Un élève peut être ceinture bleue en numération et ceinture verte en orthographe. Dans ce cas, l’élève est valorisé par sa ceinture bleue puisqu’il peut être tuteur et superviser des camarades dans cette discipline, mais il sait aussi, qu’il doit renforcer ses compétences en orthographe.

Il pourra également faire appel à ses camarades de ceinture plus élevée pour l’aider.

3. La coopération, l’entraide et l’autonomie

Un système de tutorat se met en place au fil de l’avancement du dispositif. Aussi, plus l’élève devient autonome, plus il est chargé de responsabilités.

De manière générale, ce système vise à développer l’autonomie des élèves en leur permettant de devenir acteur de leurs apprentissages. Ils apprennent à travailler pour eux.

4. La visibilité

Grâce aux ceintures, l’enseignant, la famille et surtout l’élève sait exactement où il se trouve dans les apprentissages.

Ce dispositif rend beaucoup plus clairs les livrets traditionnels qui ne renseignent pas sur l’état d’acquisition des compétences par l’élève.

Les ceintures, elles, permettent de savoir plus finement ce qui bloque et d’y remédier efficacement.

5. Dédramatiser l’évaluation et en faire un outil pour se construire

L’évaluation engendre souvent du stress pour l’élève. Ce ne devrait pas être le cas, car les meilleurs apprentissages se construisent sur nos erreurs. Il faut parfois se tromper pour progresser.

Le fait d’avoir plusieurs essais permet à l’élève de rentrer dans cette logique. Il est évalué tous les jours et cela devient une habitude. Plus de stress avant les « contrôles ».

Exemple d’affichage des ceintures pour tutorat

Merci à François Lamoureux, Samira Hallaouy Nougué, Thomas Héniart et toute l’équipe C2C Edu.

Retour sur deux mois de travail en « classe flexible »

Comme je l’expliquais dans un précédent billet, j’ai troqué mes ilots pour une classe flexible organisée en pôles. Mes élèves sont partagés en 3 groupes de 10 élèves dans la classe. Un pour les Maths, un pour le Français et un autre pour les ceintures de compétences. Celui-ci est disposé en rectangle et proche des outils dédiés aux ceintures. Les autres sont disposés en U face à un tableau blanc.

J’ai décidé de faire deux groupes hétérogènes et un autre groupe plus homogène avec des élèves ayant besoin d’adaptation et étant moins autonomes. Ces groupes ne sont pas figés et évoluent régulièrement au fil des semaines.

Je vais tenter dans ce billet de lister les plus et les moins de cette organisation pour y voir plus clair et pourquoi pas faire évoluer ce dispositif. N’hésitez pas également si vous faites travailler vos élèves d’une façon similaire à me partager vos remarques et idées.

Les points positifs

L’autonomie et la coopération

Pour commencer, je suis persuadé que cette organisation développe l’autonomie des élèves et leur apprend à s’organiser plus efficacement. Et encore plus lors des temps de « ceintures de compétences ». Cela développe également la coopération entre pairs et le travail de groupe. Un facteur important aujourd’hui dans un monde où on nous pousse à l’individualisation à outrance.

La disponibilité

Les élèves ont l’impression que je suis plus disponible, que je m’intéresse beaucoup plus à leur travail. Et effectivement, si l’organisation est bonne, je peux, sur la semaine, passer un moment presque individualisé avec un groupe voire un élève. Quand ils me sollicitent, je peux répondre plus rapidement à leur demande et les accompagner au mieux.

La responsabilisation

Les élèves se responsabilisent, ils sentent que je leur fais confiance pour mener à bien leur atelier en autonomie. Je ne vous cache pas qu’ils préfèrent les ateliers où je ne suis pas avec eux, mais c’est de bonne guerre.

La créativité

Cela me permet de travailler en petit groupe et de porter plus attention aux élèves en difficultés ou même ceux qui ont besoin de me solliciter assez régulièrement. Je peux donc créer et imaginer des situations que je ne pourrais pas réaliser en groupe classe entière.

La participation

Les moments de correction sont bien plus enrichissant à 10 qu’à 30 et la participation touche alors pratiquement l’ensemble des élèves de la classe.

En parlant de correction, avec cette organisation, je gagne également du temps car je peux être en direct avec l’élève et lui apporter une correction immédiate.

Les points négatifs

Le bruit

Souvent, malheureusement, cette organisation peut générer un peu plus de bruit qu’habituellement dans la classe. Et le moment de transition où les élèves se déplacent pour changer de pôle est souvent perdu, et la remise à la tâche n’est pas optimale. Mais je l’accepte volontiers à la vue des bénéfices observés dans cette organisation de travail.

La trop grande autonomie

J’ai aussi l’impression parfois de délaisser un peu trop le groupe qui est en atelier ceintures de compétences. Même si le vendredi est le jour où je suis à 100% avec eux, les autres jours de la semaine, ils sont pratiquement en totale autonomie. Bon, je vais les voir quand ils me sollicitent mais je suis moins derrière leur dos à les guider et à surveiller ce qu’ils font.

Les groupes

La constitution des groupes me pose question également même si elle varie souvent et que le mardi (jour des ateliers autonomes) les groupes sont modifiés afin que les élèves ne prennent pas l’habitude de travailler toujours avec les mêmes camarades. Car parfois, mon groupe de besoin, malgré des situations différenciées et mon soutien, a des difficultés dans l’exécution des tâches proposées. Cela manque d’entrain. Me trotte dans la tête de mélanger tous les groupes afin que les élèves en difficultés soient tirés vers le haut par ceux qui sont plutôt en réussite. Un dosage à avoir afin que ces derniers permettent aux premiers de pouvoir s’exprimer également. Tout cela n’est pas si simple..

La répétition

Un autre point négatif, c’est que la classe étant commune, je répète et fais la situation 3 fois (plutôt deux fois et demi car elle est différente pour mon groupe de besoin), ce qui fait que parfois, le dernier groupe qui arrive est déjà au courant de la situation proposée et de sa résolution car l’attention n’était pas focalisée sur la tâche à réaliser et les oreilles trainaient du coté de l’atelier dirigé..

Et la suite..

Je vais poursuivre ce système tout en aménageant au fur et à mesure la classe pour qu’elle « colle » à cette façon de faire travailler les élèves.

Je parle de nouveaux meubles plus adaptés comme j’en parlais dans ma vidéo sur « le nouveau coin bibliothèque » mais aussi d’enlever des tables et chaises pour repenser l’espace ceintures de compétences. Et pourquoi pas également trouver de la place pour matérialiser un coin rassemblement.

Je vais peut-être séparer les U en deux ilots de 5 pour faire un test également.

Voilà, on progresse, tout n’est pas parfait mais on avance dans la réflexion.

Merci de m’avoir lu et je compte sur vous pour me partager vos remarques afin de nourrir ma réflexion.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.

Ma classe flexible

Tout a commencé avec ce dessin.. qui n’est déjà plus d’actualité..

Semaine 6, je commence enfin à sortir un peu la tête de l’eau. Depuis la rentrée je n’ai rien publié alors que je m’étais lancé comme défi d’écrire un billet ou de faire une vidéo toutes les semaines.. C’est déjà raté..

Bref, mes élèves commencent à comprendre ce que j’attends d’eux et comment nous allons fonctionner cette année. Du coup, je me suis dit que c’était le moment idéal pour commencer à travailler en classe flexible. Cela me trottait dans la tête depuis longtemps mais avec 30 élèves, des tableaux qui n’étaient pas bien placés sur les murs de la classe, je ne voyais pas comment je pouvais mettre en place ce type de fonctionnement en classe.

Et puis à force d’y réfléchir et de retourner tout cela dans ma tête, j’ai enfin trouvé (quoique dans l’idéal j’aimerais bien avoir un coin regroupement.. mais à 30 !!!).

L’idée, c’est d’avoir, pour l’instant, une classe flexible le matin pour le français, les ceintures et les mathématiques (pendant les ateliers quoi) puis une classe fixe/flexible pour les autres activités en fonction des besoins.

J’ai donc déplacé les tables pour créer 3 espaces dans la classe. Un espace dédié aux maths avec des élèves disposés en U, un autre pour le français en E (en U maintenant) et enfin un dernier pour les ceintures de compétences disposé en O. Un tableau blanc pour les deux espaces maths et français.. Vous allez me dire « et ton TBI ? ». Et bien mon TBI ne fonctionne en ce moment qu’en projection.. Les stylos ne fonctionnent pas et Promethean reste sourd à mes appels à l’aide.. Du coup je l’utilise beaucoup pour les sciences, la géographie, l’histoire, etc..

Coin Français (en attente d’un tableau blanc)
Coin ceintures de compétences
Coin Mathématiques

Mais vous allez me dire « Édouard à quoi peut te servir un TBI alors que tu as des iPad et une Apple TV ? ». Alors effectivement à pas grand chose. Au lieu de les faire travailler sur 1 TBI je peux les faire travailleur sur autant de TBI que je veux, seul, en binôme ou en groupe. Pour cela j’utilise des applications comme « Explain Everything » mais il y en a d’autres.. (Cela pourra d’ailleurs faire l’objet d’un futur billet).

Bon, revenons à nos moutons. Pour organiser ma classe flexible, j’ai fait 3 groupes de 10 élèves (et pour commencer, j’ai choisi de faire 3 groupes de niveaux). Ces 3 groupes tourneront d’espace en espace sur les 3 premiers temps de travail du matin. Ils commenceront une fois par les maths, une autre fois par le français et enfin une dernière fois par les ceintures de compétences. Soit le lundi, le mardi et le jeudi. Pour le vendredi, les élèves retrouveront leur place fixe (en fait non, ils restent en groupe et puis j’ai aussi doublé les ateliers le mardi..) mais tourneront d’atelier en atelier (6 ateliers soit 2 par pôle).

Vue d’ensemble de la classe

Car oui les élèves auront une place fixe (matérialisée par une étiquette avec prénom sur les tables) et pourront utiliser le casier qui s’y trouve en plus du casier déporté qui ne permet pas toujours d’y mettre toutes ses affaires.

Coin ressources (meubles manuels, casiers déportés, meubles iPad)

Il faudra bien sûr accepter que parfois, l’après midi, les élèves se retournent, déplacent leur chaise, etc.. Je n’ai pas le choix car je n’ai pas de coin de rassemblement malgré mes 70m2 de classe. Il faudrait pour cela que je supprime des tables.. Je ne suis pas encore prêt à faire le pas mais qui sait dans un avenir proche. (c’est vraiment ce vers quoi je veux tendre).

Bon vous allez me dire : « Mais Édouard c’est déjà ce qu’on fait en maternelle depuis des années ». Et oui c’est vrai vous avez raison. On n’a rien inventé. Tout ce fonctionnement s’inspire principalement de la maternelle (une année que ne n’oublierai pas d’ailleurs). Et je me demande d’ailleurs pour quelles raisons dès qu’un élève quitte la grande section pour le CP il arrête de travailler en atelier.. On dit souvent que le collège doit s’inspirer de l’école primaire mais l’école primaire devrait également s’inspirer de la maternelle.

La classe flexible c’est s’adapter à ses élèves, les mettre dans une situation favorable pour qu’ils puissent exprimer au maximum leur potentiel. Leur permettre d’avoir des temps de travail seul, par deux ou en groupe. De coopérer mais aussi de s’isoler (il faut vraiment que je supprime des tables).

Elèves en atelier mathématiques
Atelier ceintures de compétences

J’ai déjà changé 3 fois d’organisation/disposition de classe afin de trouver le bon équilibre, de trouver ce qui leur convient le mieux pour qu’ils soient productifs et en confiance. J’ai aussi supprimé mon bureau pour gagner encore plus de place.

Je vous ferai un retour très prochainement. J’attends l’installation de mon tableau blanc au niveau du pôle français et tout sera en place. Avec 4 tableaux dans la classe, on pourra même imaginer aller vers des élèves qui font classe à d’autres élèves..

Bon, je vous dis à très vite avec une grosse surprise.

N°3 – monecole.fr [Les indispensables]

On profite de ces derniers jours de vacances pour continuer la série des indispensables. Et pour ce N°3, encore une plateforme créée par Lorin Walter d’Orphysmonecole. Il s’agit de monecole.fr.

Avant, chaque année je donnais une petite fiche récapitulative à mes élèves et aux parents avec les adresses (et Qr Codes) des différents réseaux et sites utilisés. Le compte Twitter de la classe, la chaine Youtube, le OneNote, le Rallye Lecture, etc.. Beaucoup d’url à connaitre et à enregistrer, sans parler des identifiants et des mots de passe. Cela ne me plaisait guère.

C’est à ce moment là que mon ami Gilles m’a parlé de ce site que je connaissais de nom mais que je n’avais pas vraiment pris le temps de regarder en détail.

Avec ce billet, je me permets de le remercier une nouvelle fois.

Voici ce que voient mes élèves quand ils se connectent.

En haut de l’écran, des applications. Il suffit de cliquer dessus pour accéder directement aux ressources. Quel gain de temps et d’organisation.

En bas de l’écran des « widgets » (à vous de les choisir). Beaucoup d’autres sont en préparation et devrait être disponibles prochainement.

Vous pouvez également vous faire un écran sur le même principe mais pour vous même avec toutes vos ressources de prof.

Tout est paramétrable. Vous pouvez choisir de masquer des applications, vous personnalisez les couleurs, les logos, bref, pas de limite.

Pour ce connecter les élèves ont juste à entrer le code classe et le mot de passe associé puis sélectionner leur prénom dans le menu déroulant. On finalise avec un code à 3 chiffres (le même que pour rallye-lecture) et hop.

Bien sûr, il vous est proposé d’y ajouter les ressources créées par Lorin. C’est à dire, rallye-lecture, multix, b2i, etc..

Encore un indispensable dont je ne peux me passer afin de regrouper toutes les ressources et outils de la classe.

Maintenant, c’est à vous de jouer.

 

Mon nouvel emploi du temps [CM2 18/19]

Voilà voilà, après deux soirées à me prendre la tête sur un emploi du temps qui pourrait me convenir et rendre compte de ce que j’ai dans la tête, j’ai enfin réussi à mettre en forme tout cela.

Petite précision : j’ai mis l’EPS au hasard car les activités changent toutes les périodes et les volumes horaires également et je n’ai pas (à la date d’aujourd’hui) le programme de l’année prochaine.

Aussi, mes élèves travaillent en ateliers les mardis et les vendredis matins.

Clique sur l’image pour télécharger la version PDF

La monnaie intérieure : le retour des élèves

Après une année de mise en place d’une monnaie intérieure au sein de la classe, voici venu le temps du bilan. Mais pas le mien, celui des élèves. Pour ce faire, j’ai fait une simple Google Formulaire en reprenant la plupart des questions de Bruce Demaugé-Bost qu’il avait lui même posées à ses élèves.

Sur les 30 élèves de ma classe, j’ai réussi à obtenir 15 réponses, ce qui sera donc assez représentatif de la classe. Je vous propose donc de vous partager les réponses obtenues et d’y ajouter un petit commentaire personnel à chaque fois. Bonne lecture.

Pas étonné par ces réponses car je sais que dans leur scolarité, aucun système de ce type avait été mis en place. Même si 3 élèves en avait apparemment déjà entendu parler.

Cela confirme mon ressenti tout au long de l’année. Je crois que les élèves ont vraiment apprécié d’utiliser la monnaie intérieure et de participer à sa mise en place (règlement, services, etc..).

Là non plus peu de surprise, les élèves se sont approprié cette monnaie assez facilement et rapidement. L’organisation et la mise en place des fiches de salaire ont été très aisées. Je félicite d’ailleurs mais élèves pour leur grande adaptation.

Peu de retour des parents, il reste encore 10 jours, sait-on jamais. J’en conclus que l’ensemble des parents d’élèves avaient décidé de me faire confiance.

Grand engouement pour le marché intérieur, même si au fil des semaines, le nombre de stand s’est amoindri. Le nombre d’objets à vendre également. Mais beaucoup d’élèves ont eu de l’imagination en organisant des loteries, des tombolas ainsi que des pochettes surprises.

Les élèves étaient aussi très curieux toutes les semaines de découvrir le stand du maître.

Je m’attendais à des réponses bien différentes pour ces deux questions. Les rémunérations des services et des activités ont été votées en conseil d’élèves. Comme dans toutes démocraties, tout le monde ne peut être en accord.

Contrairement aux réponses reçues, peu ou pas de vol de billets. La banque (moi) veillait régulièrement à ce que possédait l’élève en banque et en poche. Je n’ai pas remarqué d’enrichissement soudain, c’est pourquoi nous n’avons pas eu de problème à gérer. Les élèves ont été très honnêtes.

Les élèves ont trouvé plusieurs objectifs à cette mise en place.

Avec ces réponses, je constate que les élèves qui ont répondu aux questions n’ont pas l’impression que la monnaie intérieure ait impacté leur travail. Tant mieux, cela veut dire que ce n’est pas vécu comme une « carotte », terme employé par beaucoup de détracteur à ce système.

Ravi de cette première année de mise en place. C’est certain, c’est reparti pour une nouvelle année avec une nouvelle monnaie (un nom que mes futurs élèves choisiront).